Les rebelles à Tripoli, le plus dur commence ?

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(BRUXELLES2) La situation sur le terrain en Libye s’éclaircit en ce mois d’aout qui coïncide également avec la période de Ramadan. Après la période d’incertitude des premières semaines, où il y avait des avancées kilométriques importantes et des reculs tout aussi importants, les fronts s’étaient stabilisés. Et on a eu l’impression d’un enlisement. Impression fausse tout de même. Mais, de fait, petit à petit les rebelles ont consolidé leurs positions. Et avec l’aide des conseillers occidentaux (britanniques, américains, italiens, français, voire allemands), ils ont réussi à se discipliner. Les avancées ont ainsi été plus succinctes, moins rapides qu’espéré ou qu’annoncé, mais continuelles, solidifiant une position avant une avancée ultérieure. L’objectif a été clairement de petit à petit desserrer l’étau sur Misrata puis sur le Djebel du Nefoussa, et de relier les différents points de résistance, pour encercler Tripoli. Une stratégie plutôt classique et qui trouve quelques précédents dans l’histoire (1). Et cette « lenteur », pour qui connait ses gammes historiques, n’est pas vraiment une surprise (2).

A supposer que la bataille de Tripoli ne dure pas trop longtemps, il faudra ensuite passer à une autre phase qui ne sera pas évidente : ramener la paix, établir de nouvelles règles d’un Etat de droit qui n’a pas vraiment fonctionné, désarmer, déminer, reconstruire une force de sécurité nationale. C’est sans doute le plus difficile. Les conditions de la victoire et surtout le sort de Kadhafi et de son clan (reddition, exfiltration, disparition, résistance) seront primordiaux pour la suite. Il faudra alors que la communauté internationale soit prête à aider les Libyens, pas uniquement pour remettre en marche les puits de pétrole, mais également pour la suite.

Il est à craindre que les Européens, qui ont été très présents au moins en pensée sur ce dispositif d’après-crise (3), ne réagissent ensuite avec retard et qu’ils n’occupent qu’un rôle mineur par rapport à des pays comme les Etats-Unis, la Turquie sans oublier chacun des Etats membres (qui peuvent être tentés de jouer « perso »).

(1) Toutes proportions gardées (car les enjeux, les forces en présence étaient totalement différents), on est un peu dans la même stratégie que celle menée dans d’autres guerres de « libération » comme en 1944-1945 en France (arrivée sur 2 points essentiels, jonction avec les autres forces présentes dans des poches, puis contournement de la capitale… sauf que Leclerc et De Gaulle ont à l’époque un peu désobéi à leurs mentors américains de l’époque).

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