Les 27 doivent penser à la réinstallation des réfugiés libyens

(BRUXELLES2) « Les pays européens n’ont rien fait pour venir en aide aux milliers de réfugiés, originaires d’Afrique pour la plupart, abandonnés à proximité des frontières libyennes » dénonce Amnesty International dans un rapport rendu public mardi 20 septembre. L’organisation de défense des droits de l’homme reproche aux gouvernements européens de n’avoir « pas proposé de réinstaller les quelque 5 000 réfugiés qui vivent actuellement dans des conditions déplorables aux frontières entre la Libye et l’Égypte et la Tunisie ».

Situation difficile aux frontières

« Un millier de personnes environ, parmi lesquelles figurent des ressortissants érythréens, éthiopiens, irakiens, ivoiriens, palestiniens, somaliens et soudanais, sont bloquées au poste-frontière de Saloum, en Égypte. La plupart loge sous des tentes de fortune, faites de couvertures et de bâches en plastique. Parallèlement, au camp de Choucha, en Tunisie, environ 3 800 réfugiés et demandeurs d’asile vivent dans une région désertique isolée, où les conditions de vie sont très difficiles. » explique l’organisation. « S’ils sont renvoyés dans leurs pays d’origine, ces réfugiés risquent d’être victimes de persécutions ou de se trouver de nouveau dans une situation de conflit. » ajoute-t-elle. « Le retour en Libye n’est pas non plus une option envisageable – le pays n’est pour l’instant pas en mesure d’apporter aux réfugiés une protection suffisante. (…) Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne demeurent exposées à un risque élevé de violences et d’arrestation arbitraire aux mains des forces anti-Kadhafi. »

Question à mettre de l’ordre du jour du JAI

Amnesty estime donc que la seule solution est la réinstallation. C’est-à-dire le transfert de réfugiés vers un autre État qui a accepté de leur offrir, en tant que réfugiés, le statut de résident permanent. L’Australie, le Canada et les États-Unis ont offert de réinstaller certains des réfugiés bloqués aux frontières libyennes. Mais seuls huit pays européens ont actuellement proposé d’apporter leur aide en accordant moins de 700 places au total. Amnesty demande aux ministres de l’Union européenne de « résoudre d’urgence la question de la réinstallation », notamment lors du prochain Conseil des Ministres de la Justice et des Affaires intérieures le 22 septembre prochain.

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