La mission européenne en Libye d’assistance à la sécurité. Il faut aller vite (Ana Gomes)

un check point en Libye lors de la visite de la délégation du parlement européen (crédit : PE / Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Ana Gomes, qui a participé à la visite des « Cinq » en Libye, que j’ai rencontrée dans les couloirs du Parlement européen abonde dans le sens d’Arnaud Danjean sur la nécessité d’aider « très vite » les Libyens à restructurer leur force de sécurité (lire : De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?).

Les milices, un facteur de sécurité

Il existe des plans pour avoir une police de 25.000 hommes et une armée de 25.000 hommes également. « c‘est bien ». Mais cela prendra du temps. Il faut agir maintenant » explique-t-elle. Quant à supprimer les milices, ce n’est tout simplement pas possible. « Les milices armées sont aujourd’hui le seul facteur de sécurité. Cela peut apparaître paradoxal. Mais c’est la réalité. En même temps, ces mêmes milices peuvent aussi être sources d’insécurité, tout simplement car elles sont elles-mêmes insécurisées sur leur avenir ; elles ne sont pas toutes payées. Etc »

Les Libyens demandeurs

Pour l’eurodéputée portugaise socialiste, il est donc plus qu’urgent d’aider les Libyens à construire leur propre force de sécurité. « Ils ont besoin de nous. Ce n’est pas comme les Egyptiens, les Libyens nous le demandent. Nous ne pouvons avoir des missions qui se rendent sur le terrain puis rentrent. Je viens de l’expliquer à Pierre Vimont (Nb : le responsable du service diplomatique européen). Il faut avoir des gens sur place. Des spécialistes qui, dans chaque administration – là où le veulent les Libyens -, constituent des « task forces » pour structurer ces forces de sécurité, entraîner les hommes. Il faut le faire de façon rapide. » Catherine Ashton, la Haute représentante, doit prendre une initiative forte sur le sujet, et rapidement.

Non à la fermeture du bureau de Benghazi

L’eurodéputée souligne enfin combien ce serait une « bêtise de fermer le bureau de liaison technique à Benghazi. » L’homme qui le dirige a acquis une véritable expertise. « Il a tissé des liens, connait tout le monde » dans cette Libye nouvelle.

Lire également : Le chef de bureau de liaison à Benghazi nommé

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).