Le Rafale décolle à l’export, enfin ! (Maj3)

Un Rafale lors de l'opération Harmattan en Libye (crédit : ministère français de la Défense / DICOD)

(BRUXELLES2) Une cocarde orange, blanche, verte viendra bientôt orner les avions de Dassault. Et celui-ci va pouvoir se vanter d’une prise de choix. Il devrait fournir, en effet, 126 avions Rafale à l’aviation de chasse indienne ; les forces armées indiennes l’ont confirmé aujourd’hui (31 janvier).

L’avionneur français vient de remporter le mega marché passé par un des pays qui a une des plus grosses croissances d’armement. Le tout pour un coût affiché de 10,4 milliards $. Ceci est un double succès pour Dassault : d’abord au niveau économique qui va permettre de doter ses usines d’un plan de charge pendant plusieurs années, mais aussi au niveau politique. Pour un avion qui n’avait jamais réussi à vendre un avion à l’export, s’ouvrir une telle porte est un moyen de sortir de l’isolement.

L’armée de l’air indienne avait sélectionné six avions dans un premier tour : le russe Mig 35, les Américains F-16 et F-18 (fabriqués l’un par Lockheed Martin, l’autre par Boeing), le suédois Gripen (de Saab), l’EuroFighter Typhoon (d’Eads) et le Rafale. Seuls ces deux derniers avions avaient été retenus dans le dernier round. 18 avions seront achetés directement, les suivants (108) seront fabriqués sur place en partenariat avec un constructeur indien (Hindustan Aeronautics Limited HAL) .

Des transferts de technologie

L’Inde est un vieil acheteur du « Made in France » puisqu’il s’est déjà équipé en Mirage 2000 (mais également en avions Mig, de fabrication russe, et Jaguar, issu d’une coopération franco-britannique). Un argument qui a certainement joué. De même que la préférence de l’armée de l’air pour cet avion. Mais pas seulement. Apparemment Dassault a fait une offre suffisamment intéressante, plus basse que son concurrent européen, Eurofighter, de 4 à 5 millions de $, comme le rapporte le quotidien économique indien Economic Times. Et surtout il a consenti aux indispensables transferts de technologie qui vont permettre aussi à l’Inde de fabriquer un « Rafale indien » et de préserver son industrie de défense.

Un contrat à conclure encore

* Un choix dont l’Elysée s’est rapidement félicité. « Le Rafale a été sélectionné grâce à la compétitivité de son coût global sur la durée de vie de l’appareil, après une pré-sélection en avril 2011 sur la base de ses qualités opérationnelles de premier plan. (…) La réalisation du projet Rafale illustrera la profondeur et l’ampleur du partenariat stratégique entre la France et l’Inde. » Soyons prudents cependant. Car tout n’est pas encore finalisé. La négociation du contrat va s’engager « très prochainement avec le soutien total des autorités françaises. Il inclura d’importants transferts de technologie garantis par l’Etat français » est-il confirmé

L’élimination des avions américains tient aussi au fait que le vieil ennemi, et voisin pakistanais, se fournit essentiellement en avions « made in USA » ; dès lors pour les Indiens ce n’était pas un gage de sûreté d’approvisionnement. Il reste à espérer que cet appel d’offres ne sera pas contesté ou annulé comme cela a été le cas à plusieurs reprises dans des marchés passés par les autorités indiennes, notamment en matière d’aviation.

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(Maj avec les déclarations de l’Elysée et une petite remarque) Un site qui date ? On peut remarquer que le site du groupe Dassault reste incomparablement discret sur l’avion Rafale. Encore aujourd’hui, il affiche dans sa première page dédiée à sa filiale « aviation », une photo de Mirage en formation et de Rafale (même les « meilleurs » s’y laissent prendre :-)…). Ce n’est pas une preuve extraordinaire de la confiance dans le nouvel avion. Un paradoxe alors qu’il est expliqué quelques lignes plus haut que l’entreprise est « toujours à la pointe des solutions les plus innovantes ». Pas son site web apparemment.