La mission EUAVSEC au Sud Soudan lancée (maj2)

le jour de l'indépendance du Sud Soudan (crédit : ONU)

(BRUXELLES2 – mis à jour) Le Conseil des ministres de la Justice n’a pas réussi à approuver jeudi (7 juin) le lancement de la mission de sécurisation de l’aéroport de Juba au Sud-Soudan. Mission dénommée « EUAVSEC South Sudan ». Il n’y a pas encore de surnom. Si vous avez une idée, pour un surnom un peu sexy que ces quelques lettres, n’hésitez pas… 🙂

(Mis à jour ven 8 juin) Ce point devait figurer à l’ordre du jour du Conseil en point A (sans discussion). Mais il a dû être retiré au dernier moment. Plusieurs Etats membres ont, en effet, posé des réserves parlementaires. Ces réserves sont purement « formelles », estime-t-on au service diplomatique européen (SEAE). « Nous ne nous attendons à aucune objection sur la substance » m’a-t-on ainsi précisé. Mais elles retardent, quelque peu, l’adoption de cette décision qui devrait ainsi « figurer à l’un des prochains conseils ». La semaine prochaine peut-être.

(Mis à jour, lun 18 juin) C’est finalement le Conseil des ministres de l’Agriculture qui a adopté la décision de lancement de EUAVSEC Sud Soudan. Les Etats ayant levé leur réserve parlementaire. Le recrutement de l’équipe se poursuit. Lire aussi : La mission EUAVSEC au Sud Soudan approuvée par les 27

Sécuriser l’aéroport de Juba selon des normes internationales

Euavsec sera une mission civile de la PeSDC et aura trois objectifs. Tout d’abord, assurer la sûreté de l’aéroport contre les risques externes (terrorisme, drogues…). Il ne s’agit pas de faire de la sécurité aérienne (navigabilité…). L’enjeu n’est pas négligeable. Il s’agit d’éviter que cet aéroport – qui ambitionne d’être un aéroport de niveau international – ne devienne une porte d’entrée pour d’éventuels terroristes ou trafics en tout genre. Ensuite, il faut former les personnels et les guider dans leur mission quotidienne (la mission n’aura cependant pas de « mandat exécutif », c’est-à-dire que ce sont les Sud-Soudanais qui seront toujours en charge de la sécurité, les Européens n’intervenant à leurs côtés qu’en soutien). Enfin, des experts européens seront placés auprès de l’autorité aéroportuaire et du ministère des transports sud-soudanais afin d’aider à mettre en place et codifier les différentes règles de sûreté (mission de conseil et d’assistance).

Mission préliminaire

Une première équipe de 6-8 personnes, précurseurs, devrait être déployée sur le terrain d’ici la fin juillet. Et l’ensemble du personnel devrait suivre par vagues successives entre septembre et décembre. Ce qui permettra d’atteindre à la fin de l’année la pleine capacité opérationnelle. A ce stade, il devrait y avoir 64 personnes – 43 experts européens et 21 locaux- Le budget sera de 12,5 millions d’euros. La durée de la mission est prévue pour une période initiale de 19 mois, incluant une phase préparatoire et de développement de 7 mois maximum.

Le quartier général de la mission sera situé à Juba. C’est le chef de mission (qui reste à nommer) qui sera directement et pleinement responsable du contrôle et du commandement (C2) de la mission sur le théâtre, sous l’autorité du commandant des opérations civiles de l’UE à Bruxelles, H. Haber. Les Etats membres devront ainsi transférer le contrôle opérationnel (OpCon) de leurs personnels qu’ils vont détacher pour cette mission. Une partie des personnels sera, en effet, recrutée sous forme de détachement des Etats membres, l’autre partie par contrat direct conclu par l’UE (c’est assez classique !).

Une mission préparée depuis plus d’un an

Le Sud-Soudan a vu sa reconnaissance entérinée par l’ONU par la résolution du Conseil de sécurité 1996, adoptée le 8 juillet 2011, qui crée dans le même temps une mission – la Mission d’assistance des Nations Unies en République du Sud-Soudan (MANURSS) – dotée au maximum de 7 000 militaires et 900 policiers, ayant pour mandat de « consolider la paix et la sécurité« , d’aider à établir des conditions propices au développement dans la République du Sud-Soudan et de « renforcer la capacité du Gouvernement d’administrer efficacement et démocratiquement le pays » (lire le texte de la résolution).

Coté européen, les 27 avaient adopté dès le 20 juin une approche générale sur l’indépendance du nouvel Etat, envisageant le déploiement d’une mission de la PeSDC pour renforcer la sécurité autour de l’aéroport, et dans un second temps d’avoir une mission étendue à la gestion des frontières du Sud-Soudan. Le concept de gestion de crises (CMC) de la mission a été approuvée le 23 janvier 2012, après une invitation officielle du ministre sud-soudanais des transports adressée à la Haute représentante de l’UE, souhaitant la bienvenue à une mission de l’Union européenne.

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