Les Pussy Riot en remettent une louche. Le portrait de Poutine brûlé

Les Pussy Riot en remettent une louche. Le portrait de Poutine brûlé

(BRUXELLES2) La première intervention des Pussy Riot – qui a valu à trois d’entre elles une condamnation à deux années de camp de travail pour hooliganisme – était anti conformiste et joyeusement perturbatrice, mais restait “gentille” dans l’allusion politique à Poutine. Elle priait simplement la Vierge Marie de les débarrasser de Poutine. La dernière intervention – qui vient de sortir sur la toile - postée jeudi sur le site de NME  – et destinée aux MTV Musical Awards, apparait beaucoup plus politique, un véritable appel à la révolte, prenant à partie violemment le chef du Kremlin et ses sbires. Au moins trois jeunes femmes, portant la cagoule colorée, désormais célèbre des Pussy Riots, réaffirment leur combat pour la liberté, un combat « plus grand que la vie », affirment-elles, en descendant en rappel un bâtiment désaffecté, avant de brûler la photo de Poutine. Le pouvoir russe semble ne pas en avoir fini avec ce groupe qui symbolise, du moins à l’ouest, la lutte contre un certain monopole…

La proclamation des Pussy Riot pour la liberté

« Nous nous battons pour écrire, pour penser, pour critiquer » proclament-elles. « Aux musiciens et artistes, prêts à Prêt à tout faire pour changer notre pays. (…) notre pays est dominé par un homme malfaisant ». « Cet homme (montrant un portrait de Poutine) pense que c’est illégal de vous appeler une féministe ou de chanter la pop-music. Cet homme pense qu’il est illégal de défendre les droits des gays et lesbiennes. Cet homme pense que vous ne pouvez pas critiquer le gouvernement. Cet homme qui pense que si vous chantez et dansez de manière inappropriée, vous méritez deux ans de prison. »

Un combat sans fin

« Merci à Madonna, Hot Chili Peppers, Björk, Green Day, aux féministes et à tous les musiciens, activistes et à tous ceux dans le monde qui se sont mobilisés ensemble pour lutter pour notre droit d’être libre » affirment-elles avant de conclure : « C’est parti pour les Pussy Riot et rien ne les arrêtera. La lutte pour la liberté est un combat sans fin qui est plus grand que la vie. »

 NB : Si la video ne démarre, cliquez deux fois sur le carré blanc (non cela n’a pas été censuré ! :-) . Cette video diffusée provient du site de NME.
Nombre de médias ont repris cette video (RTBF, Le Monde, …). Ils se sont empressé de mettre de la publicité avant pour “doper” leur chiffre !
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Fusillade contre un véhicule EULEX à un moment-clé pour le Kosovo

(crédit : Conseil de l'UE)

(BRUXELLES2) Des inconnus ont tiré sur un véhicule d’EULEX ce vendredi matin (7 septembre) qui circulaient au nord-Kosovo. Un policier kosovar qui les accompagnait a été légèrement blessé. Alors que plusieurs officiers de la force de police européenne se rendaient en voiture à Zubin Potok afin d’effectuer une visite dans une station de police locale, plusieurs individus masqués ont jailli sur la route entre Zupce et Zubin Potok, près du village de Varage. Une attaque condamnée immédiatement par Samuel Zbogar, représentant spécial de l’UE au Kosovo. «Je condamne fermement cette acte de violence injustifiée. des vies ont été mises en danger. Ca illustre et renforce le besoin d’un Etat de droit plus aboutit dans cette partie du Kosovo. Les bureaux du Représentant Spécial et d’EULEX vont continuer de travailler ensemble là dessus». Et Xavier de Marnhac, chef de la mission “Etat de Droit” (EULEX) d’ajouter «Les auteurs doivent être amenés devant la justice aussi rapidement que possible. J’en appelle à tous ceux qui peuvent avoir des informations sur l’incident pour contacter la police».

Les acteurs locaux ont également immédiatement fait part de leurs condamnations. Ce alors que le directeur du bureau gouvernemental serbe pour le Kosovo, Alexandar Valin, était aujourd’hui en visite à Pristina et dans le sud du Kosovo. Valin a, lui-même, appelé les représentants de la communauté internationale à traduire les auteurs devant la justice et précisé que la Serbie était à la disposition de la communauté internationale sur ce sujet, avant d’annuler sa visite dans le sud pour rencontrer les responsables serbes du Kosovo, selon l’agence serbe Beta news. Les responsables politiques locaux, dont le gouverneur du district, Radenko Nedeljkovic, ont eux aussi condamné cette acte de «vandalisme» et se sont accordés à dire que «l’attaque est une confirmation que ces actes sont coordonnés afin de déstabiliser la partie nord du pays (où la majorité serbe n’accepte pas la déclaration d’indépendance unilatérale des Albanais) et ainsi rendre plus facile l’intégration du nord du pays dans le système kosovar.»  

