Libye : on rentre !

(crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) Les 4 Mirage 2000N suivis des 3 Mirage 2000D basés à La Sude en Grèce ont rejoint le sol français aujourd’hui (26 octobre), annonce l’Etat-Major des armées françaises. Ils y étaient depuis le 6 mai pour les premiers, le 19 avril pour les seconds.

Redéploiement rapide

Décidé à la mort du colonel Kadhafi et la reprise de Syrte par les forces du gouvernement provisoire du CNT, le « redéploiement » est engagé depuis plusieurs jours déjà et se déroule de façon rapide.

Cela a commencé par les moyens maritimes. La TF 473 qui comprend l’état-major embarqué sur le BPC Tonnerre (qui avait relayé en septembre son sistership le BPC Mistral), le groupe aéromobile (hélicoptères Puma, Tigre et Gazelle) et le plot RESCO (reconnaissance), deux frégates (la frégate anti-sous-marine Montcalm et la frégate de défense aérienne Chevalier Paul) , un bâtiment de soutien et un sous-marin nucléaire d’attaque ont quitté la zone d’opérations le 22 octobre pour rallier Toulon où elle restent en « alerte ». Quelques moyens aériens ont suivi. 2 Mirage 2000D et les 4 Mirage F1 CR sont ainsi rentrés le 24 octobre.

Le détachement chasse de La Sude en Grèce compte encore 3 Mirage 2000D, précise-t-on à l’Etat-major des armées. A Sigonella, il reste 5 Rafale et un drone Harfang. Tandis que les avions de ravitaillement (C135F) et de reconnaissance (E3F) restent mobilisés mais à partir de France. Un batiment (l‘aviso Commandant Birot) demeure engagé au sein de la force navale de l’OTAN. Mais plus pour longtemps. Car l’heure est au repli général.

Mission accomplie

« C’est fini. Nous avons atteint nos objectifs » a estimé le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, sur France-Inter aujourd’hui La fin des opérations a été fixée au 31 octobre par l’OTAN. Mais la réunion des ambassadeurs prévue aujourd’hui pour formaliser cette décision a dû être reportée à vendredi. Le CNT libyen souhaite en effet que l’OTAN prolonge sa mission. Ce qui n’est pas tout à fait le sentiment de plusieurs alliés. Alain Juppé l’a confirmé lors d’un point de presse. « La Libye est désormais libérée et nous nous en félicitons. L’opération militaire proprement dite touche à sa fin. Une phase de transition s’ouvre pendant laquelle nous allons nous concerter au sein des Nations unies ainsi qu’avec nos partenaires de l’OTAN et de l’Union européenne et avec nos interlocuteurs du CNT, afin de répondre de manière appropriée à la demande de ces derniers. » La dernière idée soutenue est que le Qatar prenne la tête d’une coalition de bonnes volontés pour prendre le relais de l’OTAN sur place.

Un dispositif en alerte

En attendant, une partie du dispositif rentré en France reste cependant en alerte « au cas où » : la TF 473, avec son état-major, le BPC, le groupe aéromobile, un plot RESCO, deux frégates et un bâtiment de soutien ; deux détachement de Mirage (l’un de 2000D et l’autre de 2000N) ; et un Atlantique 2.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).