Le pooling and sharing : ce n’est pas automatiquement facile

(BRUXELLES2 à Paris) Le séminaire organisé par la France, à la veille du 14 juillet, était le troisième de la série des séminaires de « Weimar » (le premier organisé par l’Allemagne portait sur l’OHQ, le second par a Pologne sur les battlegroups). L’assistance était nourrie et intéressée. Et certaines prises de parole « décoiffaient ». On n’est cependant pas encore entré au stade des réalisations. Mais il y au moins une certaine prise de conscience que les armées et les ministères de la Défense vont devoir, plus que jamais, travailler ensemble. « L’opération en Libye l’a démontré » explique un haut gradé. « Certains déficits européens apparaissent très clairement. » Ils étaient déjà existants depuis des années — le ravitaillement en vol, l’ISR (reconnaissance). Ils n’ont toujours pas été solutionnés.

Coopérer : une crainte partagée

Pour autant, le pooling and sharing (partage et mutualisation) n’est pas la panacée évidente. Pour les Etats et les armées, il existe certaines craintes de retombées négatives (pertes d’emploi…), de limitations en opérations (les cavets), etc. Des « choix difficiles doivent être fait sur l’engagement commun ». Cela suppose également une volonté politique qui existe au-delà des rapprochements d’ordre économique ou technique qui puisse transcender les difficultés. « Une telle démarche emporte également l’obligation d’un partage de vision politique dans une longue durée, d’une très longue durée même, qui implique une confiance entre partenaires et une vision partagée des intérêts de sécurité ».

Des domaines partageables

Si le pooling peut être mis en place rapidement, le sharing plus exigeant ne peut s’opérer que dans certaines domaines, bien limités, avec quelques partenaires En matière de partage, il y a des domaines qui sont évidents et peuvent être mis en oeuvre « assez rapidement. Par exemple : la formation, le maintien en condition opérationnelle (comme le suivi configuration matériels, des contrats de maintenance), le renseignement (partage d’informations satellitaires ou provenant des drones), les communications… Dans la deuxième catégorie, on trouve le soutien pétrolier sous toutes formes (air, terre, mer), les applications NRBC (avec la possibilité d’usage dual), le train logistique (aérien, maritime, terrestre), le soutien médical (sous diverses déclinaisons). »

En bref, comme le précise ce haut gradé : « Les perspectives existent, la marge de progression est évidente. Que chaque armée fasse une proposition. »