Un nouveau livre blanc français, avec une sensibilité européenne

L'Hotel de Brienne, siège du ministère de la défense (crédit : DICOD)

(BRUXELLES2) La rédaction d’un nouveau Livre blanc sur la Défense a été lancée à Paris, le 13 juillet, la veille de la fête nationale. « La succession des chocs financiers internationaux, les révolutions politiques et sociales dans le monde arabe, les inflexions de la politique étrangère des Etats-Unis, les interrogations sur l’Europe de la défense, l’apparition de nouvelles zones d’instabilité, ou les caractéristiques nouvelles des conflits et des crises auxquelles nous sommes confrontés doivent nous conduire à mener une réflexion rénovée et approfondie » écrit le président de la République à Guéhenno Jean-Marie Guéhenno qui présidera la commission du Livre Blanc.

Ce livre « devra prendre en compte l’objectif que j’ai fixé de relance de l’Europe de la défense ». Une « attention particulière devra être donnée à la perception qu’ont les Etats émergents du rapport entre leur puissance nouvelle et leur responsabilité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale, ainsi qu’à leur montée en puissance industrielle… ». Dans le même temps, une mission sur l’évaluation des suites de la décision, prise en 2009, de réintégration de la France dans les structures militaires de l’OTAN, qui devra rendre ses travaux le 31 octobre.

Cette commission comprendra un Allemand et un Britannique, des responsables des ministères de la Défense, des Affaires étrangères, de l’Économie, du Redressement productif, de l’Intérieur, des Outre-mer et de la Recherche, et du Parlement. On aurait pu souhaité puisqu’une inflexion était annoncée sur l’Europe de la défense, qu’un représentant de l’Union européenne soit en tant que telle présent parmi les 40 membres. Elle devrait rendre son rapport début 2013. Ce qui donnera le ton pour la future loi de programmation militaire de la période 2014-2019.

Télécharger : la Lettre de mission pour le Livre Blanc adressée par le président de la République à Jean-Marie Guéhenno

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La Syrie utilise des bombes gigognes selon Human Right Watch

La Syrie utilise des bombes gigognes selon Human Right Watch

(B2) L’ONG Human Right Watch (HRW) a accuseé le régime syrien d’utiliser des bombes gigognes soviétiques dans la région montagneuse près de Hama. Deux vidéos parues sur You Tube par un utilisateur présumé être un rebelle syrien, montrent les restes d’une bombe gigogne RBK250 ainsi que des sous-munitions AO-1Sch inexplosées. Un activiste local a confirmé à HRW que la région supposée où ont été tournées ces images, est sous bombardement continu de l’armée depuis deux semaines, suite au repli de groupes rebelles dans cette topographie difficile. NB : Une centaine d’Etats ont signé en 2010 une convention prohibant l’utilisation ou la fabrication de bombes gigognes. Ni la Syrie, ni la Russie ne font parties des signataires.

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Tarif revu à la baisse pour les marines néerlandais

équipes de commandos marine en formation VPD (crédit : marine néerlandaise)

(BRUXELLES2) La pression des armateurs a joué. Le ministre de la Défense, Hans Hillen, a accepte de revoir les tarifs de la protection des navires par les militaires de la Marine dans les zones à risques de l’Océan indien.

Trop cher, les Marines ?

Même s’ils reconnaissaient que la présence de fusiliers-marins à bord de leurs navires est la « meilleure garantie pour la sécurité du transport des marchandises dans les zones où sévissent les pirates », les armateurs estimaient que ce service (public) était beaucoup plus cher que celui de sociétés privées et qu’elle nuisait à la « compétitivité » du pavillon néerlandais. La contribution des armateurs pour ces équipes de détachement de protection des navires (VPD) sera ainsi réduite de 8.300 euros à 5.000 euros par jour. Ce qui met la facture « pour 14 jours de navigation, à 70.000 euros au lieu de 116.000 euros », a ainsi expliqué le Ministre dans une lettre envoyée aux armateurs et aux députés de la 2e chambre.

Cinq VPD déployés dans les trois derniers mois

Rappelons que les Pays-Bas n’ont pas autorisé les gardes armés privés à bord de navires battant leur pavillon préférant mettre à disposition des militaires pour les trajets sensibles. Selon un dernier bilan dressé par le ministre, la Défense a reçu dans ces trois derniers mois 17 demandes de la marine marchande. Une demande ne répondait pas aux critères établis : il s’agissait d’une demande d’assistance préventive sur une route bien en dehors de la zone où opèrent les pirates somaliens. 5 seulement ont donc été suivies d’un déploiement effectif de commandos marines à bord de ces navires :  le Vos Shine, de Singapour à Malte (du 11 avril au 5 mai) ; le Talisman, de Jebel Ali à Singapour (du 10 au 31 mai) ; le Tern de Singapour à Bahrein (du 6 au 20 juin) ; le Target de Sjarjah à Abu Zenima et retour (du 16 juin au 11 juillet) ; le Tern à nouveau, de Bahrein à Singapour (du 25 juin au 7 juillet). Cinq demandes ont été retirées parce que les propriétaires ont indiqué que le coût d’un VPD trop élevé étaient. Quatre autres demandes n’étaient pas retenues parce que le temps entre la réception de la demande et le début du déploiement de la VPD était trop court. Restaient ainsi 7 demandes correspondant en fait à cinq déploiements.

