Un Espagnol à la tête d’Eucap Niger (maj)

(BRUXELLES2, exclusif) Le comité politique et de sécurité (COPS) doit confirmer mardi (17 juillet) la nomination d’un colonel de la Guardia Civil comme chef d’EUCAP Sahel Niger. Selon nos informations, il s’agirait de Francisco (Paco) Espinosa Navas.

Né à Guillena (Séville), fils de policier, lui-même, Francisco Espinosa était jusqu’ici le chef de la Guardia civil à Las Palmas (Canaries) et avait 1900 officiers sous ses ordres dans une région délicate car très touristique mais aussi en butte à certains trafics, à l’immigration, à quelques encablures des côtes africaines. Il adore – nous ont confié des collègues espagnols – le football (c’est un fan de l’équipe de Séville), de cinéma (l’inoubliable I Girasoli (Les Tournesols) avec Sophia Loren et Marcello Mastroianni) et la musique classique (Chopin et Mozart).

Francisco Espinosa Navas a commencé sa carrière en 1978 comme commandant de peloton et de maintien de l’ordre à Logroño (1978 – 1980), puis comme chef d’une unité provinciale de circulation à Séville (1980-1985). Il passe ensuite à l’Etat-Major de la Guardia Civil d’Andalousie comme chef de l’unité du renseignement régional (1987-1990) puis comme officier d’Etat-Major à la direction du renseignement et de l’investigation du quartier régional d’Andalousie (1992-1993) et à la direction générale chargée du soutien où il s’occupe plus particulièrement de la paie des personnels. Il travaille ensuite au quartier général de la région de Séville en Andalousie chargé notamment de la planification stratégique et chef du service de presse et de communication (1995-2000). Puis passe aux Canaries comme chef de commandement de la Guardia civil à Algesiras (2000-2004) et enfin à Las Palmas.

Le colonel a accompli plusieurs missions à l’étranger. Par deux fois (début 1994 et début 1995) à Clafat (Roumanie) et Mohacs (Hongrie), il sert dans le cadre de l’opération d’embargo contre la Serbie sur le Danube menée par l’UEO. Il est aussi détaché quatre mois à la SFOR comme responsable de l’unité de la Guardia civil (avril à octobre 1997). Il a aussi été attaché de la Guardia civil à Paris à l’ambassade d’Espagne (2004-2008). Durant cette période, il a notamment été auditeur à l’IHEDN (2007-2008).

(Maj : 17 juillet) La nomination a bien été avalisée par le COPS – biographie complétée.

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Et la mission Eucap Sahel Niger aussi !

(BRUXELLES2) Accélérant un peu le rythme d’élaboration des décisions, les “27″ ont également approuvé aujourd’hui (lundi 16 juillet), la décision de lancer une mission « visant à appuyer la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme dans la région du Sahel ». Dénommée EUCAP Sahel Niger, elle aura comme « rôle de conseiller les différents intervenants nigériens en matière de sécurité. Elle apportera également un soutien à la coordination régionale en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée et une assistance dans la mise en place d’une procédure pénale fondée sur l’État de droit. » Mais « n’exercera aucune fonction exécutive ».

Une nécessité, comme l’a déclaré Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE. « Du fait de l’intensification de l’activité terroriste et des conséquences du conflit en Libye, l’insécurité s’est considérablement aggravée dans la région du Sahel. La nouvelle mission contribuera à renforcer les capacités locales de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Des experts européens formeront les forces de sécurité nigériennes afin d’améliorer le contrôle du territoire et la coopération régionale. »

Déployée au Niger tout d’abord, EUCAP Sahel pourrait « ultérieurement s’étendre aux deux pays voisins : le Mali et la Mauritanie ». Parmi la cinquantaine d’experts internationaux, elle comptera aussi des officiers de liaison à Bamako (au Mali) et à Nouakchott (en Mauritanie). La mission dispose d’un budget, légèrement diminué par rapport aux premières estimations, de 8,7 millions d’euros annuels. Elle devrait être dirigée – selon nos informations – par un colonel espagnol de la Guardia Civil.

