Au menu du Gymnich à Chypre, une discussion « smart casual » (maj)

La réunion des ministres des Affaires étrangères a été déplacée à Paphos, loin de toute présence turque sur l'île (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) Les ministres des Affaires étrangères se retrouvent à Chypre, les 7 et 8 septembre, à un moment qui n’est pas au beau fixe au niveau international. Il n’y a pas que la température qui sera chaude à Chypre… et la presse a été soigneusement tenue à l’écart de la réunion. Les ministres ont été avertis de prévoir la tenue d’été. Le « smart casual » sera ainsi de rigueur durant la réunion, qui se veut totalement informelle, à l’écart de la presse. Les participants pourront adopter une tenue un peu plus chic, pour le diner du soir. Et une visite de la vieille ville de Limassol – située près de la base de souveraineté britannique d’Akrotiri, est également à l’ordre du jour.

Deux sujets de fond

Le programme défini prévoit d’ailleurs deux discussions intemporelles. L’une sur l’eau, une question stratégique et un problème essentiel dans plusieurs endroits du monde (le Bassin du Nil par exemple, mais aussi au Yemen ou dans le Moyen-Orient) souligne un diplomate européen ; l’autre sur l’éducation. La jeunesse a été un des moteurs actifs du printemps arabe. Les 27 devraient aussi se pencher sur la stratégie européenne de sécurité – avec le suivi des questions de Copenhague. Gageons que d’autres questions devraient surgir sur l’agenda : la Syrie et le Liban – car la situation se détériore dans les pays voisins – ou le Congo (Didier Reynders, le ministre belge est ainsi de retour d’une tournée dans la région).

Loin des yeux

A l’origine prévue à Nicosie, cette réunion informelle a été déplacée à Paphos, à la demande des services de la Haute représentante, précisent les autorités chypriotes. Une mesure que l’on peut voir comme la volonté de réinstaurer la réalité informelle de la réunion, loin de la presse, et dans un environnement idyllique. Mais qui tient également à l’environnement particulier de l’ile. A Paphos, au sud de l’ile, on est plus loin de la ligne verte qui coupe l’ile en deux et donc à l’abri de toute visite intempestive qu’aurait pu entreprendre un diplomate ou un ministre européen amateur de voir le dernier « mur » en Europe. Ici, contrairement à Nicosie, on est loin d’un quelconque drapeau turc ou d’une bannière des Nations-Unies rappelant qu’un pays membre de l’OTAN proche de l’Union européenne en occupe une partie d’un autre pays européen…

Lire aussi : La Haute représentante se défend (un peu) de vouloir écarter la presse des réunions

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).