Déficit en Belgique : une simple leçon de mathématiques

(B2) Le dernier rapport de la Cour des comptes belge – détaillé dans plusieurs quotidiens aujourd’hui (dont l’Echo ou le Soir) – trace impeccablement l’origine du déficit. Ne cherchez pas ailleurs : c’est le soutien public aux banques et (dans une moindre mesure) l’opération de sauvetage de la Grèce, qui plombe les comptes de la Belgique aujourd’hui.

Une seule opération suffit

– 26,6 milliards d’euros = c’est le coût de l’ensemble des prises de participation en capital (15,7 milliards) et des prêts (8,6 milliards d’euros) en faveur des banques (1), comme les aides à la Grèce (1,7 milliard) et au Fonds européen de stabilité financière (641.000 euros). Ce sans compter la garantie accordée pour un maximum de 138 milliards d’euros, ce qui représente tout de même 40% du PIB !

+ 8,4 milliards d’euros = c’est ce que l’Etat fédéral reçoit de son investissement dans les banques (dividendes et intérêts) (2)

= – 17,6 milliards d’euros à payer entre 2008 et 2011. Une somme à comparer au déficit de plus de 15 milliards d’euros qu’aura la Belgique cette année. C’est clair : sans l’engagement dans les banques et l’aide à la Grèce, la Belgique serait aujourd’hui en excédent et pourrait continuer ainsi à abaisser lentement son endettement (qui atteint tout de même 341 milliards d’euros fin 2010, soit presque 100% du PIB). Il n’y a pas vraiment de crise budgétaire en tant que telle mais des répercussions en cascade qui causent la crise budgétaire que doit payer le citoyen. Sur les 15 milliards, 11 milliards seront gagés sur les contribuables.

(NGV)

Télécharger le communiqué de presse de la Cour des comptes et son rapport volume 1, volume 2

  1. BNP Paribas = 7,166 milliards d’euros (10,8 % de l’actionnariat),  Dexia Banque Belgique = 4 milliards(100% du capital = nationalisation), Dexia SA = 1 milliard  (5,73 % du capital), Fortis Banque = 2,356 milliards (25 % du capital), SPV Royal Park Investments = 739,8 millions (43,53 % du capital), Ethias = 500 millions (25 % du capital).
  2. Rémunérations liées aux garanties bancaires = 2,8 milliards d’euro ; BNP Paribas = 255,5 millions d’euros de dividendes ; Fortis Banque = 96,7 millions d’euros.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).