Incident de frontière en Géorgie. Des observateurs européens arrêtés (Maj)

Share

(BRUXELLES2, exclusif) Une équipe de la mission d’observation européenne en Géorgie (EUMM) a été brièvement arrêtée et détenue le long de la limite administrative (frontière) qui sépare l’Abkhazie du reste de la Géorgie.

Tous les éléments ne sont pas encore connus. Au siège de la mission à Tbilissi comme au Service européen d’action extérieure, à Bruxelles, on reste éminemment discret sur cet « incident ». Selon les informations parvenues à B2, l’incident s’est produit lors d’un déplacement entre les villages de Pakhulani et de Saberio, le 3 novembre. Les observateurs ont été arrêtés par des forces russes, de gardes frontières (*). Ils ont assez rapidement été relâchés, « en moins d’une heure » selon nos informations. Même minimisé, cet incident a cependant suscité une alerte immédiate des watchkeepers à Bruxelles ainsi qu’un rapport détaillé aux différentes autorités politiques des Etats membres.

Ce genre d’incidents est plutôt rare, en effet, surtout à la frontière abkhaze, où la situation a été « stabilisée » assez vite après le conflit de 2008 ; ils sont en revanche plus fréquents du côté de l’Ossétie du Sud mais ne prennent pas pour cible directement les observateurs européens. Ainsi fin septembre dernier, un incident a opposé les gardes sud-ossètes et leurs homologues géorgiens, avec échanges de coups de feu près de Karzmani. Mais la situation s’est durcie aussi en Abkhazie à la dernière rentrée scolaire, en septembre, les enfants les plus âgés du village de Saberio (niveau 7 à 1) étaient obligés d’aller étudier dans une école russe ; seuls les plus jeunes écoliers de Gali (niveau 8 et 9 *) avaient la permission d’aller étudier à Pakhulani.

(Damien Kerlouet, avec NGV)

(*) Le corps de gardes-frontières au niveau russe est une force éminemment politique. Cette information avait été mise au conditionnel dans une première version. Nous pouvons maintenant le confirmer. Ce sont bien des Russes qui ont intercepté les Européens.