Des Canadairs européens au secours du Portugal

L'incendie qui a éclaté à l'aube le 2 Septembre à Carragozela a nécessité l'intervention de 210 pompiers, 57 véhicules et un avion bombardier d'eau. L'incendie s'est répandu rapidement du district de Guarda au district de Coimbra (crédit : service d'incendie portugais)

(BRUXELLES2) Les feux de forêts qui ravagent le pays depuis plusieurs jours mettent le Portugal sous tension. Face à la situation, l’alerte rouge a été donnée ; le mécanisme européen de sécurité civile (MIC) déclenché. Et des renforts dépêchés sur place. Deux avions bombardiers d’eau français ont immédiatement été déployés sur zone, auxquels devraient venir s’ajouter deux avions espagnols supplémentaires. La situation portugaise est suivie de près à la cellule de crise “sécurité civile” de l’Union européenne.

L’avancée des flammes a été la plus grave à Ourem, dans la nuit de dimanche à lundi, faisant un mort (un agriculteur). Deux pompiers ont aussi été blessés dans l’accident de leur hélicoptère, un Kamov 32, alors qu’ils effectuaient un ravitaillement en eau dans un lac. Les autorités portugaises ont été mises en cause pour leur manque d’anticipation et le déficit de personnel à certains endroits. « Il y a un manque de pompiers » titrait dernièrement le Correio da Manhã pointant du doigt les déficits, que ce soit à Lisbonne – où il n’y a que 700 pompiers sur les 1200 normalement requis – à Coimbra ou Setúbal. C’est alors qu’ils se sont décidés à faire appel à l’aide européenne.

Le Portugal n’est pas le seul pays à bénéficier de cette solidarité européenne. Un hélicoptère slovaque est actuellement en renfort en Albanie et un Canadair italien devrait prochainement venir le seconder.

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Gazprom se fait allumer (Maj)

Gazprom se fait allumer (Maj)

(crédit : Gazprom)

(BRUXELLES2) Ce n’est pas n’importe quel entrepreneur qui se retrouve aujourd’hui dans le viseur des autorités européennes de la concurrence : ni plus ni moins que Gazprom, le gazier russe. Celui-ci est accusé par la Commission européenne d’avoir commis un abus de position dominante ; ce qu’on appelle en termes choisis un “article 102″ (du nom de l’article de référence dans le Traité, anciennement “article 82″ ou “article 86″ pour les plus anciens :-) ).

Les préoccupations de la Commission remontent à plusieurs mois. Ses inspecteurs avaient mené des inspections dans plusieurs Etats membres, il y a un an, en septembre 2011, inspections qui ont permis de faire “remonter” certaines informations. De quoi étayer l’ouverture formelle d’une information. Bien sûr, explique-t-on à la Commission, « l’ouverture d’une procédure ne préjuge pas les résultats d’une enquête ». Mais généralement, la Commission n’ouvre pas une enquête sur un coup de tête ou pour le plaisir …

Trois infractions dans 8 pays

Gazprom est en fait accusé d’avoir commis trois infractions dans les pays d’Europe centrale et orientale. Premièrement, il est accusé d’avoir « divisé les marchés du gaz en entravant la libre circulation de gaz entre les États membres ». Deuxième chef d’inculpation, Gazprom pourrait avoir « empêché la diversification de l’approvisionnement en gaz ». Enfin, il pourrait « avoir imposé des prix déloyaux sur ses clients en liant le prix du gaz aux prix pétroliers ». Gazprom a actuellement une position dominante dans huit pays (Pologne, République tchèque, Hongrie, Bulgarie, Slovaquie, Estonie, Lituanie, Lettonie). « Toute la question maintenant est de savoir si il y a abus de position dominante » a précisé un porte-parole de la Commission. « Il est prématuré de préjuger les résultats de l’enquête ». Mais il n’est pas « exclu que l’enquête soit étendue à d’autres Etats membres si l’enquête révèle des faits nouveaux ».

