Pour les Tchèques après l’Afghanistan et l’OTAN, l’UE ?

(BRUXELLES2) La présentation aujourd’hui (8 novembre) de la nouvelle politique de défense tchèque a donné lieu à des discours « constrastés » entre le chef d’Etat major de l’Armée, Petr Pavel, et le président de la République Vaclav Klaus. Pour ce dernier, l’Afghanistan signe un retour à la maison pour les militaires tchèques, la fin des engagements extérieurs (expéditionnaires) de grande envergure, et des activités menées dans le cadre de l’Alliance. « Les unités de l’armée auront besoin de mettre l’accent sur les activités des missions de formation, tant au niveau national ainsi qu’au sein de l’Alliance ». Le tempo de l’armée tchèque a, en effet, été « élevé ces quinze dernières années avec les Balkans, l’Irak et l’Afghanistan » a complété le ministre de la Défense, Alexandr Vondra, prônant un retour à des missions plus classiques, la défense du territoire. Une évolution de stratégie qui cache mal des raisons très économiques. L’armée tchèque est engagée dans une profonde restructuration avec un Livre blanc sur la défense (elle aussi !) et la perte de 1600 postes à l’horizon 2014 !

Le chef d’Etat Major Petr Pavel a donc apporté quelques « nuances » – disons-le comme çà – à ses autorités politiques. Pour lui, la réduction des engagements signifie une intensification des missions de formation qui devraient avoir lieu « non seulement dans le pays mais aussi à l’extérieur de celui-ci ». Et après l’Afghanistan, « nous allons chercher une compensation partielle à travers notre implication dans les opérations sous l’égide de l’UE » explique-t-il. On pense à Prague à une implication dans la mission EUTM Somalia – pour former les militaires somaliens – voire dans l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta mais peut-être également (le chef d’Etat major ne l’a pas cité expressément) à la future mission EUTM Mali qui devrait recevoir le premier feu vert officiel le 19 novembre à la réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, le 19 novembre à Bruxelles (avec un inconvénient, il y a peu de francophones dans l’armée tchèque).

Comments are closed.