Le ‘La Motte-Piquet’ dans le détroit d’Ormuz avec une task force américaine

(crédit : Lamotte Piquet / SIRPA Marine)

(BRUXELLES2) Alors que les Européens ont approuvé des sanctions financières et pétrolières contre l’Iran (lire : La Banque centrale iranienne dans le viseur des 27), une flotille composée de six navires de guerre, américains, britannique et … français, est entrée dans le Détroit d’Ormuz dans la nuit de dimanche (22 janvier).

Au centre du dispositif, le porte-avions USS Abraham Lincoln, capable d’embarquer jusqu’à 90 avions, accompagné du croiseur lance-missiles USS Cape Saint George, et de deux autres destroyers US. La frégate de Type 23 de la Royal Navy, HMS Argyll, les a rejoint, ainsi qu’un navire français, le La Motte-Piquet, selon nos informations. Objectif de ce déploiement : s’assurer que le détroit reste ouvert à la circulation internationale mai aussi d’adresser un signe clair à l’Iran. Les responsables militaires tentent d’atténuer cet effet. Ainsi le groupe est entré, de nuit, dans le détroit, et de façon discrète.

Laisser ouvert la circulation

La frégate anti-sous-marine qui est partie pour une mission de 4 mois dans l’Océan Indien et le Golfe, dans le cadre de la lutte anti-piraterie (Eunavfor Atalanta) et contre le terrorisme (Enduring Freedom) ne participe cependant pas à la task-force américaine ou un quelconque déploiement a tenu à préciser à B2 le porte-parole des armées françaises (DICOD). Pour le colonel Thierry Burkhard, en effet, le « Lamotte-Piquet a transité dans un cadre assez habituel dans cette zone arabo-persique. Et, il s’est naturellement coordonné avec les marines alliées, comme il le fait dans d’autres zones » . Une coordination nécessaire : la configuration des lieux et le déploiement dans une « bulle de sécurité » du groupe porte-avions oblige à une telle coordination. « Il ne faut pas y voir un signe ou une volonté de démontrer la force ». Le Lamotte-Piquet est présent « depuis 3-4 semaines, dans le cadre de la présence française dans la zone arabo-persique » a-t-il précisé. Une fois le détroit franchi, il « reprend sa mission (nationale). Même tonalité prudente à Londres où un porte-parole de la marine britannique assure que la Navy « a une constante présence dans la région, ce qui est une contribution à la sécurité dans la région ».

Double approche des Européens : sanctions et dialogue

Coté Affaires étrangères, le ton est un peu plus rude cependant. Toute tentative de l’Iran de bloquer le détroit d’Ormuz est  « illégale » et est condamné « à l’échec » a rappelé William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères à son arrivée à Bruxelles, avant le Conseil des ministres. Un propos qu’a tenu à nuancer sa compatriote, Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, qui a insisté sur la « double approche » de l’Union européenne : sanctions mais aussi dialogue. « La pression des sanctions est conçue pour faire en sorte que l’Iran prenne au sérieux notre proposition de se rencontrer et de négocier. Tout ce que j’ai dit ces dernières semaines témoigne de l’importance que nous attachons à ce qu’ils reviennent de revenir à la table des négociations et de discuter des questions que nous avons posé  à Istanbul il y a un an, voire mettre en avant leurs propres propositions. » L’Iran ne doit pas rater cette opportunité a-t-elle souligné. « pas seulement pour parler, mais pour régler les problèmes concrets. (…), une réunion est une opportunité et j’espère qu’ils vont la saisir. »

Sur les sanctions, lire également: Le problème grec réglé, l’UE adopte les sanctions contre l’Iran

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).