Dassault : la défaite du « faire tout seul » ?

Crédit : ministère français de la Défense

(BRUXELLES2, réaction) L’exclusion du Rafale du marché à conclure (60 appareils) aux Emirats, et la réintroduction de son concurrent européen Eurofighter par « surprise » fera encore couler beaucoup d’encre. La décision de Dubai de considérer le proposition de l’industriel français comme « non compétitive et irréalisable » sème l’embarras, tout comme celle du Brésil qui semble s’éloigner du Rafale. Pas seulement car il met au tapis notre production nationale, toujours infoutuede trouver un seul client à l’étranger. Cette fois le Rafale ne perd pas face à la force de frappe américaine et ses F-16, F/A-18 voire F-22… américains. Il perd face à un concurrent européen, l’Eurofighter Typhoon, que les Français ne se privent pas régulièrement de dénigrer comme n’étant pas très performant. Seulement, il se vend.

L’argument du « made in France » et du désavantage compétitif $/euro ne parait pas très crédible. On peut se poser la question de savoir si un avion construit en coopération entre « petits » Etats (*) n’a pas plus de chance de se vendre, de résister aux différentiels de marchés qu’un avion construit, et utilisé, solo. Tout simplement car les efforts se combinent. Pour vendre l’Eurofighter, on trouve certes les Britanniques mais aussi les Italiens, les Espagnols ou les Allemands. Tous ont un intérêt à promouvoir « leur » avion sur le Rafale. La France a-t-elle vraiment aujourd’hui, et demain plus encore, les moyens de maintenir un industriel d’aviation de chasse, autonome, déconnecté du marché ?

(*) La plupart des pays européens, séparément, deviennent des « petits » sur le marché mondial

5 Responses