L’Europe double son aide humanitaire en Syrie. Situation critique

(BRUXELLES2) L’aide humanitaire à la Syrie sera doublée, a annoncé la Commission européenne jeudi (28 juillet). dans le but de répondre aux premières nécessités de la population syrienne : + 20 millions d’euros. « C’est l’expression la plus concrète de notre solidarité envers le peuple syrien» explique la commissaire chargée de l’aide humanitaire et de la protection civile, la bulgare Kristalina Georgieva. Depuis le début du conflit, 63 millions ont été versés.

Une présence européenne limitée à Damas

Un seul responsable humanitaire européen est, pour l’instant, en poste à Damas. Et l’UE cherche tant bien que mal à en envoyer davantage. Mais elle semble se heurter à un veto du gouvernement. Cinq ambassades européennes sont également encore ouvertes, et elle l’ont été tout au long de ce week-end lors des affrontements dans Damas. Il resterait aussi, selon la Commission, entre 20 000 et 35 000 détenteurs de passeport européens sur le sol syrien, dont un certain nombre d’entre eux possèdent la double nationalité. Mais recenser les différents citoyens européens encore sur place reste un travail « difficile », reconnait-on à la Commission.

Une Protection de la Croix Rouge et une ouverture des frontières aux autres ONG

L’aide européenne est aujourd’hui transférée vers les organisations humanitaires, majoritairement le Comité International de la Croix Rouge, et l’Agence des Nations Unis pour les Réfugiés (UNHCR) qui sont les mieux à même de l’apporter là où elle est nécessaire. Et c’est là où le bât blesse, ces organisations manquent elles-mêmes de protection. l’Union Européenne, à travers Mme Georgieva, appelle «tous les acteurs à protéger les civils, y compris les employés humanitaires. Les tirs sur les ambulances et le ciblage des employés humanitaires doivent cesser». Assistance d’autant plus nécessaire que pour les blessés, faire appel aux infrastructures étatiques consiste à prendre un risque.

La situation des déplacés et réfugiés difficile…

On estime à 1,5 millions de personnes, tant à l’intérieur du pays que dans les camps de réfugiés des pays limitrophes, qui sont en situation plus que précaire. Autre préoccupation, les conditions dans les camps de réfugiés aux frontières. La situation des réfugiés irakiens (environ 87 000) et palestiniens (500 000) présents sur le sol syrien est également une source d’inquiétude, premiers touchés par l’inflation et les manquements en biens de première nécessité. La Commission a décidé d’allouer une nouvelle somme de 2 millions d’euros pour soutenir la communauté irakienne. Même si la Turquie – qui a décidé d’interdire, mercredi, l’entrée de ses ressortissants en Syrie pour des raisons de sécurité -, a assuré qu’elle laissera encore passer les Syriens fuyant les violences.