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La mission Eucap Nestor lancée…

La mission Eucap Nestor lancée…

La mission Eucap Nestor pourra compter sur les escales de navires de la force EUNAVFOR Atalanta pour compléter l'entraînement. Ici des gardes-côtes djiboutiens en formation sur un navire français (Crédit : DICOD / Eunavfor)

(BRUXELLES2) Après quelques tergiversations, vérifications, évaluations, réécritures, l’Union européenne vient aujourd’hui (16 juillet) d’approuver le lancement de deux nouvelles mission de la politique de sécurité et défense commune (PSDC) : dans l’Océan indien pour renforcer les capacités maritimes de la Somalie et des Etats voisins (EUCAP Nestor) ; au Niger pour renforcer les forces de sécurité (EUCAP Sahel Niger) – voir article séparé. Ce sont les ministres de l’Agriculture qui se sont chargés d’approuver (en point A, sans discussions) ces deux décisions. Il y avait urgence, pour permettre d’engager les autres phases : nomination des chefs de mission, recrutements, signature des SOMA (accords de protection de la mission…), etc.

Deux tâches principales

EUCAP Nestor s’inscrit dans le cadre de « l’approche globale de l’UE en matière de lutte contre la piraterie et l’instabilité dans la région » explique-t-on au SEAE. Objectif : « travailler au renforcement de la capacité des États de la région à avoir la maîtrise effective de leurs eaux territoriales ».  La mission aura deux tâches principales: 1) renforcer les capacités maritimes des pays de la région (sauf en Somalie) et, en Somalie, assurer la formation d’une force de police côtière ainsi que des juges ; 2) fournir des avis spécialisés sur des questions juridiques, stratégiques et opérationnelles liées à la sûreté maritime, assurer la formation des gardes-côtes et contribuer à la mise à disposition du matériel nécessaire.

L’UE chef de file contre la piraterie

L’UE assume ainsi – comme l’explique C. Ashton : « son rôle de chef de file dans le domaine de la lutte contre la piraterie. J’espère que la mission EUCAP Nestor, œuvrant sous la direction des pays concernés eux-mêmes, dégagera des solutions durables au fléau de la piraterie.” La mission s’étendra sur pays : « Djibouti, le Kenya, les Seychelles et la Somalie ont accepté l’assistance proposée par l’UE ». « La mission de soutien sera étendue dès que possible à la Tanzanie », précise-t-on. Ce pays tergiversant pour l’instant à envoyer la lettre d’invitation.

175 personnes

La mission sera composée de 175 personnes environ qui seront déployés au fur et à mesure des possibilités dans les pays concernés et des disponibilités des Etats membres. Selon nos informations, une première équipe de quelques personnes autour du chef de mission devrait partir dans les jours qui viennent pour la région. Mais la réalité du déploiement démarrera en septembre pour s’étaler jusqu’à décembre. C’est l’amiral français Jacques Launay, récemment démobilisé, qui assurera le commandement de cette mission. Cette nomination devrait avalisée demain (17 juillet) lors de la réunion du Comité politique et de sécurité (COPS). A suivre :-)

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La piraterie finance en partie le terrorisme des Al Shabab (Europol)

(BRUXELLES2 à Paris) Les enquêteurs d’Europol en sont (presque) sûr. « Pour le moment, nous n’avons pas de preuve matérielle mais un faisceau d’indices » explique Michel Quillé, le directeur adjoint d’Europol (*). « Une partie des rançons est utilisée pour financer des groupes terroristes dans la région. Des liens entre les entités Al Shabab et les pirates existent, c’est un lien fonctionnel et non hiérarchique. Si des groupes criminels peuvent lancer des opérations de piraterie à partir de zones contrôlées par les Al Shabab, c’est qu’il y a un modus vivendi, et ce modus vivendi se paie. »

Du crime très organisé

« La piraterie maritime n’est pas un phénomène isolé ou ponctuel. Nous avons affaire à des réseaux criminels et hiérarchisés comme dans d’autres domaines du crime organisé. La dimension “crime organisé” est bien présente ». Détecter les financiers, les organisateurs n’est pourtant pas facile. « Les difficultés sont nombreuses » précise Michel Quillé. « L’identification formelle des auteurs de ces faits, dans des zones où les autorités centrales, où les structures d’identification des individus ne sont pas solides, pose des problèmes. Il est également difficile de tracer des circuits financiers. Les rançons sont payées en espèces, divisées entre plusieurs acteurs, et réparties sur le champ (NB : donc sans énormément de traces). Les systèmes bancaires utilisés sont des systèmes informels. » Pour Europol, le travail passe beaucoup par les communications enregistrées qui permettent « d’identifier les réseaux et les structures ». Un travail de fourmi…

