Où est l’Europe ? Que fait l’Europe face aux conflits en cours ?

L’Europe est un peu comme cette bonne grosse vache de montagne des Saisies, un massif impressionnant, une bonne cloche pour avertir, un vagissement surprenant, mais c’est tout, elle s’empresse de brouter son champ ensuite (© NGV / Bruxelles2)

(BRUXELLES2, opinion) La situation entre Gaza et Israël qui s’enflamme, l’est du Congo qui s’enfonce dans la crise avec les rebelles aux portes de Goma… sans oublier la situation classique en Syrie. Ces trois théâtres de crise se déroulent avec une relative absence de l’Union européenne (*). Certes nous avons droit aux habituelles condamnations (allant de « préoccupée » à « très préoccupée »). Et le dispositif d’aide humanitaire européen se met en branle. Puis nous aurons droit sans doute lundi à des « conclusions », bien rédigées, où chaque terme sera soupesé. Mais c’est à peu près tout.

Où est passée la diplomatie active ?

Nous constatons toujours de l’UE une absence de réactivité notable face aux évènements – déjà constatée à de multiples reprises depuis plusieurs années – et une déficience de la diplomatie européenne. Où sont passées les troikas de négociation envoyées sur place, l’effort de médiation des parties, la notion de convocation ou de rappel d’ambassadeur, etc. Ceci n’arrêterait pas le conflit. Il ne faut pas rêver. Mais cette diplomatie « active » a un rôle, à la fois pour limiter les dégâts et amorcer la recherche d’une solution future mais aussi pour montrer l’intérêt et la présence de l’Europe dans le monde.

En se privant de cet outil, l’Union européenne se prive d’une capacité d’agir et opte pour position de spectateur commentateur plutôt que d’acteur dynamique pour la paix.

(*) Précisons que sur deux de ces trois théâtres (Israel/Palestine et Congo), un représentant spécial de l’Union et des missions de la politique européenne de défense sont présents.

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