Des Patriot de l’OTAN bientôt déployés en Turquie. Défensifs… (maj)

Batterie Patriot sur la route (Crédit : armée néerlandaise)

(BRUXELLES2) Les ministres allemand et néerlandais l’avaient indiqué, lundi, en arrivant à Bruxelles, pour le conseil des ministres de la Défense. Il s’attendait d’une heure à l’autre à une demande formelle de la Turquie à une protection par les forces de l’OTAN. Il a fallu quelques heures de plus.

Geste politique

Et c’est finalement ce mercredi que le secrétaire général de l’OTAN, A. F. Rasmussen a confirmé, avoir « reçu une lettre du gouvernement turc demandant le déploiement de missiles Patriot ». Ce déploiement a un objectif militaire précis : augmenter la capacité turque de défense aérienne « pour défendre la population et le territoire de la Turquie » mais c’est aussi et surtout un geste politique. Ce serait « une démonstration concrète de la solidarité et de la détermination de l’Alliance ».

Objectif défensif, enfin presque

Dans sa lettre, le gouvernement turc souligne que le déploiement sera « uniquement défensif », et qu’il vise « en aucun cas à soutenir une zone d’exclusion aérienne ou toute opération offensive ». Précision qui n’est pas inutile. La fonction d’une batterie Patriot, a priori, tournée vers la défense anti-missiles lui permet aussi bien viser des avions. C’était d’ailleurs sa fonction première à l’origine de défense anti-aérienne. Et sa portée – de 60 km au moins – lui permettrait, si elle est bien placée, près de la frontière d’arroser une bonne partie du territoire syrien. Même non utilisée en « offensif », sa seule présence pourrait ainsi limiter les raids aériens du régime, du moins dans les limites proches de la frontière avec la Truquie.

Aller vite

Lundi, le secrétaire général de l’OTAN, avait indiqué à la presse que cette demande serait examinée de façon « prioritaire ». Ce sera bien le cas. L’OTAN devrait discuter de la demande turque « sans délai ». S’il est approuvé, le déploiement sera effectué « conformément au plan de défense aérienne de l’OTAN ». Mais ce sera à chacun pays de l’OTAN qui disposent de Patriots modernisés PAC3 (Allemagne, Pays-Bas et États-Unis) « de décider s’ils peuvent déployer ces moyens en Turquie et pour combien de temps ». Dans tous les cas, une équipe conjointe va se rendra en Turquie pour évaluer le déploiement possible.

Ce type de batteries avait déjà été déployé pendant la guerre du Golfe en 1991 et en 2003. A cette époque, cependant, la France notamment avait refusé l’emploi des moyens de l’OTAN. Et ce sont les Américains, en bilatéral, qui avaient déployé des moyens, sous certaines conditions imposées par le gouvernement turc. Ankara refusant d’ailleurs, officiellement, que les troupes américaines se servent de la Turquie pays comme d’une base arrière pour leurs opérations en Irak.

(Maj) La réunion du Conseil atlantique (NAC) au niveau des ambassadeurs a, ce mercredi (21 novembre), eu une discussion politique sur la question. La demande turque a été « bien reçue » nous a confié un diplomate. Les militaires ont été chargés de préparer la planification du déploiement. Les Etats-Unis devraient aussi déployer des moyens aux cotés des Allemands et des Néerlandais. Et l’autorisation finale devrait être donnée avant la ministérielle Défense de début décembre.

Lire : Des Patriot néerlandais (et allemands?) en Turquie

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