Daily Archives: 15 mars 2012

1 an de répression en Syrie, l’UE appelle à une enquête sur les crimes contre l’humanité

(B2) L’Union européenne a, par la voie de la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, adressé un message de « soutien » au peuple syrien dans « leur lutte pour la liberté, les droits de l’homme et la démocratie en ce jour anniversaire de l’insurrection ».

Pas d’impunité pour les auteurs de crimes

La Haute représentante a appelé à une « enquête complète sur les conclusions de la Commission internationale indépendante d’enquête sur la Syrie, qui a révélé que des crimes contre l’humanité et autres violations flagrantes des droits de l’homme avaient été commis par le régime. » « Il ne peut y avoir d’impunité pour les auteurs de ces crimes présumés » poursuit la Haute représentante. « Les récentes allégations de l’utilisation de mines antipersonnel sur les frontières de la Turquie et le Liban sont une autre cause de grave préoccupation qui exigent une enquête immédiate. »

L’armée syrienne doit se retirer des villes assiégées

Une nouvelle fois, les autorités européennes ont condamné les violences « fermement la poursuite des attaques brutales par le régime syrien, en particulier dans les villes de Idlib et Deraa. La répression a atteint des niveaux de violence inqualifiables. » Et l’UE d’enjoindre le régime syrien de coopérer avec les autorités internationales et de laisser le libre accès aux organisations humanitaires. « Le régime syrien a besoin de continuer à collaborer et de coopérer pleinement avec Kofi Annan. Il est vital de mettre fin immédiatement à l’assassinat de civils, de retirer l’armée syrienne des villes assiégées, et de s’engager dans une transition pacifique pour le bien de la population syrienne. Il doit permettre l’accès humanitaire, immédiat et sans entraves, aux personnes dans le besoin. »

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Les discussions avec l’Iran, en avril

(BRUXELLES2) Le dialogue semble enfin s’enclencher avec l’Iran. Mais la reprise des pourparlers ne pourrait pas se produire avant avril, selon un diplomate européen. La directrice des affaires politiques du SEAE (Helga Schmid),  qui suit particulièrement le dossier iranien est actuellement en pourparlers avec son équivalent iranien pour déterminer le lieu de la réunion, sa date, son format ainsi que les sujets mis à l’ordre du jour et le rythme de discussion.

Mais les Européens ne comptent pas relâcher la pression. Ils continuent d’affiner leur processus de sanctions contre la république islamique, que ce soient celles liées à la poursuite du programme nucléaire ou au respect des droits de l’Homme. les 27 ont déjà décidé, jeudi (15 mars), d’interdire « la fourniture de services spécialisés de messagerie financière aux personnes et entités faisant l’objet d’un gel des avoirs ».

Le mécanisme des courriers s’était enclenché début mars. Après plusieurs mois d’attente, le négociateur iranien, le Dr. Jalili’s, a répondu à la Haute représentante de l’UE, le 14 février, pour lui exprimer le désir de l’Iran de reprendre les négociations mentionnant pour la première fois expressément la question nucléaire. La Haute représentante a alors répondu le 6 mars (lire la lettre ici), et commenté cet échange en « espérant que l’Iran entrera maintenant dans un processus soutenu d’un dialogue constructif qui aboutira à de réels progrès pour résoudre les préoccupations continues de la communauté internationale sur le programme nucléaire ».

Un C-130 Hercules norvégien disparu des écrans radars (Maj5). Crash et décès confirmés

(BRUXELLES2) Un avion de transport C-130 J Hercules des forces norvégiennes qui avait décollé de Glasgow avec 5 officiers à bord a disparu des écrans radars au-dessus de la Suède vers 14h53, selon les premières informations diffusées par le ministère de la défense. Il devait atterrir à Kiruna en Suède une heure plus tard. Il était à vide et devrait récupérer du personnel et du matériel.

Une trace a été localisée sur le mont Kebnekaise, le point culminant de la Suède (plus de 2000 m.). On dénombre 5 disparus, vraisemblablement décédés (1 femme et 4 hommes). Les noms ont été diffusés sur le site du ministère de la Défense. Aucun signal de détresse n’a été reçu, ce qui fait craindre le pire. « Je suis très inquiet » a déclaré dans un communiqué Barth Eide, le ministre norvégien de la Défense. Les recherches sont rendues compliquées par les mauvaises conditions météorologiques dans la région, avec des vents importants soufflant à 15 m. la seconde, la visibilité sur la zone est quasiment nulle ont relaté des sauveteurs. L’avion était quasiment neuf et participait à l’exercice Cold Response 2012 qui se déroule jusqu’au 20 mars dans le grand nord norvégien et auquel participe 16.000 soldats environ de l’OTAN dont des Français, des Belges et des Canadiens.

