Des battlegroups « civilisés »

(BRUXELLES2, exclusif) Un « papier » est actuellement à l’étude au niveau européen, notamment à l’Etat Major de l’UE, afin d’étudier la possibilité d’éléments civils en liaison avec les battlegroups militaires. Une notion qui n’est pas nouvelle. Les Suédois avaient travaillé sur cette question en leur temps. Et les Polonais, plus récemment, avaient remis à leurs homologues, ministres de la Défense, un « non paper » présentant quelques évolutions sur les battlegroups. Cette note pourrait être examinée en novembre par les ministres de la Défense, le 30 novembre qui devraient donner des indications précieuses sur la future orientation du document. Cette première discussion permettrait à la structure de planification du service diplomatique (CMPD) de préparer une série de recommandations aux Etats membres et d’étudier les meilleures voies de coopération entre moyens civils et moyens militaires.

Une nécessité pour assurer une bonne transition

Ce qui justifie cette évolution ? Selon ce que m’en a expliqué un responsable européen, « les retours d’expérience montrent bien combien il est nécessaire de préparer, le plus tôt possible, la transition dans une situation post-conflit ». La planification, anticipée, avec les civils de cette transition ; leur association aux battlegroups apparaît donc comme une nécessité.

L’Etat-Major veut ainsi examiner les moyens d’embarquer des éléments civils ou, au minimum, d’assurer une meilleure liaison entre les militaires du battlegroup et les civils. Elle entend initier la rédaction d’une ligne directrice aux Etats fournissant des Battlegroups sur les conditions et le rôle potentiel  de ces « composantes » civiles. Elle veut aussi démarrer le travail sur les formes possibles de coopération.

Trois possibilités principales

La note envisage plusieurs possibilités. Tout d’abord la création d’une petite équipe de conseillers civils au sein du battlegroup ; des experts en protection civile, en police, reconstruction développement, Etat de droit, réforme du secteur de sécurité (SSR)… Cette équipe pourrait être incorporée dans la planification du battlegroup au sein du FHQ (le quartier général déployé sur zone) ou localisée au FHQ mais de façon autonome.

Ensuite, l’adjonction au battlegroup d’une unité de police intégrée (FPU/IPU), permettant d’avoir des capacités supplémentaires en matière de maintien de l’ordre, de contrôle de la foule. Nb : ce type de solutions serait facilitée par l’existence dans plusieurs pays d’unités militarisées de maintien de l’ordre (gendarmerie, carabinieri, police militaire).

Enfin, des « efforts » pourraient être faits par les Etats membres pour analyser la meilleure coopération possible entre les battlegroups et des capacités civiles de l’UE – en incluant au besoin les pools d’experts, préconstitués, autour de la SSR.

Cette approche entend reprendre l’idée d’une extension des battlegroups vers les civils. Mais au lieu de plancher sur les utilisations possibles des groupements militaires dans des interventions mixtes (lors de catastrophes naturelles par exemple), il se penche sur les moyens de liaison civils qui pourraient être utiles au battlegroup. Ce qui, assurément, est plus facile à accepter et mettre en place par les différents Etats membres.