Les Britanniques convolent en justes noces avec les US sur les porte-avions

(BRUXELLES2) L’accord franco-britannique a pris un nouveau coup de canif. Lors d’une visite à Washington, le jour même où Obama annonçait une nouvelle orientation stratégique pour les armées américaines, les ministres de la défense britannique et américain ont signé, jeudi (5 janvier), une « déclaration d’intention sur la coopération en matière de projection de la puissance maritime et la coopération dans les porte-avions« .

Un accord qui va servir de cadre au renforcement de la coopération et l’interopérabilité dans l’utilisation des porte-avions entre Londres et Washington, explique-t-on des deux cotés de l’Atlantique. « Un exemple de coopération utile entre proches alliés pour permettre dans une période d’austérité d’avoir la capacité nécessaire pour maintenir notre avantage militaire mondial », a précisé le porte-parole du Pentagone, George Little, après la rencontre. « Cela donne des bases (solides) à la marine US pour assister la Royal Navy dans le développement de la prochaine génération des porte-avions» a-t-il ajouté. « Les Etats-Unis sont le partenaire militaire le plus proche pour les Britanniques » a précisé, de son côté, Philip Hammond, le ministre britannique de la Défense. Les deux nouveaux porte-avions britanniques doivent, en effet, entrer en service en 2016 et 2018 ; ils emporteront le nouvel avion de combat F-35 (JSF). Mais dans ce laps de temps, la marine britannique est sans porte-avions et ne dispose que de porte-hélicoptères.

Commentaire : La coopération en matière de porte-avions était justement un des points de l’accord franco-britannique qui devait permettre aux seconds de pallier l’absence de porte-avions pendant ces quelques années. Certes un exercice, annoncé comme une démonstration de force majeure, est attendue pour la fin 2012 entre les deux marines en Méditerranée avec l’engagement, côté français, du Charles de Gaulle et, côté britannique, du HMS Ocean et du HMS Illustrious, comme le rapporte Mer et Marine. Mais c’est à peu près tout. Les Britanniques restent ainsi fidèles à leur idéal de double alliance, avec les Américains d’un côté et avec les Européens de l’autre. Mais la première l’emporte toujours sur la seconde. Le ministre britannique de la Défense l’a justement rappelé à Washington.

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