L’affaire des CASA sent le souffre

(BRUXELLES2) L’affaire de l’achat des Casa 295M commence à virer au cauchemar politique en république Tchèque. L’immunité de la vice-présidente de l’assemblée et ancienne ministre de la Défense, Vlasta Parkanová, a été levée mercredi dernier (11 juillet) par 177 voix pour et 45 contre. Elle est sous objet de deux chefs d’inculpation : abus de la fonction publique et abus de confiance, selon la presse tchèque. La police soupçonnant une surfacturation d’environ 25 millions d’euros du marché. Mais c’est un autre personnage public qui est aujourd’hui dans le collimateur des enquêteurs de la police tchèque. Chacun s’accordant que Parkonova n’a pas décidé toute seule de l’achat…

Miroslav Kalousek, aujourd’hui ministre des Finances, a été vice-ministre de la Défense, et était au gouvernement lors de l’achat des avions est ainsi dans l’oeil du cyclone. Soutenu par son Premier ministre, Petr Necas, il se défend comme un beau diable accusant la police de méthodes dignes de la police politique communiste, mettant en cause la compétence de l’ancien chef d’Etat-Major, Vlastimil Picek (*)… Le chef de la police Petr Lessy a d’ailleurs envoyé une lettre, dimanche (15 juillet), à tous les enquêteurs pour leur enjoindre de résister aux pressions politiques ; lui-même a affirmé avoir été contacté à plusieurs reprises par le ministre des Finances, Kalousek, tentant d’influencer l’enquête. Ce qui constituerait alors une violation de l’indépendance de la justice. Le président de la République, Vaclav Klaus, a dû monter au créneau pour calmer l’atmosphère, apportant officiellement son soutien au dirigeant policier, selon la radio tchèque.

Autre épisode. Un des pilotes tchèques, témoin-clé dans l’affaire – il affirme que le vice-ministre de la Défense Martin Bartak a fait pression pour l’achat des Casa -, a été, quelques temps, arrêté sur la foi d’une dénonciation pour abus sexuel. Affaire sérieuse car une mineur était en cause. L’affaire s’est vite dégonflée. La « victime » ayant reconnu avoir inventé toute l’histoire. L’opposition sociale-démocrate en a profité pour organiser un vote de défiance, vote rejeté mercredi (18 juillet) comme les trois précédents…

(*) Sur ce point, il s’est excusé depuis exprimant dans une lettre « des excuses sincères et profondes » à l’adresse du chef d’état-major…

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