D’importants moyens ont été mobilisés pour localiser les officiers : 2 avions F16 norvégiens, 2 hélicoptères Merlin danois, 1 hélicoptère de sauvetage suédois et 1 hélicoptère de la police suédoise, et 1 hélicoptère norvégien de sauvetage Sea King , un avion de patrouille P3 Orion et un C-130 Hercules américain.

(Maj1 – jeudi soir) précisions météorologiques et sur l’exercice Cold Response

(Maj2 – vendredi matin et soir) La trace « chaude » repérée par le P3 Orion jeudi n’a pas pour l’instant pas donné de résultats, selon les informations diffusées par le ministère norvégien de la Défense, vendredi matin. Les équipes au sol ont, très tôt, « vérifié la position sans rien trouver ». Une équipe de 37 personnes reste mobilisée sur place. Les hélicoptères suédois sont sur le terrain désormais, « en attendant une meilleure météo » tandis que l’hélicoptère norvégien « a tenté de rallier la zone de recherche » qui est d’environ 10 kms 2 (5 km sur 2). Deux débris provenant d’un avion ont été repérés et photographiés par une équipe suédoise de sauvetage sur glaciers : notamment une sangle velcro et un objet rembourré semblant provenir d’un siège d’avion, imbibé de kérosène.

(Maj3 – samedi matin) Les recherches ont repris dès 5 heures du matin avec au sol, 100 militaires et 20 sauveteurs de montagne. En l’air, une dizaine d’aéronefs : 4 hélicoptères Bell 412 norvégiens relayés ensuite par 1 Hélicoptère SeaKing et 1 Super Puma suédois avec 1 avion d’observation P3 Orion et 1 Awacs britannique a aussi été mobilisé.

(Maj4 – samedi matin) L’épave a été localisée par une équipe norvégienne. Elle est éparpillée sur une vaste zone du glacier Rabots à l’ouest entre le nord et le sommet sud de Kebnekaise., très difficile d’accès.

(Maj 5 – dimanche matin) L’épave désormais localisée ne laisse plus de doute sur le sort des 5 membres d’équipage du C-130 (4 hommes, 1 femme), une cérémonie d’hommage a lieu dimanche à13h sur la basé aérienne militaire de Glasgow en présence de toutes les forces participantes à l’exercice Cold Response et du Roi de Norvège, Harald.

La Commission mise sur les gardes privés mais refuse l’auto-régulation

Des députés du PDL très spectacles avec leurs beaux tee-shirt mais avec des arguments assez limités (crédit : Parlement européen)

(BRUXELLES2) C’est le commissaire Piebalgs qui était de permanence au Parlement européen, mercredi, faisant face aux eurodéputés sur la piraterie maritime. Pour tout dire, il n’avait pas le rôle facile. La question de l’emprisonnement des militaires italiens en Inde avait fait monté la tension d’un cran. Et, tout d’un coup, plusieurs députés découvraient le phénomène de la piraterie. Ils sont ainsi parfois tombés à bras raccourcis sur la Haute représentante de l’UE, coupable de tous les maux, à commencer de ne pas être là, ou sur l’opération militaire Atalanta. Avec une certaine mauvaise foi et ignorance des données basiques, je dois dire. Certains députés citaient des chiffres fantaisistes de marins retenus en otages par les pirates : 600 pour l’un ! (les fiches préparées devaient dater quelque peu). D’autres pointaient du doigt les militaires comme une cause du dérapage, confondant les causes et les remèdes.  Etc…

La découverte de la solidarité

Les députés Italiens ont été particulièrement actifs lors du débat. Certains (ceux du PDL, le parti de la liberté de Berlusconi) portaient un tee shirt blanc « soutien à nos pirates ». Même la présidente de séance, Roberta Angelilli, portait un tee shirt de soutien aux deux militaires retenus en otage, avec l’inscription  « a fianco de maro » (aux cotés de Maro) ; ce qui est plutôt rare d’ordinaire pour une présidence. Il est assez remarquable de voir ces députés réclamer la solidarité européenne, solidarité qu’ils semblent soudain découvrir : je n’ai pas souvenir d’avoir vu un engagement majeur de l’Italie, sous Berlusconi, dans l’opération européenne Eunavfor Atalanta, où les navires italiens ont été plutôt rares.

