Pas assez de femmes dans les missions de maintien de la paix, comment faire ?

Formation effectuée par EUPOL en Afghanistan (crédit: SEAE)

(B2) Deux réunions d’experts ont lieu ainsi ces jeudi et vendredi autour de ce thème : les femmes dans les missions de maintien de la paix. Selon le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM), qui a réalisé une étude sur 24 missions de paix depuis 1992, il n’y aurait en effet que 7,6% de femmes parmi les négociateurs et 3,2% parmi les médiateurs internationaux dans ces missions de l’ONU. Et il n’y aurait qu’une faible amélioration depuis l’adoption de la résolution 1325 qui précise les règles en usage. Et, au niveau, de l’Union européenne, cela ne serait pas mieux…

Un « document opérationnel » (ici) a été adopté par le Conseil de l’Union européenne en 2008 afin de mettre en œuvre la résolution 1325 plus particulièrement dans le cadre de la PSDC. Il s’agit d’un document non contraignant, mais plutôt une feuille de route qui liste les moyens à mettre en place pour une meilleure intégration des femmes dans les missions PSDC, depuis leur planification jusqu’à leur évaluation, en passant bien sûr par leur déroulement. En 2009, un document du même type a été adopté qui se concentre plus précisément sur les missions de formation. De plus, la plupart des missions PSDC disposent désormais d’un expert Genre/Droits de l’Homme.

En savoir plus : la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU (le texte ici), complétée par la résolution 1820 (texte ici).

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A Florence, Eurofor ferme… dans l’indifférence

(BRUXELLES2) Le quartier général de la force européenne terrestre “Eurofor”, basé à Florence (en Italie) va fermer ses portes officiellement à compter du 2 juillet. Une fermeture assez attendue. Fondé en 1995 dans le cadre de l’Union de l’Europe occidentale, ce quartier général qui compte encore 82 militaires n’est plus vraiment l’outil opérationnel dont on rêvait. Ce que confirme explicitement un officier (espagnol). « L‘évolution de la politique commune de défense et de sécurité de l’Union européenne et la réduction des structures militaires de l’OTAN, comme l’adaptation de notre stratégie extérieure et les restrictions actuelles (budgétaires) nous amène à cette décision » explique-t-il.

Le Traité international signé entre les quatre pays fondateurs (Espagne, France, Italie, Portugal) a donc été dénoncé. Mais d’ores-et-déjà, une cérémonie de clôture aura lieu à Florence (Italie) en présence du chef d’Etat-Major espagnol – qui préside actuellement cette structure – et de représentants des pays fondateurs. L’Euroforce restera uniquement navale avec le quartier général maritime Euromarfor.

Commentaire : Dans un souci de rationalisation des effectifs, il parait nécessaire de ne pas garder des structures qui fonctionnent au ralenti (pour être gentil :-) ). La Cour des comptes avait d’ailleurs dénoncé il y a peu dans un rapport, le fonctionnement des corps européens dont l’utilité paraissait difficile à justifier au fil des années. En même temps, il n’aurait pas été inutile plutôt que de supprimer une structure d’aller jusqu’au bout de la logique qui la conduit et de choisir de venir renforcer les structures militaires de l’Europe de la défense que soutiennent trois des quatre pays membres d’Eurofor ; la France, l’Italie et l’Espagne ayant signé la “lettre de Weimar” sur le renforcement des structures européennes de gestion de crise. Pourquoi ainsi ce quartier général terrestre ne pouvait être apporté – sous une forme juridique appropriée (ad hoc, coopération renforcée…) à l’Etat-major européen ?

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La mission Eujust Lex en Irak prolongée jusqu’à fin 2013

Formation aux cadres de prison à Erbil (crédit : Eujust Lex)

(BRUXELLES2) La Mission européenne de renforcement de l’Etat de droit en Irak (EUJUST Lex) va poursuivre ses activités dans le pays jusqu’en décembre 2013. La décision a été approuvée hier (mercredi 13 juin) par les 27 ambassadeurs de l’UE réunis en Coreper.

Présence en Irak

Après avoir été longtemps localisée “off shore”, pour des raisons de sécurité — les formations étaient dispensées soit dans d’autres pays de la région soit en Europe —, les Européens sont maintenant présent non seulement à Bagdad mais a aussi des antennes à Bassora et a? Erbil (Kurdistan). Et le Premier ministre, Nouri al-Maliki, a confirmé à l’Union européenne que la mission EUjust Lex était “bienvenue” et a demandé son « soutien » pour soutenir le système de justice pénale irakien.

Statut diplomatique

La conclusion d’un SOMA – un accord sur le statut de la mission – n’est plus nécessaire dans le nouveau format du service diplomatique européen et des missions de la PeSDC et a été abandonné. Les experts européens déployés en Irak bénéficient ainsi « de la protection diplomatique », au même titre que les diplomates, présents à la Délégation de l’UE, et sont repris sur la liste de celle-ci, a précisé à B2 un expert du dossier. Cet arrangement évite ainsi le passage devant le parlement irakien pour l’approbation du SOMA, qui semblait poser problème.

Objectif : formation et échange d’expérience

L’action européenne est essentiellement centrée sur des formations. Un cours vient ainsi de se dérouler, début juin à Bagdad, pour les responsables de prisons (gouverneurs, gouverneurs adjoint et administrateurs principaux) sur la gestion des incidents graves : mise en place de plan d’urgence, gestion des incidents, respect des droits de l’homme, traitement des femmes… Une autre formation s’est déroulée à Erbil autour des détenus à haut risque et la gestion de la peine, avec la contribution d’un expert néerlandais. Les participants (tous des cadres de cette prison de la région kurde) ont été sensibilisés aux facteurs criminogènes (caractéristiques des délinquants liées au comportement criminel), à ‘évaluation des besoins et des risques, à la catégorisation des délinquants, …

Comme l’explique à B2 un des responsables de la mission « les gens peuvent être enclins à se demander que vient faire l’Union européenne « avec une mission de soi-disant “Etat de droit” ou ironiser en disant “quoi de plus ennuyeux que d’essayer lentement d’éduquer et de former les juges irakiens, les officiers de police et des directeurs de prison”… ce serait, en fait, passer à côté de la réalité. Dans ce qui est encore un pays ravagé par les conflits, les experts que nous envoyons avec leurs expériences permettent à leurs homologues irakiens de prendre en main les rênes de leur destin, et ainsi peu à peu d’élever les standards de la justice irakienne à un niveau respectueux des normes internationalement reconnues. »

Au bilan, 500 cours, 5000 personnels formés

Entamée en juillet 2005, EUJUST LEX-Irak est dirigée par le Brigadier-général hongrois László Huszar – qui a été directeur général de l’administration pénitentiaire hongrois – et Jonas Westerlund, son adjoint, un diplomate suédois. Elle comprend 53 personnes, réparties en trois équipes fonctionnelles: une équipe “judiciaire”, menée par un procureur bulgare (Anton Girginov) ; une équipe “police”, dirigée par un policier britannique ; et une équipe “prisons”, conduite par un agent de la pénitentiaire britannique, ainsi que le commandement et un élément de soutien. Malgré toutes les difficultés du début, notamment les conditions de sécurité “difficile”, les Européens ont formé, au cours des sept dernières années, 5069 participants du Service pénal irakien (ICS), de la magistrature et de la police lors de presque 500 cours (492 cours exactement).

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