La reconnaissance de l’opposition syrienne, un dilemme pour l’Europe

(BRUXELLES2, opinion) Avec la Syrie, l’Union européenne retrouve les mêmes dilemmes qu’elle avait face avec la Libye. Comment traiter une opposition constituée face à un pouvoir qu’on ne soutient pas ? Et l’Europe se trouve là face à une contradiction. Elle a soutenu, mordicus, que l’opposition devait s’unir, qu’elle appelait cette union de ses voeux, que c’était une des conditions du processus politique. Aujourd’hui que cette étape est franchie, non sans difficulté, elle cale. Avec une argutie pseudo juridico-politique : « Ce sont aux Etats de prendre position, pas à l’Union européenne« . Une position qui rappelle celle prise lors de la formation du gouvernement libyen. « On ne reconnait que les Etats pas les mouvements politiques« .

Le danger de la poule mouillée

Tout est cela est juste, sans doute, du point de vue de l’esthète juridique. C’est une faute politique. Le danger est grand de ne voir dans l’Europe qu’une pouille mouillée qui s’alarme, condamne, regrette régulièrement ; mais dès qu’il s’agit de s’avancer, de se positionner, elle se réfugie prudemment derrière les Etats membres. C’est sage en terme de politique intérieure ; c’est limité en terme d’ambition. Il faudra, un jour, sortir de cette mécanique. Si on soutient un mouvement d’opposition, si on estime que le régime de Bachar n’est pas le bon, on doit franchir le cap de la reconnaissance.

Des possibilités existent

Il y a de multiples possibilités pour reconnaitre une opposition – contrairement à ce que certains prétendent – et ce de façon très graduelle. Un accueil officiel, donc public, du représentant de la coalition par un directeur ou directement par la Haute représentante, avec organisation d’un VIP Corner, constitue un geste politique notable. L’accueil à un conseil des ministres ou une conférence de presse peut l’être également. Il ne manque pas, en la matière, d’astuces diplomatiques pour faire de la reconnaissance sans reconnaissance…