L’informelle défense organisée par Chypre ce semestre ?

Le ministre Demetris Eliades a écrit à C. Ashton pour lui proposer la tenue d'une réunion informelle des ministres de la Défense (Credit : Gouvernement de Chypre

(BRUXELLES2, à Copenhague) La proposition vient d’être lancée : Chypre a proposé d’organiser à la place du Danemark la réunion informelle des ministres des la Défense. Le Danemark – qui bénéfice d’un opt-out en matière militaire – a en effet décider de ne pas organiser ce type de réunions. Ce qui est une première. Tous les regards se sont alors tournés vers la Haute représentante de l’UE qui, dans le cadre du Traité de Lisbonne, conduit la politique de sécurité. Mais, pour l’instant, la réponse reste très floue. « Nous voyons le sujet » m’a répondu, de façon elliptique, un de ses portes-paroles.
Chypre qui assure la présidence de l’UE au second semestre, a donc décidé de prendre le taureau par les cornes.

Le ministre chypriote de la Défense, Demetris Eliades, a adressé, début janvier, une lettre à Catherine Ashton, proposant donc d’organiser cette rencontre. Une lettre qui semble rencontrer le souhait de plusieurs Etats membres (*). Cette rencontre se déroulera précise la lettre selon « le format traditionnel », c’est-à-dire avec la présence d’un représentant de l’OTAN. Ce qui est pour Chypre une certaine avancée. La date n’est pas encore précisée. Elle sera fixée à une « date qui conviendra » à l’agenda de la Haute représentante. Ce qui semble probable, c’est que la réunion informelle des ministres ne précédera pas la réunion formelle mais la suivra. Vu le délai imparti, il parait difficile de respecter l’échéancier traditionnel. Cette proposition semble cependant mettre la Haute représentante dans l’embarras : en acceptant cette initiative, elle risque de se fâcher avec les Turcs alors que la collaboration avec Ankara est nécessaire sur quelques sujets délicats notamment l’Iran ou la Syrie.

Un moment politique

Les sujets ne manquent cependant pas en ce moment en matière de défense européenne qu’il s’agisse des problèmes de génération de force, des contraintes fiscales et économiques qui pèsent sur tous les budgets de défense, des projets de « pooling and sharing » lancés par l’agence européenne de défense (et ceux qui peuvent l’être) ou d’éventuelles nouvelles opérations (au Sahel, dans la Corne de l’Afrique, en Libye, au Sud-Soudan)… Et tenir une réunion informelle dans les mois qui viennent ne serait pas de trop. Faire autrement, serait aussi un trop mauvais signe donné par la Haute représentante et un nouveau « loupé » dans le domaine de la Défense européenne. C’est un geste symbolique comme un acte politique. Si l’UE veut avoir un peu de leadership, elle ne peut s’épargner ce type de réunions ministérielles.

(*) Pas uniquement des pays qui ont signé la lettre de Weimar d’ailleurs… Les Pays-Bas ou la Suède sont aussi sensibles à ces réunions et en souhaitent la tenue.