Un équipage sino-vietnanien libéré. Taiwan et la Chine se parlent, via Bruxelles

(crédit : Eunavfor)

(BRUXELLES2) Les pirates somaliens ont libéré, mercredi (18 juillet), l’équipage du chalutier de pêche taïwanais, le FV Shiuh Fu n° 1, capturé le jour de la Noël 2010 près des côtes malgaches. 26 personnes à bord (13 Chinois, 1 Taïwanais et 12 Vietnamiens) ont été récupérées saines et sauves par un navire de guerre chinois… qui a mis le cap sur Dar-es-Salaam (Tanzanie), où des plénipotentiaires des trois pays concernés devaient recueillir leurs ressortissants.

Une rançon a bien été versée selon nos informations, « droppée » par voie des airs (comme c’est de coutume), le 17 juillet. D’un montant de 3 millions de $, son versement aurait provoqué, selon Somalia Report, un divorce entre les pirates, entre ceux qui gardaient les prisonniers (du groupe des Ilaalo commandé par Heeryo) et les autres participants à l’opération de piraterie, notamment les investisseurs.

Une opération de récupération menée de concert entre Chinois et Européens

L’opération de récupération des otages a été menée discrètement avec le soutien des Européens. L’équipage avait, en effet, été transféré du navire dans un lieu tenu secret près de Hobyo, un des principaux « ports » pirates. Et le navire avait été abandonné et rendu impropre au service (il était utilisé occasionnellement comme bateau-mère selon certaines versions). Toute la difficulté de l’opération consistait donc de pouvoir récupérer, rapidement et sans dommages, un équipage affaibli par plus de 18 mois de détention.

Dialogue via le QG d’EUNAVFOR

La délégation de Taiwan à Bruxelles avait demandé l’assistance des Européens. Seulement, le jour dit de la libération, le navire le plus proche des coalitions anti-pirates se trouvait être un navire chinois, … de Chine continentale. Le plus proche navire d’EUNAVFOR se trouvant – selon un officier européen – à environ 48 heures de là. Ce sont les structures de gestion de crise à Bruxelles qui ont servi d’intermédiaire. Des contacts furent donc pris entre l’OHQ de Northwood – commandant la flotte européenne – et l’amiral commandant la flotte chinoise. Celui-ci promis alors d’envoyer son navire sur zone. Le repérage des skiffs dans lesquels se trouvaient les otages pouvait, au besoin, être assuré un avion de patrouille et de reconnaissance P3 Orion, allemand. Mais finalement, le navire chinois a pu récupérer sans encombres tous les marins, sains et saufs…

Décidément en mer, les barrières politiques s’effacent. Et les pirates ont réussi un nouveau « miracle » : faire se dialoguer Taïwan et Chine continentale via Bruxelles !

(NGV)

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