L’armée syrienne doit se retirer des villes assiégées (C. Ashton)

(B2) Après la mort de la journaliste du Sunday Times, Marie Colvin, et du photographe français, Rémi Ochlik, et d’autres victimes civiles, dans le même secteur où était mort hier le journaliste syrien indépendant, Ramy al-Sayed, la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a tenu à exprimer, dans une déclaration communiquée à la presse sa consternation « sur la situation en Syrie, et en particulier dans la ville de Homs, où le régime continue sa répression brutale et les attaques contre la population civile. »« L’escalade de la violence dans le pays doit être immédiatement s’arrêter » a-t-elle ajouté. Et « la liberté d’expression doit être garantie et la presse autorisée à s’acquitter de son rôle vital de fournir une information indépendante sur les événements en Syrie sans craindre la violence ou la répression. »

C. Ashton a aussi appelé « l’armée syrienne à mettre immédiatement fin aux tueries et se retirer des villes assiégées. Les autorités syriennes doivent permettre un accès complet et sans entrave du personnel humanitaire des organisations internationales humanitaires pour la délivrance rapide de l’aide humanitaire aux personnes en ayant besoin. » Nb : Un langage relativement ferme et plutôt inhabituel dans la bouche de la diplomate en chef de l’UE.

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De nouvelles sanctions sur la Syrie, moins importantes que prévues ?

(BRUXELLES2) Les 27 ambassadeurs du Comité politique et de sécurité n’ont, finalement, pas réussi à se mettre d’accord sur toute la palette de sanctions prévues contre la Syrie. Les ambassadeurs du Coreper doivent encore se prononcer sur la question ce jeudi (23 février). Entre les deux, les évènements à Homs, notamment avec la mort de deux journalistes — un Français et une Américaine travaillant un quotidien britannique — pourraient changer la donne et conduire à durcir le ton, en particulier à Paris comme à Londres.

Les 27 ministres des Affaires étrangères devraient déjà lundi (27 février) bien prendre la décision de geler les avoirs de la Banque centrale syrienne et d’interdire les transactions sur l’or, les métaux précieux et les diamants que l’institution officielle mène sur les marchés mondiaux. Cette interdiction engloberait – si j’ai bien compris :-) – les transactions menées directement ou par un intermédiaire (ce qui est souvent le cas) mais pas les transactions privées. Parallèlement, la « liste noire » de l’Union européenne devrait s’enrichir de 7 nouveaux noms, qui se verraient interdire de visas et de gels des avoirs.

Embargo sur le fret aérien

Ils devraient aussi interdire le fret aérien, en provenance de Syrie, s’il est assuré par des compagnies syriennes et à destination de l’Union européenne. Le transit de passagers restera possible, en revanche (par fret, on entend les marchandises. Il suffirait alors que l’avion comporte des passagers pour ne pas être interdit, mais pourra-t-il alors débarquer sa marchandise…). Cette mesure n’est cependant pas accompagnée de mesures de force – interdiction de survol, faute de résolution des Nations-Unies en ce sens.

Pas d’interdiction des phosphates

En revanche, l’interdiction de l’importation de minerais de phosphates syriens s’est heurtée à la réalité économique. La Syrie figure dans le top 10 des producteurs de phosphates. Et plusieurs pays européens dépendent de ces importations sans alternative immédiate possible. La Grèce notamment a demandé que soit retirée cette mesure.

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L’opération Atalanta prolongée jusqu’à 2014. Possible extension aux plages (Maj3)

L’opération Atalanta prolongée jusqu’à 2014. Possible extension aux plages (Maj3)

(BRUXELLES2) Les ministres des Affaires étrangères devraient entériner, lundi (27 février), la prolongation de l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta pour deux ans supplémentaires, jusqu’à décembre 2014. Cette décision a été discutée au dernier Comité politique et de sécurité, mardi (21 février). Et nul n’y a fait objection. C’est d’ailleurs le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, qui a, le premier, confirmé officiellement cette nouvelle lors de sa rencontre hier avec le premier ministre somalien Abdiweli Mohamed Ali. « Une opération qui a prouvé son succès pour combattre la piraterie» a-t-il ajouté devant la presse. NB : Un petit crochepied au passage aux règles institutionnelles qui illustre bien la faiblesse de la Haute représentante actuelle.

