La réunion de Wroclaw : dans l’attente d’une impulsion politique

La réunion de Wroclaw : dans l’attente d’une impulsion politique

(BRUXELLES2) La réunion informelle des ministres de la Défense s’ouvre, aujourd’hui, à Wroclaw sur un air de déjà vu. Conçue au départ par la présidence polonaise comme un point d’ordre de sa priorité défense, la rencontre a aujourd’hui été rétrogradée à un rang de non-évènement. Plusieurs ministres – c’est le cas du Français Gérard Longuet ou de l’Espagnole Carme Chacon – ont d’ailleurs choisi de n’assister qu’au diner de travail consacré aux opérations et à quelques échanges informels bilatéraux, laissant de coté les débats du lendemain consacrés aux capacités. En absence de la Haute représentante, Catherine Ashton, retenue à New-York, c’est le nouveau ministre polonais de la Défense, Tomasz Siemoniak, qui présidera la réunion.

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Trancher les questions non résolues dans les opérations

Coté opérations les sujets abordés mériteraient d’être tranchés au niveau politique. Ils ont tous un air de déjà vu. Comment mettre fin à l’opération Althea en Bosnie-Herzégovine ? Comment avoir davantage de moyens pour Eunavfor Atalanta et mettre en place des actions plus robustes ? Que faire pour renforcer les capacités maritimes des pays de l’Océan indien ? Tous sujets débattus depuis plusieurs mois (années) au sein des groupes de travail de l’UE et des réunions du COPS et qui mériteraient maintenant d’être tranchées. Il faudra aussi se poser la question de savoir que faire maintenant d’EUFOR Libya, qui est un échec patent. Ou plutôt comme le commente ironiquement un officier : comment éviter que les gens à Rome ne s’ennuient encore plus ! La prolongation de la mission en Ouganda pour former les soldats somaliens avec la prolongation d’EUTM Somalia, sur laquelle plusieurs Etats membres avaient de nombreux doutes avant sa mise en place, elle devrait être approuvée ; cette mission, pour être discrète, n’en est pas moins en effet une des plus intéressantes. Elle pourrait d’ailleurs illustrer (avec un peu de volonté) les missions du futur pour la PeSDC.

On aurait aussi pu parler des missions « civiles » de l’UE qui ont une forte incidence militaire. En Afghanistan, quel est l’avenir de la mission EUPOL (police) à l’heure du retrait des forces de l’OTAN qui va s’accélérer en 2012 ? Que faire des deux missions (EUPOL / EUBAM) déployées en Israël/Palestine ? Quid de l’implication en Afrique noire (missions au Congo, ou très éventuelle mission en Côte d’Ivoire) sans parler de l’éventuelle mission en Libye ? Or, selon un principe hérité du passé, qui a une justification institutionnelle mais peu d’explication opérationnelle, les ministres de la Défense ne parlent pas des missions civiles qui sont l’apanage des ministres des Affaires étrangères…

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Accélérer le travail sur les capacités

Le second jour sera consacré aux capacités, à l’initiative de Weimar et de pooling and sharing. Nombre de projets ont été mis sur la table – plus de 300 dans un premier jet selon mes informations -. Une fois l’épure effectuée, il n’en reste plus beaucoup qui puissent aboutir concrètement : l’Ecole du futur pour l’aviation de transport (proposée par la France notamment) ou une unité multinationale médicale intégrée (proposition de l’Italie notamment) figurent parmi ceux-ci. La dernière discussion politique à haut niveau remonte à la présidence belge où une feuille de route, la feuille de route de Gand, avait été dressée. Depuis, plusieurs initiatives nationales ou multilatérales ont été présentées. Quelques projets sont à l’étude à l’Agence européenne de défense. Mais il paraît nécessaire de changer de braquet, d’accélérer le travail de passer – comme je l’écrivais de la rénovation de la cabane de jardin à la maison principale, sans attendre encore une année de plus. La crise budgétaire, économique et financière entre dans son coeur. Et les conséquences sur les budgets de défense ne sont pas terminées. L’onde de choc risque de durer quelques années. Et une fois le retrait d’Afghanistan effectué, certaines forces européennes risquent d’être littéralement essorées.

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La dernière session de travail sera consacrée aux partenariats avec les Etats non membres de l’UE, avec un focus particulier sur les partenaires de l’Est – présidence polonaise oblige. Le partenariat avec l’ONU et l’OTAN sera également traité. Avec l’ONU, il s’agit de réactiver des dispositifs de concertation sur la gestion de crises qui ont été, pour l’instant, laissés de côté. Avec l’OTAN, les données du problème sont connues et très politiques. Elles ne risquent pas de s’arranger dans les années à venir, avec la volonté turque de s’affirmer au plan régional, le conflit gelé toujours non réglé entre Chypre et la Turquie. Situation qui pourrait se cristalliser avec la présidence chypriote de l’Union européenne (au 2e semestre 2012) ; la Turquie ayant menacé de suspendre tous ses contacts avec l’Union européenne. On peut noter que le troisième partenariat qu’a l’UE avec une organisation internationale – avec l’Union africaine – ne figure pas à l’ordre du jour. C’est dommage car c’est sans doute celui qui est, concrètement, le plus utile aujourd’hui.

Agenda de la réunion

  • Jeudi 22 septembre – 20h15 : diner consacré aux opérations.
  • Vendredi 23 septembre – 9h-11h : 1ère session de travail – « Capacités » – Pooling and sharing
  • Vendredi 23 septembre -11h30-13h : 2e session de travail – « Partenariats »

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