Une équipe permanente d’enquête

Depuis janvier 2010, Europol a ainsi mis en place un  fichier « Piracy » à la demande de plusieurs pays européens – France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas -. Cette base comprend aujourd’hui 21.000 items (les noms des suspects, des victimes, des numéros de Gsm…) – alimenté par les pays membres de l’organisation et les Etats avec qui elle a passé accord (Etats-Unis par exemple). « 50.000 liens ont été générés, avec des dizaines de pistes d’enquête ». Le « but est d’identifier les réseaux, les individus, les liens et les actions ». Une équipe commune d’enquêtes “Nemesis” a été constituée. C’est une première pour l’office de police européen car celle-ci est permanente et fonctionne au sein d’Europol. Sous direction d’un magistrat néerlandais, elle comprend une dizaine d’officiers néerlandais (dont certains du renseignement) et allemands, qui travaillent en lien avec les analystes de l’Agence.

Pas de base juridique

« Le nerf de la guerre : c’est le renseignement », insiste le responsable d’Europol. « Il faut améliorer la coordination au sein de l’Union européenne ». Certains pays ont des informations mais n’alimentent pas la base, a-t-il précisé sans nommer les pays (…) . « Il faut aussi améliorer l’échange d’informations avec les acteurs au plus près sur zone, par exemple la mission Eunavfor Atalanta…). Mais « malheureusement – note-t-il – il n’y a pas de base juridique pour un échange continu ».  Europol a des contacts organisés avec d’autres missions de la PSDC – comme la mission Eulex Kosovo. Et le haut policier de s’étonner : « pourquoi ne peut-on pas recevoir des informations de manière permanente avec Atalanta ». La question est à l’étude au niveau du Service européen d’action extérieure (SEAE). Et la question a été évoquée, très officiellement, au COPS tout récemment (début juillet). En attendant les échanges informels d’information se déroulent : ainsi les analystes d’Europol se déplacent régulièrement au QG d’Atalanta, à Northwood. Ou à l’inverse les militaires, marins et agents d’Eunavfor Atalanta se déplacent à Europol (une visite est ainsi prévue demain, mardi).

(*) Lors d’une conférence sur les capacités maritimes organisée, ce lundi, par la Direction des affaires stratégiques du ministère (français) de la défense et la présidence chypriote de l’UE.

 

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Un Italien à la tête de la force anti-pirates de l’UE

(BRUXELLES2) C’est le contre-amiral Enrico Credendino, actuel commandant du Groupe naval italien et de la force amphibie italo-espagnole, qui commandera la flotte de lutte anti-pirates (EUNAVFOR Atalanta) au large de l’Océan indien, à partir du 6 août. Il remplace ainsi le commandant de la flotte actuellement sur zone, le Français Jean-Baptiste Dupuis. NB : il s’agit de la rotation normale des commandants de flotte qui changent normalement tous les 4 mois.

Né à Turin en 1959, diplômé en sciences navale et maritime, et en sciences politiques, Enrico Credendino a commandé le navire de patrouille Spica (1992-1993), la frégate Maestrale (2000-2001), le premier escadron de patrouille (2001-2002), le destroyer Mimbelli (2006-2007). Il a également dirigé l’école de cadets de l’académie navale (2002-2007) et fait plusieurs passages à l’Etat-Major de la marine, d’abord comme officier chargé de la politique maritime (1999-2000), puis comme chef du service des alliances politiques (2008-2010) et comme adjoint au département planification (décembre 2010- juillet 2011).

Il a gravi tous les échelons de la marine italienne : enseigne en 1983, lieutenant junior en 1984, lieutenant de vaisseau (lieutenant) en 1988, capitaine de corvette (lieutenant commander) en 1994, capitaine de frégate (commander) en 1998, capitaine de vaisseau (captain) en 2004 et promu au grade contre-amiral (commodore) en juillet 2011.