Télécharger le texte des conclusions

Extension sur les plages

En revanche, l’extension de la zone géographique de l’opération, vers la terre somalienne, notamment les plages pour viser les bases pirates, n’a pas encore pu être formellement approuvée. D’une part, elle se heurtait toujours aux réticences d’un pays, l’Allemagne. Berlin craint d’être entraîné dans des opérations qui ne sont pas prévues dans le mandat autorisé par le Bundestag – la consultation du Parlement est une obligation constitutionnelle en Allemagne pour toute mission extérieure – alors qu’il s’est engagé à mettre à disposition de l’opération européenne un ou deux navires en permanence. Cette difficulté pourrait, au besoin, être résolue par un ‘caveat‘ formel de Berlin posé au commandant de l’opération.

Selon un diplomate ayant participé aux discussions et joint par B2, il « n’y aurait plus actuellement d’objection d’un Etat membre (Nb : Allemagne, Espagne). Un accord s’est fait sur ce point le 20 décembre ». D’autre part, cet engagement supplémentaire nécessite une autorisation du gouvernement somalien. Sur ce point, les discussions sont déjà engagées. Les 27 sont tombés d’accord « dès le 20 décembre ». Mais il a fallu « un peu de temps à la Haute représentante pour traduire cet accord dans les actes ». La Haute représentante, Catherine Ashton, a ainsi adressé, lundi (20 février), une lettre aux autorités somaliennes pour requérir cette autorisation qui doit – conformément à la résolution 1851- être transmise ensuite au secrétaire général de l’ONU. Une lettre dont B2 a pu prendre connaissance.

Camp de pirates au Puntland (crédit : Eunavfor)

 

Lettre adressée aux autorisées somaliennes

« En dépit de tous nos efforts, les pirates continue de se réjouir d’un certain sens d’impunité, avec une balance risques/avantages qui (peut) pencher en leur faveur » écrit la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. « Il est évident que la piraterie continue de bénéficier de facilités avec une chaîne de dépôts logistiques établis le long des côtes somaliennes. Si ce phénomène continue, il aura de sévères conséquences pour la population et les économies de la région comme pour le trafic maritime international dans la Corne de l’Afrique et l’Océan indien ».

« Nous considérons qu’une action plus robuste pourrait inclure la destruction de l’attirail de piraterie trouvé dans les dépôts logistiques disposés sur le territoire côtier somalien ». Ces actions seront « concentrées sur des lieux isolés et fixés, reconnus comme directement responsables pour la piraterie ». L’Union européenne – précise-t-elle – « n’entreprendra de telles actions qu’en « usant de la force nécessaire et proportionnée, et selon des modalités qui respectent avec les règles des droits de l’homme et du droit international humanitaire » et à condition que « l’autorité de l’administration locale (ne soit pas) sapée » par cette action.

Ce faisant, la missive demande au gouvernement fédéral de transition de bien vouloir autoriser l’UE à « agir (…) dans la zone côtière et son espace aérien (…) dans le but de prévenir et réprimer les actes de piraterie ». NB : selon un expert consulté par B2, « il ne s’agirait en aucun cas d’envoyer des troupes à terre mais à partir de navires, de pouvoir atteindre les dépôts logistiques qui sont à terre » donc par tir, roquette ou missile. » Sur l’emploi de moyens aériens (type hélicoptères), notre interlocuteur reste plus évasif.

(Mis à jour : texte de la lettre – traduit – + détails sur la discussion des 27 – texte des conclusions sur la prolongation d’Atalanta)

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Les Polonais prolongent en Afghanistan

(crédit : ministère polonais de la Défense)

(B2) Le gouvernement polonais en a décidé ainsi. Il souhaite prolonger la mission du contingent militaire polonais en Afghanistan et a adressé la demande formelle au président. L’engagement actuel se terminait le 13 avril, l’objectif est de la prolonger jusqu’au 13 octobre. Le contingent aura une taille sensiblement équivalente, avec un maximum de 2500 soldats, et une réserve disponible en Pologne de 200 personnels, mobilisables si nécessaire, selon l’agence polonaise PAP qui donne l’information. Coût de l’engagement supplémentaire : 503 millions de zlotys (environ 123 millions d’euros).

Le contingent polonais est basé dans la province de Ghazni, avec notamment la protection de la route Kaboul-Kandahar et Ghazni. A l’automne, le ministère polonais de la Défense devrait décider la réduction du contingent, suivant en cela le mouvement général déclenché par les Américains de retrait des forces d’Afghanistan, qui doit être achevé d’ici à 2014. Les forces de combat devraient progressivement diminuer jusqu’à ne compter qu’environ 1000 personnes.

