En Roumanie, un général à la défense, un prof de philosophie aux Affaires étrangères

(BRUXELLES2) Après la chute du gouvernement de centre-droit dirigé par Mihai Razvan Ungureanu, sur fond d’austérité, un nouveau gouvernement de centre-gauche cette fois a été constitué dirigé par Victor Ponta, jeune procureur de 39 ans et chef du parti social-démocrate. De nouvelles têtes font ainsi leur apparition à la Défense et aux Affaires étrangères. Mais pas aux Affaires européennes. La personnalité du nouveau ministre de la Défense, un général, est cependant fort critiquée en Roumanie. Car l’homme a un passé… NB : On peut remarquer que c’est, en Europe, le second général, en quelques mois à arriver à la tête d’un ministère de la Défense, après l’Italie et le général Di Paola. Décidément, ca devient un réflexe en temps de crise. 🙂

Défense : Corneliu Dobritoiu est nommé ministre de la Défense.

Il est membre du Parti national libéral PNL. Général de l’armée, il a occupé plusieurs postes de responsabilité au ministère de la Défense. Né en 1955, à Bucarest, diplômé de l’Académie des forces terrestres « Nicolae B?lcescu » à Sibiu et de l’Académie des études militaires à Bucarest, Dobritoiu a été très impliqué dans les structures de l’OTAN et dans le rapprochement de son pays avec l’Alliance atlantique. Il a commencé à travailler dans les structures du ministère de la Défense en 1994, d’abord comme expert sur l’analyse politique et militaire. Entre 1998 et 2000, il travaille à l’état-major militaire international de l’OTAN à la Direction de la coopération et de la sécurité régional. A son retour en Roumanie, il devient chef de l’intégration euro-atlantique et des relations internationales du ministère de la Défense (2000-2004). Il suit les cours du collège de l’OTAN à Rome en 2004 et est secrétaire d’État adjoint du Ministère de la Défense et chef de l’intégration euro-atlantique et la politique de défense, puis en 2006 chef du département pour la politique de défense et de la planification du ministère. Il occupe même durant un court interlude (quelques semaines) à l’automne 2006 le poste de vice-ministre de la Défense, après que Teodor Athanasiu ait été suspendu de son poste par le président Traian Basescu. Il devient en janvier 2009 secrétaire d’Etat à la Défense, responsable du Département de l’armement. Il est promu au grade de général de brigade (1 étoile) en décembre 2002, obtient sa 2e étoile en décembre 2004, sa troisième étoile en 2006.

Il est marié et père de deux enfants. Et c’est là où le bat blesse. Le problème – à en croire la presse roumaine (lire ici) – est qu’il n’est pas tout blanc. Il a ainsi  été impliqué dans les années 2000 dans l’affaire d’achat de biens immobiliers consentis à des officiers supérieurs à des prix très bas. Il aurait ainsi acheté en 2005 un appartement de 115 mètres carrés à Bucarest pour un prix établi (un an plus tard) à 26.000 euros, revendu un an plus tard, 8 fois plus : 200.000 euros. Belle pirouette. Sa femme est active dans des sociétés, notamment TMS România filiale d’une société belge, qui vend des pièces de rechange pour camions et la machinerie utilisés dans la construction, et a reçu plusieurs contrats de l’Etat, notamment avec la Société nationale des autoroutes et routes nationales (CNADNR) en 2008-2012. Idem pour son fils et sa fille également dans les affaires.

Affaires étrangères : Andrei Margaar

Professeur de philosophie et ancien recteur de l’Université Babes-Bolyai de Cluj, ancien ministre de l’Education (1997-2000), Margaar n’a pas vraiment d’expérience de la diplomatie. Il est membre du Parti national libéral PNL.

Affaires européennes : Leonard Orban

Pas de changement. Ministre dans le gouvernement sortant, il reste à son poste. Orban a été commissaire européen chargé du multilinguisme et était le chef négociateur pour la Roumanie lors de son accession à l’Union européenne.