« Aidez-nous à nous débarrasser de ce régime » (Sabra). Le CNS demande des armes

Georges Sabra, jeudi soir, intervenant au Press Club Brussels Europe

(BRUXELLES2) Georges Sabra, porte-parole du Conseil national syrien (CNS), a exhorté (lors d’une intervention jeudi soir au Press Club Brussels Europe) l’Union européenne à davantage « soutenir le peuple (syrien) pour nous aider à nous débarrasser de ce régime qui commet des atrocités et installer un nouveau système dans le pays ». Pour cet opposant de la première heure, ancien communiste et chrétien (quelques détails sur l’Orient Le Jour), la première chose à faire est d’avoir « une mise en œuvre minutieuse et suivie des sanctions annoncées par les États européens de façon à ce que ce régime soit isolé, à ce qu’on puisse l’obliger à se soumettre à la communauté internationale ». Il dit attendre également « des États frères voisins pour faire pression aux Nations-Unies afin de voter une résolution sous le chapitre VII » permettant une intervention par la force.

Oui aux livraisons d’armes

Sur la question des livraisons d’armes à l’opposition, Georges Sabra ne tergiverse pas et dit : « Oui. Nous le souhaitons clairement ». Il a dénié toutes les remarques sur les dangers d’une intervention internationale. Une « intervention internationale ? Mais nous y sommes déjà. Nous assistons à une aide claire de la Russie, de la Chine de l’Iran en faveur du régime. Et nous attendons une autre intervention internationale, celle-là en faveur du peuple syrien ».

Plus d’espoir sur le Plan Annan

 « Le plan Annan a été accepté par toute l’opposition et toutes ses composantes. Mais ce plan ne marche pas. On ne peut plus attendre qu’il réussisse. Nous voulons maintenant une solution rapide, pour soutenir la révolution, qui dure depuis 15 mois. Nous voulons une intervention (internationale) pour soutenir le peuple syrien. (…) L’ALS n’attend qu’un signe (de Annan) pour reprendre la lutte. Nous voulons un soutien matériel, politique, médiatique de la communauté arabe pour soutenir le peuple syrien dans ses revendications ». Est-ce sur le modèle yémenite ou libyen qu’il souhaite une évolution de la Syrie ? « Ni l’un ni l’autre. Nous aimerions un modèle syrien, tout à fait syrien. »

L’opposition laminée durant des années

Quant à la désunion de l’opposition, il n’a pas fermé les yeux sur le problème. « Ce n’est pas un dysfonctionnement. L’opposition a toujours été laminée en Syrie. Mais ce qui est important est la révolution. » Quant à l’armée libre syrienne (ALS), elle est « fusionnelle avec le peuple civil, elle représente un seul corps face au régime en Syrie ».

Durant des années, les responsables de l’opposition ont, en effet, été victimes des pires traitements : « licenciements abusifs, interdiction de tout voyage à l’extérieur,… » quand ce n’était pas l’emprisonnement ou la mort.  G. Sabra, lui-même, était interdit de sortie « depuis 1979. La première fois où j’ai pu quitter mon pays, c’était à pied, il y a trois mois… »

Un pouvoir despotique détruisant la société

« La famille Assad n’a pas seulement accaparé et monopolisé le pouvoir mais aussi accaparé et monopolisé les ressources du pays. C’est un pouvoir despotique et totalitaire qui a fait de notre pays un pouvoir féodal, a totalement fait dysfonctionné nos institutions ». (…) Personne en Syrie ne craint la naissance d’une nouvelle Syrie si ce n’est la famille Assad et ses clients qui ont puisé les ressources, utilisé la peur, et la corruption. »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Commentaires fermés.