Le moment de l’attaque n’est pas tout à fait innocent au moment le Kosovo va acquérir sa pleine souveraineté lors de la réunion, lundi 10 septembre, du groupe international d’orientation sur le Kosovo (International Steering Group). La pleine responsabilité sera alors laissée à la Constitution, au Parlement, aux cours nationales… Bref, un moment clé dans l’édification du plus jeune des Etats européens.

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Syrie : on doit faire plus. Georgieva met la pression sur les gouvernements

(crédit : EBS / B2)

(BRUXELLES2) Kristalina Georgieva a employé toute sa force de conviction aujourd’hui pour adresser un message – à nouveau ! – par médias interposés, aux gouvernements ainsi qu’à l’opinion publique. Un message qui intervient alors que les ministres des Affaires étrangères sont actuellement réunis à Paphos (Chypre), en réunion informelle, avec la Syrie à leur ordre du jour… Cet appel ne tient sans doute pas un hasard.

Pour la commissaire chargée de l’Aide humanitaire, la crise syrienne ne va pas « s’arrêter de sitôt ». Et il importe « d’en faire plus ». Et vite. « Ce n’est pas que l’aide n’est pas importante. Mais les besoins augmentent sur place, de jour en jour. Et il faut davantage d’aide » a-t-elle confié à B2 après la conférence de presse. « Il faut que tout le monde s’y mette : les pays nordiques, le Royaume-Uni ont déjà augmenté l’aide. Les autres pays européens, les pays arabes, la Russie doivent le faire. ». La Commission européenne a décidé de montrer l’exemple en libérant une aide humanitaire supplémentaire de 50 millions d’euros. Supplément qui portera son aide totale à 119 millions. Ajouté aux aides attribuées par les Etats membres, on atteint les 200 millions d’euros, soit la moitié environ de l’aide humanitaire internationale. «Alors que cette tragédie exige une solution politique, en son absence notre préoccupation principale est de réduire la souffrance des civils syriens et de limiter le débordement du conflit aux pays voisins ». a t-elle déclaré avant d’en appeler également aux autres donneurs internationaux à augmenter leurs financement. « La Communauté internationale a jusqu’à présent échoué à s’unifier politiquement, mais ceci n’est pas une raison pour en faire moins sur le plan humanitaire.» t-elle ajouté. La moitié des infrastructures médicales sont également hors-service et un Syrien sur trois ne peut pas recevoir l’aide nécessaire, a expliqué Mme Georgieva : 2,5 millions de Syriens ont besoin d’aide ; 1,2 millions de Syriens sont déplacés dans le pas.

Laisser passer l’aide humanitaire

3000 travailleurs communautaires sont aujourd’hui en Syrie. 8 d’entre eux sont d’ores et déjà décédés, dont le dernier hier (jeudi 6 septembre) seulement ! «Nous devons dire haut et fort, à toutes les acteurs du conflit qu’il existe des lois sur la conduite de la guerre qu’ils sont obligés de respecter. Et ce message doit être répété encore et encore et encore. Non seulement car il en va de l’intégrité des civils et des travailleurs communautaires, mais aussi car l’histoire des conflits similaires nous a appris que plus les blessures sont grandes, plus la guérison est dure.» Avant de continuer, très consciente de la situation, «On me dit que les combats sont tellement intenses que personne n’écoute ce message. Figurez-vous que certains le font. Nous savons que des groupes de combat respectent un code de conduite. Et je pense qu’il en va d’une obligation morale pour la communauté internationale d’en parler haut et fort. »

Le régime syrien s’entrouve, mais ce n’est “pas assez”

