Un pilier européen dans l’OTAN. Une idée qui chemine (D. Reynders)

(BRUXELLES2 à Chicago) L’idée a été proposée par plusieurs ministres des Affaires étrangères européens, dimanche soir lors du diner ministériel de l’Alliance atlantique à Chicago. Mettre en place un pilier européen au sein de l’OTAN serait « logique » pour des pays comme l’Allemagne, la France, l’Italie et ceux du Benelux. Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères belge nous l’a confirmé, lors d’un entretien à B2. « Avec plusieurs pays – l’Allemagne, la France, le Benelux (l’Italie également), nous avons plaidé pour le renforcement de la coopération européenne qui soit un pilier au sein de l’Alliance, pour renforcer également la collaboration au sein de l’Union européenne. »

Pourquoi maintenant ?

Didier Reynders • Il faut bien voir que le premier partenariat au sein de l’Alliance est le partenariat euro-atlantique. 77% du total est financé par les Américains, ceux-ci qui vont réduire leurs dépenses, nous aussi. On a peut-être grâce à ce climat budgétaire, une chance de relancer vraiment la coopération en Europe. Mais plus que des simples collaborations entre pays, une véritable défense européenne. Ce serait un pilier européen de l’OTAN.

Les Américains y sont favorables ?

D.R. • Il y a une évolution. Par le passé, les Américains n’étaient pas toujours entièrement favorables à cette idée. C’est vrai, Aujourd’hui, l’évolution budgétaire des deux côtés de l’Atlantique fait probablement qu’ils y sont beaucoup plus sensibles. L’évolution avec d’autres partenariats, aussi, dans ce sens. Si l’OTAN a d’autres partenariats avec d’autres régions du monde, alors il est important d’avoir un vrai pilier européen de défense (au sein de l’organisation).

Comment vous voyez cette collaboration prendre place ?

D.R. • Il faudrait d’abord passer par des collaborations entre Etats. Et, petit à petit, aller ensuite vers une intégration réelle des armées européennes. On n’en est pas encore là, bien entendu ; on sait qu’il y a beaucoup d’étapes à franchir. Mais l’évolution est rapide. Tous les collègues autour de la table allaient dans ce sens, hier. Peut-être un peu moins les Britanniques. Encore que, il y a nombre de programmes menés avec les Britanniques.

Arrivera-t-on à un NAC (un conseil de l’Alliance) européen au sein de l’Alliance ?

D.R. (Rires) Je ferai peut-être une carte blanche sur le sujet. Mais ce n’est pas encore le jour…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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