Le Parlement européen inquiet de l’évolution libyenne

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(BRUXELLES2) La déclaration du dirigeant libyen Mustafa Abdel Jalil considérant la charia comme source de droit comme la découverte les 53 corps de pro-Kadhafi trouvés à Syrte (exécutés estime l’ONG Human Right Watch) font jaser au niveau européen, en particulier au Parlement européen. L’eurodéputée Ana Gomes, membre de la commission des Affaires étrangères et rapporteure du Parlement sur la Libye a ainsi assez sèchement réagi.

« Cette position n’est pas fondée sur une prise de décision démocratique processus. Le rôle de la charia comme une source possible de la loi dans l’Etat libyen doit encore être débattu dans un processus de rédaction de la Constitution démocratique, au lieu d’être déterminé a priori par n’importe qui », a-t-elle souligné dans une déclaration publique. C’est pour les droits des femmes où elle est le plus inquiète. « La Libye libre doit respecter pleinement les droits humains, y compris les droits des femmes. Et il y a des interprétations de la charia qui contredisent clairement les droits humains et discriminer les femmes », poursuit-elle.

Si les déclarations ultérieures de Jalil — «les Libyens sont musulmans modérés » — ont pu rassurer, le Parlement européen n’en veut pas moins rester vigilant. «Nous serons attentifs à la situation des femmes libyennes, le suivi des développements concernant, par exemple, lois, mariage, divorce et héritage», a souligné Ana Gomes. Elle a également appelé le Conseil national de transition (CNT) à lancer une enquête sur les circonstances de la mort du colonel Kadhafi et de 53 de ses partisans à Syrte, à « mettre en mouvement un processus de réconciliation nationale » et « les mécanismes de justice transitionnelle ».

Le soutien de l’UE conditionné au respect des droits de l’homme

« L’UE pourrait jouer un rôle important en aidant les autorités libyennes intérimaires dans la construction d’une société démocratique et les institutions démocratiques, si elles le demandent », encore faut-il que « les droits de l’homme soient respectés ». « Les dirigeants de l’UE, s’ils tirent les leçons du printemps arabe, vont certainement s’abstenir de soutenir tout gouvernement qui viole les droits des femmes ou de ses propres obligations internationales, y compris les droits des prisonniers de guerre. »

Une condition posée par la Haute représentante dès la première information de la mort de Kadhafi. Lire : Mort de Kadhafi : l’UE salue la fin du despote, appelle à ne pas rater la réconciliation