Le régime syrien semblerait tout du moins écouter (un peu) ce même message. Le gouvernement a ainsi récemment autorisé plus de visas pour les travailleurs humanitaires, dont un membre du cabinet de K. Georgieva. «Pas assez !» s’exclame la Commissaire devant les journalistes, «mais ils ont pris des dispositions de manière à ce que plus de personnes puissent rentrer dans le pays». Ils ont également autorisé 8 organisations humanitaires internationales qui ne disposaient pas jusqu’à présent d’autorisation et ont autorisé l’ONU à ouvrir des bureaux là où les combats sont les plus intenses.* Mais à nouveau, la Commissaire attend encore la réponse pour trois demandes de visas pour des membres de son équipe. «Ce qui est fait vis à vis de ce que constituent les besoins est loin d’être assez !» avant d’imager : «En Syrie, c’est comme si on escaladait une très haute montagne. Plus on escalade cette montagne, plus la montagne est haute

Prête à aller en Syrie, si nécessaire

Pour finir, elle a également préciser que si elle peut apporter quelque chose, elle n‘hésitera pas à se rendre en Syrie, mais qu’il était pour l’instant plus important à ses yeux que les experts et spécialistes de son cabinet y aillent.

(*) Preuve que les pressions de Mme Georgieva marquent des points ou bien que le régime d’Assad se sent à nouveau suffisamment «à l’aise» sur le plan militaire pour laisser filer sur le plan humanitaire ?

Rédigé avec l’aide active de Damien Kerlouet

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Arménie et Azerbaïdjan s’escarmouchent, l’Europe s’inquiète

(BRUXELLES2) De la retenue ! C’est l’appel qu’a lancé Milan Cabrnoch, président de la délégation parlementaire pour les relations EU avec le Caucase, alors que la tension s’envenime entre l’Azerbaijan et Arménie. Une montée de fièvre qui fait suite à la décision du président azerbaïdjanais, Ilham Aliev de gracier et de promouvoir au rang de héros Ramil Safarov.

La goutte qui peut faire déborder le vase

«Nous ne voulons pas la guerre, mais si nous y sommes contraints, nous nous battrons et nous gagnerons», a ainsi estimé le président arménien, Serge Sarkissian. L’Union Européenne s’inquiète, à juste titre, de cette soudaine aggravation des tensions. Ces deux dernières années ont été notamment marquées par de nombreux accrochages entre les deux forces armées à la frontière. «Accrochages» qui ont fait, tout de même, plus de 60 morts.  «Notre délégation a été claire envers nos homologues arméniens et azerbaïdjanais, le respect des droits de l’Homme, de l’Etat de droit et les valeurs de l’Union Européenne seront toujours au coeur de leurs aspirations à intégrer l’UE», a fermement estimé M. Cabrnoch. Catherine Ashton (La Haute représentante pour les Affaires étrangères) et Stefan Füle (le commissaire européen chargé de l’Elargissement) ont également appelé les deux gouvernements à «faire preuve de retenue, tant sur le terrain que dans leurs déclarations publiques, afin d‘éviter que la situation ne s’aggrave». Cet incident arrive à un moment délicat pour Bruxelles puisque le 23 août dernier, la Commission allouait 19,5 millions d’euros à l’Azerbaïdjan afin de réformer son système judiciaire et ses procédures de demande de visas. Et met à mal la politique des petits pas, et la bonne vieille méthode de l’Union européenne de chercher à intensifier les relations bilatérales;

 Et risque de dérapage au Haut-Karabagh

Car l’Arménie pourrait émettre l’éventualité de reconnaître l’indépendance du Haut-Karabagh. Chose qui devrait aisément aggraver un processus de paix déjà sur le vif. L’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent depuis des années pour le contrôle de la province du Haut-Karabagh. Rattachée à l’Azerbaïdjan sous l’occupation soviétique, elle a proclamé son indépendance après une guerre qui a fait 30.000 morts entre 1988 et 1994, date à laquelle un cessez-le-feu est signé avec l’aide de Moscou. «Comment pouvons-nous maintenant négocier avec Aliyev ? Comment pouvez-vous imaginer cela ?» a demandé Davit Babayan, le porte-parole de Bako Sahakian, président du Haut-Karabagh. «Pour moi, le processus des négociations sera probablement gelé pendant un certain temps» a t-il ajouté…

L’affaire Safarov

 Le 20 février 2004, Ramil Safarov, officier azerbaïdjanais, envoyé à Budapest pour un stage d’anglais dans le cadre du programme de l’OTAN Partenariat pour la paix (PPP), tue à coups de hache un lieutenant de l’armée arménienne, Gurguen Margarian, qui suivait les mêmes cours. Condamné la même année par les autorités hongroises, il y purgeait, là-bas, sa peine à perpétuité jusqu’à ce que Bakou obtienne son extradition fin aout. Alors que la Hongrie avait reçu toutes les garanties que celui-ci terminera bel et bien sa peine dans son pays, Aliev a, dès son arrivée, accueilli Safarov en héros national et l’a en outre promu au rang de major. Il lui a également fait cadeau d’une maison et reversé son salaire pour les huit années de prison passées en Hongrie.