Pas de menace justifiant une protection spécifique

Interrogé par B2, le porte-parole de la Commission sur la concurrence n’a pas indiqué que des mesures spécifiques avaient été prises pour protéger les différents enquêteurs de la DG Concurrence face à Gazprom. Au contraire, semble-t-il la Commission. « Il n’y a pas de raison de soupçonner quoi que ce soit. Gazprom a coopéré (avec la Commission) tout au long de l’enquête et n’a pas fait obstruction. Il n’y a pas de raison de croire que ce ne sera pas le cas » dans l’avenir.

Gazprom rappelle son statut d’entreprise d’Etat

De son coté Gazprom a réagi par voie de communiqué, soulignant qu’aujourd’hui (le communiqué est du 5 septembre), « notre compagnie n’a pas reçu de notification officielle de la Commission sur ce sujet » (l’annonce sur le site web d’ouverture d’une procédure d’infraction). « L’ouverture d’une procédure n’implique pas que Gazprom ait enfreint les règles de la concurrence de l’UE » ajoute-t-il. « Gazprom se conforme scrupuleusement à toutes les dispositions de la loi internationale et nationale dans tous les pays où le groupe conduit des activités.» Et d’avertir. « Nous attendons que l’enquête respectera nos droits réglementaires et nos intérêts légitimes basés sur la loi internationale et européenne et qu’il sera tenu compte du fait que OAO Gazprom, immatriculé à l’extérieur de la juridiction de l’UE, est une entreprise habilitée, selon la législation de la Fédération de Russie, avec des fonctions sociales spécifiques et un statut d’organisation stratégique, administrée par le gouvernement. » L’allusion est claire non !

Une procédure stratégique

Pourquoi parler de cette information sur un site dédié à la politique étrangère et à la défense ? Car Gazprom n’est pas seulement une compagnie russe. C’est un des outils du pouvoir russe, intrinsèquement lié à ses intérêts stratégiques. Aussi efficace, voire plus, qu’une brigade blindée ou une escadrille de Sukhoi. Rappelons que l’actuel Premier ministre Dmitri Medvedev a siégé au conseil d’administration et que son actuel président, Alexei Miller, a été ministre de l’Energie, et fait partie du clan Poutine qu’il a suivi de la mairie de St Petersbourg (Leningrad), dont il est originaire, à l’administration présidentielle. Il faudra voir maintenant comment Gazprom – et le pouvoir russe – vont réagir. Est-ce que les gazoducs qui alimentent plusieurs des pays européens ne vont pas avoir quelques “pannes” à l’approche de l’hiver ?

L’Europe mieux préparée qu’avant face à une coupure

Sur l’éventualité de coupures de gaz, la Commission européenne, Marlene Holzner, affirme cependant que tout est prêt et « mieux qu’avant ». Répondant à une question de B2, elle a affirmé que « nous n’avons pas indication d’un possible problème. Nous sommes mieux préparés cette fois ci que par le passé. » Chaque Etat membre doit ainsi « s’assurer que chaque entreprise de gaz dispose d’au moins 30 jours de stock de gaz ». L’Europe a aussi cherché à « diversifier ses sources d’approvisionnement », des contrats ont été « négociés avec d’autres fournisseurs pour faire face à une perturbation ». En cas d’accord bilatéral qui ne respecte pas la législation européenne, nous avons aussi la possibilité de demander le changement de cet accord ». Faute de quoi, « la Commission européenne peut entamer une procédure d’infraction ».

(Mis à jour le 5 septembre) avec des précisions apportées par la Commission européenne sur les pays concernés, les mesures de protection éventuelle et d’anticipation de coupure du gaz, ainsi que la réaction de Gazprom

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Lambrinidis (Droits de l’homme) impatient de commencer son travail

