L’option militaire au début du conflit yougoslave

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(BRUXELLES2) Dès le début des guerres yougoslaves, l’option d’une intervention de l’UEO (dans le cadre des Nations-Unies) dans le conflit yougoslave est mise en avant par plusieurs de ses membres : Français et Allemands (août 1991), puis les Pays-Bas (septembre 1991). Elle se heurte à deux oppositions principales : celle du Royaume-Uni par principe, des Etats-Unis également qui entendent que l’OTAN reste l’organisation militaire privilégiée. Elle est compliquée par les positions différentes des différents partenaires : l’Allemagne est limitée par sa Constitution interne, la France milite pour une opération de l’ONU, les Pays-Bas militent pour une implication égalitaire de l’OTAN et de l’UEO. Nous sommes également en pleine discussion du traité sur l’Union politique européenne et la question de l’intégration de l’UEO comme bras armé de la CEE est posée sur la table. Bref les intérêts se croisent et décroisent. Et finalement l’option militaire restera rangée dans les tiroirs.

Faute de mieux (ou grâce à la crise), les 9 (*) adoptent en juin 1992, une déclaration dite  » de Petersberg  » (du nom de l’hôtel dominant le Rhin, près de Bonn, où ils étaient réunis), qui affirment leur intention de mettre des moyens militaires à la disposition de l’UEO, dans des opérations de maintien de la paix sous l’autorité politique de la CSCE ou de l’ONU. Ces unités pourraient être utilisées – est-il précisé – « pour des missions humanitaires ou d’évacuation de ressortissants ; des missions de maintien de la paix ; des missions de forces de combat pour la gestion des crises, y compris des opérations de rétablissement de la paix ». On trouve là l’ancêtre de la PeSDC et des battlegroups.