Lire aussi : Piraterie : la France prend le commandement de la force Atalante

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Les approches dépassées des capacités européennes de défense. Un rapport du CESE

(BRUXELLES2) C’est plutôt rare que le Comité économique et social Européen (CESE) se penche sur les questions de défense. Cela a cependant été le cas cette semaine avec un rapport voté en plénière, jeudi (12 juillet), consacré à la nécessité de mettre en place une industrie de la défense européenne. Rapport qui fait en quelque sorte écho aux préoccupations exprimées également par le président du comité militaire de l’UE, Hakan Syren (lire : Il faut coopérer davantage, explique le général Syren qui dénonce les réticences des Etats). Rédigé par Joost van Iersel – un ancien député néerlandais (CDA – Chrétien-démocrate), président de la chambre de commerce de La Haye – ce rapport dénonce des approches “dépassées” des Etats membres et le risque certain d’un affaiblissement de la position européenne.

Une approche dépassée : la fragmentation et les surcapacités des Européens

LE CESE estime que plus que jamais la situation presse, «la position dominante du monde occidental est actuellement contestée aussi bien sur le plan économique que politique» au moment où les budgets de défense des pays émergents du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et des Etats-Unis continuent d’augmenter, le budget européen souffre des restrictions budgétaires. Ces pressions économiques nationales devraient trouver pour réponse une meilleure coordination au niveau européen, sans quoi une vive concurrence est à prévoir tant en matière de produits que de prix. «Des approches dépassées conduisent visiblement à l’augmentation de la fragmentation, à des disparités, à une surcapacité et à un manque d’interopérabilité dans les capacités de défense européenne».

Contradiction entre souveraineté nationale et partage

Certes reconnait l’institution, « il y a une contradiction entre la philosophie de la souveraineté nationale, d’une part, et les besoins financiers, technologiques, économiques et sociaux, de l’autre. » Et « les pressions extérieures ne sont apparemment pas encore suffisantes». Mais rester « attentiste » sur cette question ne ferait que « compliquer la remontée » dans le haut du peloton mondial. Des baisses d’investissements se «répercuteront sur une génération de chercheurs et d’employés qualifiés» et ce sera «un savoir faire qui s’évanouira.» L’aspect social du rapport met donc, en exergue, l’importance des 600.000 travailleurs qualifiés directs du secteur et ses 2 millions d’emplois indirects, dans des structures qui subissent des pressions de plus en plus fortes économiquement et pour lesquelles il faut éviter la fuite vers les pays tiers.

La recherche et développement, fer de lance d’une relance

Le Comité Economique et Social met aussi l’accent sur l’importance de la Recherche et du Développement, un secteur particulièrement sensible aux coupes budgétaires, alors que d’ores et déjà le budget de R&D dans l’UE arrive à peine à un cinquième du budget R&D américain. « La volonté persistante des Européens à demeurer dépendants des Américains en matière d’approvisionnement d’équipement de défense au lieu d’acheter en Europe » est critiqué. Si les bons résultats d’aujourd’hui ne font que répondre à des investissements d’il y a 25 ans, cette baisse d’engagements est d’autant plus importante qu’elle s’accompagne de coûts opérationnels identiques ou supérieurs (Libye, Afghanistan, piraterie).

Solutions pour sortir de l’impasse : le double usage.

Outre une meilleure organisation au niveau européen, l’un des remèdes proposés est de promouvoir autant que faire se peut la technologie «à double usage», car pour les membres du CESE «les armements de nouvelle génération ne doivent jamais être du seul ressort de l’industrie». Le bon exemple en la matière est à trouver dans le secteur de l’électronique. La Base Industrielle Technologique de Défense Européenne (BITDE) pourrait jouer son rôle dans la stimulation du double usage puisqu’ « elle permet des financements d’origine extérieure aux communautés de défense ». Un meilleur financement de R&D nécessitera aussi une meilleure « identification des capacités industrielles européennes (pour) promouvoir des productions européennes viables». Même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, le CESE voit là un bon potentiel instrumental dans la directive de 2009 sur les marchés publics de Défense. Sur le plan institutionnel, le rapport veut définir les intérêts stratégiques européens dans le cadre de la PESC, et donc partager les compétences nationales et européennes en mettant plus en avant le rôle de l’Agence européenne de défense ou de la Commission européenne, notamment dans le cadre de Stratégie de croissance Europe 2020.

Rapport dans les docs de B2

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