Au Mali, comme un gout d’amertume

(BRUXELLES2, opinion) Ce qui se passe au Mali actuellement a tellement un goût de prévisible qu’on ne peut en retenir une certaine amertume. Il était certain qu’en infligeant une défaite aux partisans du Colonel Kadhafi et en laissant en 2011 la frontière de la Libye, poreuse, les transferts d’armes s’y feraient rapidement. C’est ainsi une erreur grossière, à mon sens, des stratèges de l’OTAN comme de l’UE, de ne pas avoir eu assez de volonté politique pour déployer sur cette frontière, une mission d’observation, à même de noter et contrôler les mouvements d’hommes comme de matériels. Il est également certain qu’en laissant traîner une opération PSDC au Sahel, on n’a pas vraiment arrangé le circuit. Certains esprits prudents jaugeront sans doute que « heureusement, l’Union européenne n’a pas été trop vite ». Elle « se trouverait en première ligne aujourd’hui ». Certes… D’autres esprits plus audacieux pourront estimer qu’en ayant une action plus déterminée, et plus rapide, alors que cela fait bientôt deux ans qu’on « étudie » l’opportunité d’une mission européenne dans la région… Un gachis !

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).