Les Néerlandais mettent le paquet sur le renseignement et sur Ocean Shield

(BRUXELLES2) Le Parlement néerlandais a accepté hier (mardi 12 juin) un engagement plus fort des Pays-Bas dans l’opération anti-piraterie de l’OTAN, Ocean Shield. L’opération de l’UE, Atalanta, à quant-à-elle été jugée « controversée », par les parlementaires néerlandais, du fait de son nouveau mandat étendu aux côtes somaliennes, et devra donc être discutée après les élections en septembre.

Pour Ocean Shield, les Pays-Bas vont donc envoyer le Hr. Ms. Rotterdam, un navire de transport amphibie, doté de deux hélicoptères Cougars et d’un drone. A bord du navire également une unité spéciale d’infanterie de marine pour permettre d’effectuer les opérations de contrôle et de libération. Un sous-marin va également rejoindre la mission dans le seconde moitié de l’année. Ce qui permettra d’accroitre la fonction de « renseignement » sur zone, précise le ministère de la Défense. Coût de cet engagement supplémentaire : 13 millions d’euros.

Sécurité privée : toujours non

Le Ministre de la Défense, Hans Hillen, s’est prononcé contre l’utilisation de firmes de sécurité privée pour les équipes de protection embarquées (VPD). Malgré les coûts supplémentaires, il a déclaré que « toutes les forces armées doivent être sous la responsabilité de l’Etat afin d’assurer la précision et des mesures proportionnelles » rapporte nos confrères de la radio néerlandaise. Un point de vue qui ne surprendra pas car il confirme une position déjà prise et défendue dans le passé.

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L’Irlande pardonne à ses « déserteurs ». Enfin…

Signe "EIRE" inscrit sur le sol Irlandais dans le Donegal afin d'informer les bombardiers de la neutralité de l'Irlande (source: wikipédia)

(BRUXELLES2) Il a fallu presque 70 ans après la fin de la seconde guerre mondiale pour que l’Irlande accorde officiellement son pardon aux « déserteurs ». Le gouvernement irlandais a en effet annoncé hier (mardi 12 juin), sa décision d’absoudre ses soldiersqui avaient quitté l’armée irlandaise pour rejoindre l’armée britannique et combattre, aux cotés des alliés, des déserts africains jusqu’à la jungle de Birmanie en passant par les plages de Normandie.

« Au nom de l’Etat, le gouvernement s’excuse de la manière dont ces membres des Forces de la Défense qui sont partis pour combattre aux côtés des Alliés durant la Seconde Guerre Mondiale, de 1939 à 1945, ont été traités après la Guerre par l’Etat » a ainsi affirmé le Ministre de la Défense, de la Justice et de l’Egalité irlandais, Alan Shetter, s’exprimant devant le parlement.

A l’époque, l’Irlande était neutre dans ce conflit mais quelques 5000 soldats avaient décidé de « déserter », non pas pour fuir le combat mais, au contraire, pour le continuer, aux côtés des britanniques et des autres alliés. A la fin de la guerre, en revenant chez eux, ils ont eu la mauvaise surprise d’avoir été déclarés « traîtres » et « déserteurs ». Pire, ils se sont vus inscrits sur une sorte de liste noire officielle, leur interdisant toute embauche dans les services publics, ainsi que tout accès, pour eux et leurs familles, aux services sociaux (chômage, retraite, pensions en cas de mort de leur compagne, etc) et ce, pendant sept ans. Mais outre les aspects matériels, c’est la stigmatisation comme traîtres à leur patrie qui a été une longue humiliation pour ces soldats, qui ailleurs, auraient sûrement été considérés comme des héros.

L’Irlande, en effet, avait décidé de rester neutre, affirmant que c’était là le seul moyen de garantir la pérennité de l’indépendance vis-à-vis du voisin britannique. Ayant encore en tête le souvenir de la Guerre Civile et la répression brutale et « vicieuse » menée par Londres, le gouvernement irlandais voyait d’un très mauvais œil une quelconque alliance avec l’ancien colon. Ce qui permet de « comprendre » la position du gouvernement irlandais pendant longtemps (mais bien sûr, est-il besoin de le rappeler, « comprendre n’est pas justifier »). Si ce pardon ne change pas l’Histoire, il permet aux vétérans et à leurs familles, qui ont mené campagne pour ce pardon, de rétablir une forme de justice en faisant reconnaître officiellement le rôle joué par ces soldats durant la guerre. Et de passer à autre chose. Aujourd’hui il ne reste plus qu’une centaine de ces vétérans.