(BRUXELLES2)  « Mon enfance en Grèce a été marquée par la dictature, par mon père qui était un homme brillant et défenseur de la démocratie dès les débuts et ma mère atteinte du cancer et qui est décédée trois mois avant la fin de la dictature », voici en quelques mots comment Stavros Lambrinidis, le nouveau représentant spécial de l’UE pour les Droits de l’homme, s’est présenté lundi devant les députés de la commission des Affaires étrangères (*). « Ce poste n’est pas un travail mais la consécration d’une vie » a-t-il ajouté. « Je suis heureux, je vais avoir les droits de l’Homme comme priorité, quelque soit le pays et quelque soit le sujet. Je suis impatient de commencer » Le reste de l’audition n’a, pour autant, pas été d’un enthousiasme débordant et n’a pas vraiment permis de saisir aux observateurs la nature du travail du nouveau représentant spécial…

Le Parlement doit être actif dans la définition du mandat

Issu de ce Parlement, S. Lambrinidis a d’abord su employer les mots qu’il faut pour convaincre ses ex-alter ego de leur rôle. « Je crois dans le travail du Parlement ». (…) Je souhaite que vous (le Parlement) me définissiez mon mandat ». Pour lui le Parlement va avoir une place centrale, tant sur le plan formel qu’informel, grâce aux liens personnels qu’il entretient avec l’institution ou, de manière plus générale, vu le combat du Parlement pour les droits de l’Homme. « C’est une responsabilité partagée. Et nous allons travailler main dans la main ». Des échanges de points de vue devraient ainsi être organisés régulièrement. Il reste à en définir les modalités pratiques (sans doute via la commission des Affaires étrangères ou en plénière).

Efficacité avant visibilité

L’objectif du nouveau représentant spécial est d’augmenter l’efficacité de la politique européenne des droits de l’Homme. Mais la visibilité est un objectif secondaire. « Avec l’efficacité viendra naturellement la visibilité. » Il entend également être au « maximum » au plus près du terrain possible, en liaison avec les partenaires européens, les Etats (qui respectent ou non les droits de l’Homme) ainsi que les partenaires privés au niveaux local, national et international. Il est nécessaire, selon lui, de protéger et soutenir les groupes qui visent à faire respecter les droits de l’Homme dans le monde. « Je ne peux pas vous promettre que je réussirai, mais je peux vous promettre que je donnerai tout pour réussir. »

L’UE doit être un exemple.

Lambrinidis a mis l’accent sur le respect du droit humanitaire et du droit international. La question de la protection de la liberté d’expression sur internet est aussi une question cruciale. « Nous devons reconnaître aujourd’hui que le cyberspace est un espace bien réel » pour l’exercice des libertés, a-t-il précisé. Cependant il a fixé une limite à son action. Celle fixée par son mandat : le respect des droits de l’Homme à l’intérieur de l’UE. « Mon mandat n’a rien à voir avec le respect des droits de l’Homme au sein de l’Union Européenne. Nous avons cependant besoin d’une réelle cohérence » a-t-il reconnu. « L’Europe est un soft power et sa crédibilité mondiale influence les autres à changer leurs manières de faire. »  Une demande de plusieurs eurodéputés d’ailleurs qui souhaitent éviter le “double standard”.

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La France et la Belgique en harmonie pragmatique

La France et la Belgique en harmonie pragmatique

lundi soir à la résidence Louise

(BRUXELLES2) Last but not least. Dans la tournée “bruxelloise” qu’a effectuée lundi, le MinDéf français, Jean-Yves Le Drian n’a pas manqué d’avoir un échange assez long avec son homologue belge, Pieter de Crem, lors d’un diner de travail, qui s’est tenu dans la résidence du ministère, à deux pas du bois de la Cambre. Avant le traditionnel échange de pralines, les deux participants ont tenu quelques mots, assez convenus, il faut le dire, devant la presse. « La Belgique, c’est notre partenaire le plus constant, le plus fidèle, avec lequel nous avons une coopération saine sans arrière pensée » a expliqué le Français. « L’objectif entre Français et Belges et d’approfondir les relations sur quelques points concrets : la formation, les acquisitions futures, les hélicoptères NH90 et les avions de transports A400M » a détaillé le Belge. Il est vrai qu’entre Français et Belges, il n’y a pas de rivalité et peu de discussions idéologiques même si l’un est franchement un fidèle support de l’OTAN et l’autre un ardent Européen. Leur approche a tous les deux se veut « pragmatique ». «  Et la coopération, pour être discrète, et moins tapageuse qu’avec d’autres partenaires (suivez mon regard… :-) ) est effectivement très concrète, et s’exerce sur de multiples facettes.