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Ne pas baisser la garde maintenant !

Ne pas baisser la garde maintenant !

détachement VPD de la marine néerlandaise (Crédit : Ministère néerlandais de la Défense)

(BRUXELLES2) « Malgré les récentes nouvelles encourageantes, le temps n’est pas à la diminution des efforts » ! Le message adressé aux membres de l’industrie du transport maritime a d’autant plus de force qu’il a été adressé conjointement par les trois principales forces anti-piraterie en coalition – de l’UE (Eunavfor Atalanta), de l’OTAN (Ocean Shield) et de la coalition emmenée par les Américains (CTF 151). Si la chute des faits de piraterie est bien réelle (le Bureau maritime international vient d’annoncer une chute de 54% de la piraterie au niveau mondial) et se perpétue, mois après mois, les chasseurs de pirates, eux, craignent de voir les propriétaires de navires commerciaux relâcher leurs efforts et à délaisser une partie des mesures de sécurité prises. Mesures qui peuvent effectivement paraître lourdes aux armateurs, couteuses en termes financiers comme de logistique ou de personnel sur le navire.

Le succès tactique est réversible

Pour le commandant adjoint de l’opération Atalanta, le contre-amiral italien Gualtiero Mattesi : «Nous avons devant nous un succès tactique mais réversible. Il est essentiel que la pression sur les pirates et sur leur business model soit maintenue, voire amplifiée. Le contexte stratégique comme la situation en Somalie permettant aux pirates d’agir n’a pas encore fondamentalement changé ». « En joignant leurs forces, les efforts contre la piraterie sont aujourd’hui plus efficaces et peuvent faire plus qu’aucun navire, marine, pays ou organisation seule » poursuit-il. Mais « même avec toute cette présence militaire, les efforts de nos forces navales ne peuvent garantir la sécurité de la région ». L’application des meilleurs pratiques – Best Management Practices” qui en est aujourd’hui à sa version 4 (BMP4 à télécharger ici) est donc plus que jamais de rigueur.

Un message adressé tout autant à l’industrie qu’aux gouvernements

Une crainte déjà exprimée à plusieurs reprises par plusieurs interlocuteurs qui s’adresse non seulement au monde de l’industrie mais aussi aux gouvernements. Le même contre-amiral Mattesi avait déjà averti, lors d’un récent séminaire tenu durant l’été à Paris : « Les récents progrès sont réversibles si on ne s’attaque pas aux sources de la piraterie. Il faut maintenir les BMP et les capacités des forces sur zone tout en renforçant la capacité des États régionaux sur le terrain. Cela prendra du temps ». Et l’amiral Jacques Launay, chef d’Eucap Nestor, nous l’avait confirmé également. Eucap Nestor, ce n’est pas une exit strategy pour l’opération anti-piraterie en mer, du moins pas seulement. « Une fois qu’on aura vu la combinaison de ces effets à terre, on pourra alors songer à réduire la voilure en haute mer.»

Marines de tous les pays, unissez-vous ?

La crainte exprimée aussi, mezzo vocce, par de nombreux officiers (de marine), de responsables de la défense ou de la lutte anti-piraterie, est que les Etats, profitant de ses bons résultats, songent peu à peu à réduire les effectifs sur place des différentes marines. Et, dans la foulée, certains programmes d’équipement ou de renouvellement de flotte. Une option qui n’est pas théorique à l’heure où le poids de la dette et des restrictions budgétaires pèsent sur tous les budgets de l’Etat européens ou occidentaux. Pour les marines des différents pays engagées, ces opérations sont, en effet, non seulement la démonstration de leur savoir-faire et de leur efficacité mais aussi de leur utilité, concrète, au service de l’économie et de la population de leur pays. Témoin le bon indice de réponse des Néerlandais dans un récent sondage qui estimaient qu’on pouvait couper le nouvel avion JSF et nombre de dépenses des armées mais pas la lutte contre la piraterie (lire : Aux Pays-Bas, le repli sur soi devient la norme). Un parapluie non négligeable, dans la bataille qui s’amorce dans chaque pays entre les “Financiers” d’un coté, et les différents Etats-Majors de l’autre, voire entre les Etats majors, en ces temps où s’exerce avec férocité, le “coupe-coupe” budgétaire…

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