Pour lire ou écouter un témoignage, ici. La déclaration du gouvernement, c’est la.

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Le Ministre français de la Défense en tournée européenne

le ministre Le Drian avec son homologue de Singapour Lee Hsien Loong aux rencontres de Shangri-La (crédit : ministère de la Défense/ECPAD/R.Pellegrino)

(BRUXELLES2) C’est un des objectifs de Jean-Yvs Le Drian, le nouveau ministre français de la Défense : l’Europe. Il faut « renforcer par tous moyens la convergence européenne » comme le précise un de ses conseillers. Cela passe par des rencontres intuitue personae avec ses homologues non seulement pour les connaître mais aussi pour voir ce qui peut être fait ensemble, au niveau politique comme industriel. Premier chantier, les accords de Lancaster (signés avec le Royaume-Uni) pour voir, chapitre par chapitre, ce qui peut être ouvert à d’autres partenaires (Nb : à condition que les Britanniques le veulent bien !). Deuxième chantier : étudier tous les champs de coopération possibles et ouvrir d’autres partenariats bilatéraux. Troisième chantier : l’industrie. Il faut « faire jouer à l’Etat le rôle d’impulseur au service de convergences européennes ou de projets bilatéraux » précise ainsi un de ses collaborateurs.

La Finlande (d’abord) l’Italie, l’Allemagne, le Royaume-Uni ensuite, Bruxelles et Varsovie après

Profitant  vendredi , Jean-Yves Le Drian a ainsi profité d’un déplacement à Helsinki — au titre de la CRPM (la conférence des régions de la périphérie maritime) qu’il présidait jusqu’ici — pour voir son homologue finlandais, Stefan Wallin (*). Au menu : la politique de défense et sécurité commune de l’UE et quelques sujets d’actualité comme la Syrie et le Liban. La Finlande est particulièrement impliquée dans la mission de l’ONU en Syrie (Misnus) étant un des seuls pays européens à avoir délégué un certain nombre d’observateurs.

D’autres rencontres sont prévues dans les jours prochains avec des partenaires (davantage « clés » pour la France). Ainsi une réunion de travail est programmée avec le ministre Italien Di Paola, en marge des cérémonies du 18 juin à Paris. Puis ce sera une visite à Berlin, pour voir Thomas de Maizière. Objectif : recoller les morceaux avec un partenaire allemand qui se sent un peu négligé par sa « maitresse française » un peu volage :-) . Puis, le 2 juillet à Londres, pour faire un point d’étape des accords de Lancaster House, et tester la « réelle » volonté britannique d’aller plus loin, après la décision d’abandonner tout espoir de coopération pour les aéronefs embarqués sur les navires portes-avions.

Un déplacement à Bruxelles est aussi en préparation, mais aucune date n’est pas encore définitive. Et une rencontre avec le ministre polonais de la Défense est aussi dans les cartons. L’objectif est pour le nouveau ministre d’avoir pu discuter, de façon personnelle et approfondie, avec plusieurs de ses interlocuteurs avant la réunion informelle des ministres de la Défense à Chypre, fin septembre.

Européen jusqu’au fin de l’Asie

Côté doctrine, le ministre semble avoir un peu abandonné l’antienne de l’Identité européenne de défense. Un concept plus adapté au sommet de l’OTAN à Chiacgo, concède-t-on du côté du Ministre, et auquel semblait tenir Leon Panetta, le secrétaire d’Etat de la Défense. Un point de vue assez logique, vu l’historique de ce concept (B2 y reviendra). Le ministre mentionne aujourd’hui davantage l’Union européenne ou l’Europe de la défense. Ce qui n’est purement du langage chez ce Breton attaché à ses convictions européennes (je peux en attester!). Le Drian était ainsi un des seuls ministres du continent présent à Singapour pour le Dialogue de Shandri-La, début juin. Et il a mentionné à plusieurs reprises l’action de l’Union européenne dans l’opération anti-piraterie comme lors du tsunami ou des opérations de secours de catastrophe. « La sécurité de l’Asie est également la clé de la sécurité de l’Europe - a-t-il conclu lors de son propos introductif. « L’Asie-Pacifique et notamment le Sud Est asiatique sont pour nous, Français, et pour nous Européens, partie intégrante de notre environnement de sécurité. » Télécharger le discours

(*) Le ministre finlandais qui quitte ses fonctions très bientôt, lire : Helsinki change de ministre de la Défense bientôt (accès abonnés)

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