Un pilote syrien arrive en Jordanie. Américains et Français appellent les militaires à déserter

(BRUXELLES2) L’armée de l’air syrienne est en proie à des débats internes si on en croit la récente « désertion », hier (jeudi 21 juin), d’un colonel, Hassan Merï Hammadeh, qui, avec son avion Mig 21, s’est posé en Jordanie. Il est « considéré comme déserteur du service et a trahi sa patrie et son honneur militaire » indique l’agence (gouvernementale) syrienne Sana.

Pas un cas unique

Une désertion qui ne semble pas unique si on en croit les rapports parvenus aux occidentaux. « Dans les derniers jours, nous avons eu plusieurs défections de responsables de haut rang » a assuré ainsi vendredi la porte-parole du Département d’Etat, Barbara Nuland. « 2 généraux de brigade et deux colonel ont fait défection (jeudi) et rejoint l’opposition. » Ce « flux s’accélère et c’est une bonne chose ».  Et la diplomate américaine de confirmer – elle l’avait déjà fait il y a quelques semaines – un appel au refus d’obéissance on ne peut plus clair. « Cela fait des semaines que nous appelons les militaires à (agir) avec leurs consciences et rompre les liens avec Assad, de refuser les ordres et de refuser de participer à la violence qui est en cours».

Félicitation à Paris et appel au refus d’obéissance

Un peu plus tôt, le porte-parole du quai d’Orsay à Paris avait tenu un discours aussi dur à l’égard du régime. « La France se félicite de la défection du colonel Hassan Hammadeh et salue ce geste courageux. (Il) rejoint la liste des officiers, sous officiers et hommes du rang de l’armée syrienne qui depuis 15 mois sont de plus en plus nombreux  à faire le choix de la dignité et de la lutte pour la liberté face à la barbarie du régime syrien. La France invite les membres de l’armée et des forces de sécurité syriennes à accomplir leur devoir qui est d’abord celui de protéger le peuple et non pas de le réprimer dans le sang en exécutant les ordres criminels du régime.»

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«Thank you, EU» dit le Jakarta Post

(BRUXELLES2) Merci l’UE ! Le compliment barre l’éditorial du Jakarta Post dans son édition de fin mai dernier (lire ici). Et il est suffisamment rare pour être mentionné. L’UE est souvent raillé pour son manque de cohérence et de consistance en matière de politique étrangère, parfois à raison, parfois à tort.

L’éditorialiste du Jakarta Post tient ainsi à rendre publiquement hommage aux Européens pour avoir déployé la mission Aceh en Indonésie (mission d’observation du cessez-le-feu). « Du fond de nos cœurs, nous tenons à exprimer notre gratitude de l’Indonésie, les peuples et les dirigeants de l’UE pour son aide à Aceh, et pour les hommes et les femmes dévoués qui ont regagné un sentiment de sécurité et la confiance entre personnes qui avaient tant perdu. »

Bien sûr, il reste des progrès à faire : il faut notamment investir dans les jeunes générations, lutter contre la corruption, la pauvreté et le chômage. Mais « L’UE a assuré (ainsi) un rôle acceptable pour les parties en conflit, le gouvernement indonésien et le GAM. (…) Depuis, la guerre de trois dernières décennies, celle des balles, a été remplacée par les urnes électorales. »

La mission avait pour objectif de veiller à la mise en oeuvre de certains aspects de l’accord de paix  signé entre le gouvernement indonésien et le mouvement pour Aceh libre à Helsinki en août 2005. Les observateurs de l’Union européenne – auxquels étaient associés des observateurs de cinq pays asiatiques (Thaïlande, Malaisie, Brunei, Philippines et Singapour) ainsi que la Norvège et la Suisse – se sont déployés pour l’essentiel à partir du 15 septembre 2005 (une mission intérimaire avait déjà été déployée sur place). La mission a duré plus d’un an, jusqu’à décembre 2006. Mais l’essentiel du travail a été fait durant les deux premiers semestres. En tout il y avait environ 80 observateurs sous l’autorité de Pieter Feith (qu’on retrouvera plus tard dans d’autres postes de la PSDC et encore il y a peu à la tête de l’Office civil au Kosovo), effectif réduit à 36 à la fin de la mission.

(article rédigé avec l’aide de M.D.)

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