Le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, qui s’exprimait au nom de la Haute représentante, retenue à Bruxelles, s’est voulu rassurant sur le sort des militaires emprisonnés en Inde : « Dès le début nous avons été en contact constant avec le gouvernement italien à ce sujet. Suite à la demande de l’Italie pour aider, l’UE a soulevé la question avec les autorités indiennes, à la fois à Bruxelles et à New Delhi, en encourageant un résultat positif dès que possible. » a-t-il expliqué faisant référence également à la rencontre entre la Haute Représentante Cathy Ashton et le Premier ministre, Mario Monti.

De Correen à Geoffrey…

Le débat a parfois été surréaliste. Passons sur l’eurodéputée néerlandaise Coreen Wortmann-Kool (PPE) qui veut qu’on « aille frapper les pirates à terre » et « demande à Commission d’avoir recours à des forces spéciales » ! Vous imaginez les hélicoptères des forces spéciales décoller du toit du Berlaymont, direction la Somalie. :-) Je ne résiste pas non plus à l’envie de citer ce bon Geoffrey Van Orden (tory britannique) qui, fidèle à ses attachements, a enjoint les Européens à s’occuper du « civil » uniquement. « L’UE a des ambitions militaires. Mais elle devrait laisser faire les professionnels, c’est-à-dire l’Otan, ceux qui savent » a-t-il lâché, précisant que « 80% des pirates arrêtés l’avaient été par l’OTAN ». La délicatesse, la justesse, l’exactitude même… Un débat sur l’Europe, sans Geoffrey, ne sera jamais un débat. :-) Michael Gahler (CDU-PPE/Allemagne) lui a répliqué : qu’il est « mieux que l’UE reste engagée. Des pays comme l’Inde, la Chine, la Russie travaillent mieux avec l’UE que l’Otan, c’est un fait ! ».

Des questions toujours sans réponse

Plus sérieusement, certains eurodéputés ont abordé la question de la protection des navires. Et on retrouve là la dichotomie entre protection militaire et protection privée, avec la même problématique aujourd’hui, soulevée par l’Inde : Quel degré de réponse avoir ? Comment éviter l’escalade ? Comment obtenir un accord international sur la question ? Comment contrôler les sociétés privées ? Comment poursuivre les pirates ? On peut égrener les questions restées sans réponse depuis 4 ans… « Sans aucun doute, des pas significatifs qui ont été franchis » a résumé Georgios Koumoutsakos, député grec de Neo Democratia (PPE). « Mais nous attendons davantage de la Commission européenne. L’Union européenne doit agir de façon davantage efficace et plus cohérente » explique-t-il. « Une menace commune nécessite une réponse commune. C’est aussi une question de volonté politique » a-t-il ajouté.

La position de la Haute représentante : distinguer gardes privés et militaires

« C’est clair », a expliqué Andris Piebalgs, le commissaire européen au Développement, « Nous devons remettre cette question dans le contexte plus large de notre coopération en matière de lutte contre la piraterie. Nous avons besoin de voir quelles leçons nous pouvons tirer pour éviter que ce type d’incidents ne se reproduise. (…) Nous devons faire la distinction dans cette affaire entre les forces de sécurité des États membres protégeant les navires marchands et l’utilisation de sociétés privées de gardes armés à bord des navires commerciaux et même des bateaux de pêche. En raison de l’immensité de la zone maritime, où les pirates somaliens opèrent maintenant, et les ressources navales disponibles pour protéger cette route maritime, qui sont limitées, le secteur n’a pas eu d’autre choix que de se tourner vers les services fournis par le personnel de sécurité armés sous contrat à bord des navires transitant par les zones à haut risque. »

Peu de confiance dans l’auto régulation

Pour le commissaire Piebalgs, « l’Organisation maritime internationale a déjà abordé cette question et a publié des recommandations provisoires. Mais, comme la piraterie ne semble pas trouver une solution à court terme, ce sujet doit être abordé en profondeur. Nous ne sommes pas à l’aise avec l’idée d’auto-régulation de ce nouveau business compte tenu des risques de ce type d’activité, pouvant conduire à l’usage meurtrier de la force. Nous pensons que l’OMI est l’organisme international qui devrait aboutir à l’élaboration de règles plus strictes, et notamment d’un instrument obligatoire. » « L’UE ne trouvera de réponse durable toute seule ».

Une solution qui n’a pas reçu l’aval d’aucun député. « L’OMI est paralysée, il faut prendre plus d’initiative au niveau européen, voila ce que nous en attendons ! » a expliqué Mathieu Grosch (PPE/Cdh, Belgique), résumant l’opinion qui semblait assez consensuelle sur ce point. Face à la « multiplication des sociétés privés. il faut veiller aux abus possibles » précise Nathalie Griesbeck (ALDE/Modem, France) « Qui les contrôle ? Quelles sont leurs prérogatives ? (…) Que proposez vous ? ».

