Pas de retrait accéléré pour les Britanniques sauf si…

Des soldats de la brigade de reconnaissance (BRF) embarquent dans un hélicoptère Chinook (Crédit: Ministère de la Défense britannique, 2012)

(B2) 500 soldats britanniques devraient rentrer cette année à la maison, selon le calendrier prévisionnel du ministère de la Défense. Et 1500 rentreront à la maison l’année prochaine (2013). Il n’y a donc pas de retrait accéléré des troupes britanniques avant 2014. Début 2013, il devrait y avoir encore 9000 militaires de sa Royale Majesté sur place, essentiellement dans la province de Helmand. Ce n’est qu’à la fin 2014, que les effectifs décroitront de façon importante, ne laissant « que » 1500 hommes, pour encadrer, former et soutenir l’armée afghane.

La date exacte décidée à Chicago … ou Washington

Selon le commandement britannique en Afghanistan, qui ont tenu un « briefing » à l’intention de nos collègues à Londres, ce serait d’ailleurs « de la folie » de partir avant que les troupes afghanes soient en position de prendre le relais. Les ministres, qui se prononcent à l’occasion d’une session de leur National Security Council semblent a priori sur la même ligne, malgré une opinion publique de plus en plus sceptique.

La grande phase de retrait devrait avoir lieu, a priori, en septembre 2014. Mais cela peut encore changer: « l’option que nous prendrons dépendra des Etats-Unis » avoue une source du ministère de la Défense au quotidien « The Guardian ». Tout dépend donc d’Obama. Si les USA décident de réduire leurs effectifs plus rapidement que prévu, le départ des Britanniques serait également envisageable pour avril 2014.

La Sandhurst afghane

Qui dit retrait… ne dit pas retrait total mais retrait uniquement des unités combattantes. Le rôle de combat direct sera transféré aux afghans, en partie, en 2013 ; totalement à partir de mi-2014. Les 1500 membres de l’armée britannique ne seront plus normalement là que pour former et soutenir l’armée afghane. Le ministre de la Défense, Philip Hammond, était d’ailleurs en visite à Kaboul, fin mars, notamment pour signer un accord de coopération avec le général Mohammad Karimi, chef du personnel de l’armée afghane. Un accord qui vise à soutenir la nouvelle académie de formation des officiers afghans, surnommée « Sandhurst in the sand » en référence à la célèbre Académie Royale britannique de Sandhurst, cette école qui a formé le général Karimi… C’était dans les années 1960. Encore en construction, à Quarga, à l’ouest de Kaboul, trois quart des instructeurs étrangers devraient y être britanniques.