Un nouveau représentant spécial de l’UE pour l’Afrique

(BRUXELLES2) Les 27 viennent de renouveler le mandat de représentant spécial / chef de la délégation de l’UE auprès de l’Union africaine jusqu’au 30 juin 2012. Le mandat était déjà venu à échéance depuis fin août 2011. Mais son titulaire devrait changer. Evolution logique puisque son ancien titulaire, le Belge Koen Vervaeke, a été nommé comme directeur chargé de la Corne de l’Afrique, le sud de l’Afrique et l’Océan indien au siège du service diplomatique européen (SEAE).

Un double chapeau

C’est un Britannique qui pourrait être nommé à ce poste-clé, qui symbolise les relations entre les deux continents. Il s’agirait de Gary Quince. Nomination là aussi logique puisque ce fonctionnaire de la Commission a déjà été nommé en août, chef de la délégation de l’UE auprès de l’Union africaine à Addis Abeba (dans le cadre de la rotation 2011 des ambassadeurs de l’UE). Les deux postes — représentant spécial et chef de la délégation de l’UE — sont normalement détenus par une seule personne. C’est même un des premiers à avoir étrenné le « double chapeau » – système expérimental mis en oeuvre sous l’époque de Javier Solana, visant là où c’était possible à n’avoir qu’un seul représentant de l’Union européenne. Ce qui n’a pas été toujours sans difficulté à l’époque, comme en témoigne le premier « retour d’expérience ».

Un Britannique spécialiste du développement

Gary Quince est un spécialiste du développement. Il a été directeur pour l’Afrique, le Pacifique et les Caraïbes (ACP) à la DG DevCo (coopération et développement) de la Commission européenne, depuis 2005 et était auparavant en poste à Nairobi comme chef de délégation de la Commission européenne (2001-204). Economiste de formation, il est entré à la Commission européenne en 1985.

Un mandat de liaison et d’influence

Le mandat du représentant spécial reflète, bien entendu, les objectifs stratégique de l’Union européenne avec l’Union africaine. Parmi ces objectifs figure « la paix et la sécurité » afin de « prévoir, prévenir, gérer et régler les conflits, notamment par la médiation, contribuer aux efforts visant à encourager la paix et la stabilité et soutenir le travail de reconstruction après un conflit », les droits de l’homme et la gouvernance.

Le représentant spécial a ainsi pour mandat de « suivre de près tous les développements importants au niveau de l’UA et d’en rendre compte », de « rester en relation étroite » et de « faciliter les relations et la coopération » avec ses différents organes. Mais il s’agit aussi de « renforcer l’influence globale de l’UE (…) concernant l’ensemble des aspects PESC/PSDC couverts par les relations UE-UA, en particulier le partenariat pour la paix et la sécurité et le soutien à la mise en œuvre de l’architecture africaine de paix et de sécurité » ou « de fournir, sur demande, des avis et de l’aide en vue de la constitution de capacités de gestion de crises de l’UA« .

Le représentant spécial a aussi pour rôle de représenter les positions et politiques de l’UE lorsque l’Union africaine joue un rôle majeur dans une situation de crise « quand un RSUE n’a pas été désigné » et « si le Conseil le décide« .

Voir la décision dans les « docs de B2 »

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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