D’autres questions sans réponses

Le commissaire n’a cependant pas répondu à un certain nombre de questions précises des eurodéputés, notamment le manque de moyens de l’opération d’Atalanta : la baisse des navires engagés par les Etats membres est préoccupante. Il faut « revoir le mécanisme de financement de l’opération Atalanta » propose Maria-Eleni Koppa (S&D, Grèce), « renforcer les moyens militaires pour protéger nos marins (…) et mettre un terme à cette impunité généralisée en appliquant la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, sans quoi ATALANTA ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau! », souligne Dominique Vlasto (PPE/UMP, France). Il faut un « cadre militaire et juridique pour combattre la piraterie ».

« Les gardes privés ne sont pas une solution face à la piraterie …tant qu’on ne règle pas la question de la gouvernance » a sermonné Ana Gomes (S&D, Portugal). Il faut travailler directement avec les entités fédérées de Somalie « comme le Puntland. (…) L’UE doit laisser tomber le GFT qui n’a d’existence que par l’Ethiopie ».

Moyens financiers reconduits

Le commissaire a promis de reconduire certaines mesures en cours : outre les 100 millions promis par l’UE pour l’Amisom, l’aide humanitaire et l’aide au développement, des mesures de soutien aux pays de la région sont en cours, avec le déblocage d’environ 40 millions d’euros de soutien supplémentaire « en cours d’examen ». De la même façon, le programme régional de surveillance pour les pays de l’ouest de l’océan Indien – fort de 10 millions d’euros de 2007 à 2011 – « va être renouvelé ». Quant au programme des routes maritimes critiques (7,6 millions €), financé au titre de l’Instrument de stabilité depuis 2009, il permet, entre autres, la mise en œuvre du Code régional de conduite de Djibouti.

Lire également : Le Parlement apostrophe les institutions sur la piraterie : que faites-vous ?

Speech de A. Piebalgs : dans les Docs de B2

La MIC déclenchée après les explosions à Brazzaville

La Commissaire chargée de la réaction aux crises, Kristalina Georgieva, sur le site des explosions à Mpila, Brazzaville (crédit: Commission Européenne)

(B2) Ça y est, le Mécanisme européen de Protection Civile a été activé pour assister le Congo, après les explosions du 4 mars dernier à Brazzaville qui ont causé la mort de plus de 200 personnes. Cette activation permet notamment de débloquer un financement européen pour les experts envoyés sur place.

L’Union européenne va ainsi envoyer une équipe de 3 experts de la protection civile pour « évaluer les capacités des servies d’urgence de la République du Congo et assister le gouvernement dans sa gestion des conséquences de cette catastrophe », selon la lettre de mission officielle. Parallèlement, 2 experts humanitaires sont déjà sur place. L’UE collabore également avec l’ONU dans le cadre de la mission déployée sur place afin d’analyser les besoins environnementaux, notamment en termes de stabilité des bâtiments, avec une attention particulière portée sur les écoles et les hôpitaux. Cette mission dispose d’un expert de l’UE et trois de l’ONU.

En outre, l’UE a décidé d’augmenter son aide financière, en débloquant 1,25 million d’euros (en plus des 200.000 de la semaine dernière). Une aide qui sera transférée aux organisations « partenaires sur le terrain »: la Fédération Internationale de la Croix Rouge (IFRC) pour ce qui concerne l’assainissement de l’eau, les soins et les abris, et le Mining Advisory Group (MAG), une ONG britannique, pour le déminage et de la sécurité des lieux.

Lire également : Explosions dans un stock de munitions au Congo. L’Europe prête à faire plus

La défense en danger… à Helsinki

(B2) C’est le sens d’une interview accordée par le ministre finlandais de la Défense, M. Stefan Wallin, au quotidien Helsingin Sanomat. Durant cette législature, il y a un risque sur la capacité de défense de la Finlande. « Un risque (…) pris en connaissance de cause » explique-t-il. Le commandant des forces armées, le général Puheloinen, avait déjà affirmé qu’en raison des économies, la Finlande prend un risque quant à ses performances militaires. Tout en affirmant que le résultat du sondage révélant le mécontentement des officiers ne l’a pas surpris, le ministre de la Défense promet de se pencher sur les critiques des officiers. Le président de la commission parlementaire de défense, Jussi Niinistö (vrais Finlandais), estime que la critique des officiers est justifiée.


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