Formation des pilotes

Depuis de longues années déjà, les pilotes belges se forment et s’entraînent en France à Tours et Cazaux pour les pilotes de chasse (sur Alpha jet), à Avord pour les pilotes de transport et à Dax pour les pilotes d’hélicoptères. Une formation dont on ne peut que se féliciter du côté belge. « Nos pilotes ont atteint plus de 90% des cibles lors de notre opération en Libye. Ce qui montre l’excellence de la formation française » explique un officier.

Evacuation des citoyens

Autre champ de coopération, les opérations d’évacuation de citoyens (dite NEO). La dernière opération en commun, en Côte d’Ivoire au printemps dernier, a permis un bon retour d’expérience. Les Belges étaient effectivement présents à Abidjan en soutien d’une opération menée essentiellement par les Français (du fait de leur présence préalable sur le terrain au titre de l’opération Licorne). Des exercices sont ainsi programmés, afin de renforcer cette coopération tant dans la planification que dans l’exécution de ces opérations, avec à la clé un partage accu des renseignements et l’intensification de la coopération entre forces spéciales.

Echange de bons procédés en Afghanistan

De façon très pratique, Belges et Français sont en passe de procéder à un échange de logements en Afghanistan. Les Belges ont ainsi cédé leurs bâtiments aux Français à Kaia – l’aéroport international de Kaboul – qu’ils vont quitter en octobre et dont les Français vont prendre le commandement. De leur côté, les Français rétrocèdent aux Belges leurs logements ainsi que les shelters pour les avions (Mirage) dont ils disposent à Kandahar. Cela peut paraître une évidence. Mais comme l’explique un connaisseur du dossier à B2, « chaque bâtiment déployé sur le terrain appartient en fait aux nations qui peuvent le rétrocéder à un de leurs alliés ». Avantage aussi pour chacune des parties : inutile de déplacer ces bâtiments ou les rapatrier, du moins dans l’immédiat. Autre sujet de coopération, une négociation est en cours pour baser un avion C-130 belge à Douchanbé (Tadjikistan), en mode “semi-permanent”, qui serait mis à disposition des Français pour le transport des troupes vers ou venant d’Afghanistan (et vice-versa, les avions français seront mis à disposition des Belges ou des matériels qui repartiraient).

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Le départ des Belges de Kaia (Kaboul) programmé (maj)

(BRUXELLES2) Comme prévu, les Belges devraient quitter l’aéroport de Kaboul d’ici la fin octobre dans le cadre du plan général de retrait des forces de l’ISAF OTAN qui se déroule, de façon progressive, jusqu’à fin 2013, début 2014. Ce rapatriement des militaires belges va s’étaler sur deux semaines, ainsi que B2 l’a appris. Environ 270 militaires belges (sur les 578 du contingent belge en Afghanistan) sont ainsi basés à Kaboul au sein de la force de réaction rapide. 24 sont déjà partis le 27 juillet via Douchanbé à bord d’un Airbus de la défense belge (ils faisaient partie d’un peloton mixte avec 10 Luxembourgeois).

120 devraient partir le 3 octobre, 100 autres le 6 octobre et 22 le 16 octobre. Ils seront remplacés par des Portugais (65, qui sont déjà présents), par des Hongrois (190 militaires qui doivent arriver à la mi-octobre) ainsi que des militaires albanais, monténégrins et macédoniens (Fyrom). Par ailleurs, à partir d’octobre, c’est un Français qui assurera la fonction de ComKaia, commandant des forces alliées sur l’aéroport.

Lire aussi : Le dispositif belge en Afghanistan. Retrait en bon ordre. Chèque de 12 millions d’euros, sous conditions

 

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