Les deux options du rapport Ashton sur le QG européen

(B2, exclusif) Face aux déficiences constatées dans la conduite des opérations militaires, le rapport présenté par la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères sur la PSDC présente deux options.

Les déficiences constatées

Dans le passé, plusieurs déficiences ont été constatées, souligne le rapport :

– la discontinuité du processus de planification entre le niveau militaire et le niveau politique, processus interrompu par l’établissement d’un quartier général opérationnel militaire (OHQ) sur une base ad hoc, ce qui entraîne une perte de temps, d’expertise et de continuité d’action ;

– le fossé existant entre l’OHQ militaire ad hoc et les structures de la PSDC basées à Bruxelles, ce qui handicape l’efficacité et la cohérence dans la planification et la conduite des opérations militaires de l’UE ;

– les obstacles à la construction d’une culture et d’une pensée communes dans les OHQ, dues à la rotation des personnel et, au fait, que la relation entre les militaires et les structures PSDC basées à Bruxelles ;

– l’interaction insuffisante entre civils / militaires et civils / civils dans les différentes étapes de la planification et de la conduite des missions PSDC (cette interaction existe seulement au niveau politico-stratégique) ; la capacité de planification civile étant insuffisamment pourvue en ressources au niveau de la structure politico-stratégique ;

– l’absence d’une «capacité de planification militaire et conduite» permanente au même niveau que la Capacité civile de planification et de conduite (CPCC) limite les possibilités de coordination, d’interaction et de synergies au niveau civilo-militaire.

Les deux options de travail

La première option consistait à établir une « capacité de conduite militaire de planification opérationnelle » comprenant toutes les compétences requises (du J1 au J9), qui viendrait compléter la capacité civile de conduite et de planification (CPCC). Véritable centre d’opération, doté de toute l’infrastructure nécessaire, il pourrait être colocalisé avec les autres structures de gestion de crise de l’UE afin de permettre une interface et une meilleure coordination entre les militaires et civils, avec la planification politico-stratégique et le centre d’analyse du renseignement de l’UE (SitCen).

La seconde option moins ambitieuse consiste à faire une meilleure utilisation des outils et des structures existants.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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