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L’accès au nord du Kosovo, un gros problème pour la mission EULEX

(crédit : Eulex)

(BRUXELLES2) Que ce soit en matière de police, de justice ou de surveillance des frontières, la mise en place des barrages sur les routes au nord du Kosovo a considérablement gêné les activités de la mission européenne « Etat de droit » (Eulex) au nord du Kosovo et tout espoir de normalisation rapide. « Les barrages routiers érigés dans l’ensemble du nord du Kosovo depuis juillet 2011 continuent à empêcher les membres d’EULEX de se rendre par la route dans le nord du territoire, ce qui compromet la capacité de la Mission de faire appliquer la loi au nord de l’Ibër/Ibar » écrit Xavier Bout de Marnhac, le chef de la mission Eulex, dans un rapport remis au Secrétaire général de l’ONU fin janvier. Un constat également partagé par le chef de la MINUK et Ban Ki Moon lui-même dans son rapport au Conseil de sécurité.

Barrages sur les routes, frontières inutilisées et routes de contournement

A la fin de l’année 2010, « les Serbes du nord du Kosovo ont maintenu et renforcé les barrières qu’ils avaient disposées aux postes frontière 1 et 31, et mis en place de nouvelles barrières le long d’autres routes afin de protester contre la présence d’agents des douanes et de membres de la police des frontières du Kosovo ». Ils ont également « amélioré les routes de contournement qui sont de plus en plus fréquemment utilisées par les véhicules ». La KFOR en a fermé certaines et en surveille d’autres destinées aux véhicules de moins de 3,5 tonnes. Mais, « en raison de la nature montagneuse du terrain, elle n’est pas en mesure de surveiller toutes les routes et tous les points de passage non autorisés. »

Diminution des activités de police et de justice

Ces barrages ont un effet très concret sur les activités européennes de rétablissement de l’Etat de droit. « Les activités de supervision, d’encadrement et de conseil de la Mission (EULEX) à l’endroit de la police du Kosovo au nord de l’Ibër/Ibar ont notablement diminué, car la police d’EULEX n’a pas pu se rendre auprès de ses homologues locaux du fait des restrictions mises à sa liberté de mouvement. Cette diminution des relations entre EULEX et les responsables policiers du Kosovo compromet des relations professionnelles pourtant essentielles. »

Face à la « difficulté de se déplacer de la Mission dans le nord du Kosovo, il a fallu diminuer considérablement le nombre de procès se déroulant au tribunal de district de Mitrovica. La Mission a finalement épuisé toutes les possibilités d’acheminer le personnel judiciaire jusqu’au tribunal, ce qui a amené à retarder plusieurs procès inscrits au rôle. » Dans ces conditions, l’accès à la justice, dans le nord du Kosovo, est « pratiquement réduit à rien ».

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Plus de 8000 tués, dont plus de 500 enfants, en Syrie

(BRUXELLES2) 8317 personnes, dont 559 enfants, ont été tuées en Syrie, depuis le début des violences il y a un an en mars 2011, selon l’office satellitaire de l’ONU (UNSOSAT) qui diffuse de nouvelles données. La plupart des personnes tuées sont des hommes (7499) et l’ont été à Homs (près de 3000 personnes tuées) et Hama (plus de 1000 tués). Ces chiffres sont issus de « sources publiques », avertit cependant l’organisation internationale et « n’ont pas été vérifiées sur le terrain ».

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Ukraine et Moldavie ouvrent un poste-frontière commun

Le poste commun sera géré selon les normes européennes (Crédit : EUBAM Moldova Ukraine)

(BRUXELLES2) Le poste-frontière de Briceni-Rossoshany – entre Moldavie et Ukraine – sera, à partir d’aujourd’hui (22 février), géré en commun par les gardes frontières et douanes des deux pays, selon les normes européennes (type Schengen) ! Ce projet-pilote est le premier du genre, initié et soutenu par les douaniers de la mission européenne EUBAM (assistance à la gestion des frontières) déployée en Moldavie et en Ukraine.

La phase-test va durer six mois. Au cours de ces six mois, l’entrée et le contrôle de sortie sera menée sur le territoire de l’Ukraine, à Rossoshany. Et les procédures de la garde-frontière et les services douaniers de la Moldavie et l’Ukraine seront unifiés, simplifiée et optimisée. Les auteurs de ce projet espèrent que le temps nécessaire pour traverser la frontière pour les voyageurs et les marchandises sera « considérablement réduit », avec une utilisation « plus efficace » des ressources humaines et techniques, éviter les duplications.

Pour en arriver là, il fallu plusieurs années de travail aux experts deux pays réunis dans un groupe de travail mené par EUBAM. Un protocole JoBCP avait été signé par les services des gardes-frontières et des douanes des deux pays, en décembre 2011 ; et le document final opérationnel le 7 Février. Si l’expérience s’avère positive, l’expérience pourrait étendue à d’autres postes entre les deux pays.

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