Un eurodéputé pessimiste sur l’avenir de la PSDC

(BRUXELLES2) Membre de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, Ioan Mircea Pascu n’a pas caché, à Berlin, son pessimisme sur « L’avenir de la politique de sécurité et de défense commune ». « La crise a amené la menace plus proche de nous, à un moment où nous commençons à être plus égoïste et plus tournés vers nos problèmes internes. Je pense que nous devrions revoir l’importance des menaces traditionnelles, comme les agressions, et porter davantage l’attention sur des menaces plus sophistiquées telles que les cyber-attaques, les changements climatiques ou autres. » a-t-il expliqué aux auditeurs du 10e Congrès de la politique européenne de sécurité et de défense.

La lumière d’une étoile qui meurt

Pour l’eurodéputé socialiste, la « Politique européenne de sécurité et de défense est née en réponse aux faiblesses de la réponse européenne en ex-Yougoslavie. Puis nous avons voulu  faire jeu égal avec l’OTAN et non pas un outil pour nos véritables défis. Et les outils que nous planifions d’aujourd’hui semblent de moins en moins pertinents pour les problèmes auxquels nous faisons face maintenant. Et, nous sommes maintenant au milieu d’une crise profonde et persistante ». Pour Ioan Mircea Pascu « Le déploiement actuel impressionnant, en particulier en Afghanistan, semble être la lumière d’une étoile qui meurt, si elle n’est pas déjà morte » explique-t-il. « La mission de lutte contre la piraterie dans l’océan Indien peut être interprétée plutôt comme un substitut au manque d’enthousiasme dans le traitement de la source du problème, qui est à terre. La Libye, qui était un test parfait pour la sécurité et de défense commune, a été la manifestation d’un intérêt inégal des États membres et a démontré la difficulté à atteindre même une position commune minimale, si proche de nos frontières. » Fermez le ban

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).