Une demande inférieure aux prévisions

La demande d’accompagnement est, en fait, inférieure à ce qui était prévu. Le budget de la défense pour 2012 prévoyait ainsi 23,4 millions d’euros pour le déploiement de VPD, dont 11,3 millions € pris en charge par les armateurs. Mais ce budget n’a pour l’instant été utilisé qu’à hauteur de 3,8 millions €, dont la moitié (1,6 millions) réglée par les armateurs. La Haye envisage ainsi le déploiement de 175 équipes VPD en 2013. Un chiffre à relater à la taille de la marine marchande néerlandais (1160 navires).

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Il faut coopérer davantage, explique le général Syren qui dénonce les réticences des Etats

H. Syren au Parlement (archives 2010 - Parlement européen)

(BRUXELLES2) Le président du comité militaire de l’UE, qui est aussi le conseiller militaire de la Haute représentante de l’UE, a fait en quelque sorte une intervention-bilan devant les députés de la sous-commission défense du Parlement européen, mercredi (11 juillet). Le général Håkan Syrén partira, en effet, en novembre. (Les eurodéputés songent d’ailleurs à organiser une ultime session avec lui en octobre). Pour ce partisan de l’Europe de la défense, il n’y a aujourd’hui pas d’autres moyens que de « renforcer la coopération en matière militaire » en Europe. C’est son intime conviction. Il faut selon lui faire fusionner les budgets, mais aussi les cultures, Etc. Un processus très lent. « Il faut faire preuve de patience, il faut que les consensus se dégagent ». La crise économique est un problème majeur. Mais il y aussi ce qu’il faut bien appeler un manque de volonté politique des Etats membres de coopérer, de rompre de vieilles habitudes. Un égoïsme habituel. Le général ne l’a pas prononcé mais il y a aussi certains corporatismes qui jouent à contre-courant…

La crise économique a un impact sur la politique extérieure de l’UE

Le service européen d’action extérieure (SEAE) « va jouer un rôle pro-actif ». Mais a-t-il avoué, « les défis sont supérieurs à ce que l’on pouvait s’attendre. Il y a eu la crise économique qui s’est étendue très largement. La PESC n’est plus la première priorité ». « Les actions ne suivent pas les engagements, car c’est plus facile à dire qu’à faire. Et les Etats ont aussi des capacités limitées. » « Certains engagements en ont rendu d’autres impossibles » a-t-il avoué, faisant référence à l’Afghanistan. Il reste à savoir ce qu’adviendra, par exemple, des proportions de l’OTAN après le retrait d’Afghanistan. Attention, cependant « la sécurité n’est pas quelque chose d’acquis ».

Ce n’est pas qu’un problème de budget, les Etats se dispersent trop, se referment sur eux-mêmes

Le général Syren est allé dans la « quasi totalité des Etats membres ». « J’ai une idée précise des difficultés. On demande toujours de faire plus avec moins ». Les opérations ont un coût élevé et «les coupes budgétaires ont rendu le problème plus visible ». «Le problème de fond, c’est que la défense coûte de plus en plus cher. Et on se disperse trop. Ce n’est pas seulement une histoire de sous ». Le budget cumulé des Etats membres correspond à 200 milliard par an, c’est un tiers du budget des USA, mais ceci étant, c’est aussi plus ou moins le même budget que celui des cinq grands (Chine, Inde, Russie, … ). « Il y a des possibilités d’amélioration, de meilleur rendement et donc de renforcer la coopération. » « Si les Etats membres pouvaient coordonner leurs violons, il y aurait de bons résultats ». « Il y a une contradiction – note le général. Lorsqu’un Etat membre fait l’objet de pression, si l’on coopère, les choses vont mieux. Mais généralement, on se referme sur soi-même lorsqu’il y a un problème. »

Penser à un autre niveau, c’est une question d’état d’esprit

Si les Etats membres veulent contrer la crise économique, la défense intelligente, le partage et la mutualisation, la coordination sont aussi des outils nécessaires. A l’image de la bonne coopération au niveau européen. Ainsi « l’Agence européenne de Défense travaille main dans la main avec le comité militaire. » « Maintenant, il faut penser à un autre niveau. C’est une question d’état d’esprit. Il faut insister avec un élan politique.» Le général Syren dénote cependant « des signes positifs » au sein de l’Union, une prise de conscience. C’est Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen qui, à Chicago au sommet de l’OTAN, se prononce pour une « Union (qui) se mobilise pour jouer un plus grand rôle », la Commission qui, préoccupée du morcellement stratégique, a créé une task force Défense. Et Hakan Syren d’enfoncer le clou :  « Ce n’est pas une question d’argent. L’enjeu est d’améliorer l’efficacité pour continuer de peser dans l’évolution des rapports de forces ».

L’UE, l’OTAN, des rôles différents durant la crise

Sur la répartition des rôles entre l’UE et l’OTAN, il a tracé une frontière. Selon lui, la force de la politique européenne de sécurité et de défense est d’être « précoce et donc préventive ». Par exemple, « à Kinshasa en 2006, la mission Artemis avec des forces assez spéciales a permis d’éviter, j’en suis sûr, un génocide. » Cependant, « si le conflit s’enflamme, là l’OTAN est vraiment l’organisation idoine. » Ensuite, « pour la reconstruction, l’UE a aussi la boîte à outils pour agir sur tous les aspects. » L’UE a également plus « de capacités en termes d’aide à l’évacuation ou d’aide humanitaire.» (…) La « valeur ajoutée » de la politique de sécurité et défense commune (PSDC) reste cependant sa capacité à « utiliser les capacités militaires et civiles de manière efficace » et l’approche globale est la « clé de voute » de la réussite de la PSDC. Les missions Atalanta (anti-pirates) et Nestor (renforcement des capacités maritimes) sont là pour en témoigner, comme « les pierres de touche de l’approche globale ».

(rédigé avec l’aide de D. Kerlouet qui a assisté à la réunion)

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