La lutte anti-piraterie doit se concentrer sur les commanditaires (Royal Navy)

Réunion du 23e Shade sous présidence Eunavfor (Crédit : US Navy / 1st Class Cynthia Z. De Leon/Released)

(BRUXELLES2) La dernière réunion du SHADE (*), le système de partage d’informations sur la piraterie, montre l’ampleur prise par la lutte contre la piraterie. On ne se réunit plus aujourd’hui autour d’une petite table. Pas moins de 145 délégués des forces navales, des autorités officiels ou de l’industrie maritime, étaient réunies à Bahrein sur la base américaine qui héberge traditionnellement ce dispositif. En fait à peu près tous les pays actifs ou concernés par la piraterie sont représentés (Chinois, Russes y compris, sauf les Iraniens). La réunion était présidée par un officier supérieur d’Eunavfor, le captain Phil Haslam, de la Royal Navy.

Ne pas se réjouir trop vite…

Les esprits étaient ouvertement optimistes : on a ainsi pu se réjouir de la baisse des prises par les pirates somaliens et de la posture plus agressive des forces navales. Même s’il y a eu de « nettes améliorations dans la dissuasion de la piraterie depuis le dernière réunion » a tenu cependant à avertir le Commodore Simon Ancona, également de la Royal Navy, et commandant adjoint de la CTF (la coalition sous impulsion américaine), a invité « à la prudence » et à ne pas relâcher les efforts. « Si nous relâchons la pression, le problème va ressurgir demain. » Pour avoir « un effet à long terme, il faut aussi viser les promoteurs et les commanditaires de la piraterie » a-t-il ajouté.

(*) A ne pas confondre avec le Shape, le quartier général des Alliés en Europe. Le Shade se réunit environ tous les trois mois pour renforcer la coopération et mieux coordonner les différentes forces navales en action dans l’Océan indien et dans le Golfe d’Aden, partager les informations sur les nouveaux modes d’action pirates et convenir de nouveaux types d’actions pour les contrer. Il permet notamment de coordonner entre les forces présentes, les différentes escortes tout au long du couloir international protégé (IRTC) dans le Golfe d’Aden.

NB : Ces informations nous ont été fournies par la CTF. Heureusement que les Américains sont toujours là pour nous informer sur les activités des Européens… Yes we can ! La communication du QG d’Eunavfor Atalanta est, pour l’instant, quasi-exclusivement consacrée à la presse britannique ou basée à Londres. Ce qui est, à notre sens, plus qu’une faute de goût, une erreur magistrale de communication comme un vice de fonctionnement de l’opération vis-à-vis des médias.

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