Sarko tacle Gates

(BRUXELLES2) Robert Gates en a pris pour son grade aujourd’hui à Bruxelles. Interrogé par un confrère, Nicolas Sarkozy a fait une attaque en piqué sur les récentes déclarations faites à Bruxelles de l’ancien Secrétaire d’Etat à la Défense sur les capacités militaires des Européens. « Il partait à la retraite. Et visiblement ça lui faisait pas plaisir. Il ne fallait pas s’attendre à autre chose que l’expression d’un peu d’amertume. » Mais surtout le président français s’élève en faux contre Robert Gates dont il conteste l’analyse. « C’est une déclaration injuste, qui tombe mal pour eux et ne correspond à aucune réalité. (…) Il n’a pas regardé de très près ce qui passait en Libye. Les Américains ne font pas l’essentiel du travail en Libye. C’est particulièrement déplacé pour Robert Gates de dire çà et totalement faux ! » Et paf, retour à l’envoyeur …

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

3 pensées sur “Sarko tacle Gates

  • 24 juin 2011 à 22:40
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    Et notre président d’être lui-même dans le faux. Si la France et la Grande Bretagne ne sont pas, en effet, les plus faibles puissances militaires, elles réduisent toutes deux grandement leur budget de défense.
    Surtout, ces deux pays ne sauraient représenter une image fidèle de la défense pour les pays de l’Europe, qui sont de fait condamnés à n’avoir plus que des capacités de souveraineté (et encore, pour certains).

    Quant à ce qui se passe en Libye, cela donne doublement raison à Gate, et doublement tort à notre président :
    – cette intervention n’aurait pas été ni ne serait pas possible sans l’aide américaine
    – cette intervention ne pourra pas être poursuivie le temps qu’il faudra par les européens sans ruiner leur appareil de défense. Il suffit de regarder la capacité de la France à déployer son unique porte-avions : que fera-t-on quand on le fera rentrer ?

    Néanmoins, il est vrai qu’il doit être désagréable de se faire taper sur les doigts quand on est le « moins pire ». Ce n’est pas une raison pour mentir.

  • 24 juin 2011 à 22:58
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    * Dans le discours qu’il a prononcé 20 mai 2011 devant l’IHEDN, le chef d’Etat-major des Armées françaises, l’Amiral Guillaud, a estimé que les armées françaises sont « fragilisées » par les réformes en cours (RGPP, conclusions du LBDSN) alors que les conséquences de la crise économique et financière de 2008 continuent à peser et rendent le contexte budgétaire compliqué.

    L’amiral Guillaud a souligné l’importance de ces réformes, qu’il a même qualifiées de « transformations’, qui remettent en cause les « structures », les « organisations », les « procédures » et les « modes tradionnels de fonctionnement ».

    Quant à l’équation budgétaire, il a affirmé que « les contraintes financières » actuelles, qui « grèvent notre endurance opérationnelle » sont susceptibles de « remettre en cause notre regénératio, c’est à doire notre aptitude à assumer les missions qui nous sont confiées ». Il y aurait même urgence. « Aujourd’hui, en tirant sur les cordes de la préparation opérationnelle et de la formation, nous touchons aux équilibres de notre outil » a-t-il expliqué.

    Il a également déploré le « piétinement d’une Europe cacophonique ou aphone (…) incapable de se concevoir en puissance globale sur la scène intenternationale »;

    Source : http://www.opex360.com/2011/05/26/lamiral-guillaud-pointe-les-fragilites-de-larmee-francaise/

    * « Depuis plusieurs décennies, aucune loi à caractère financier, qu’il s’agisse des lois de finances ou des lois de programmation, n’a été scrupuleusement respectée. Les correctifs apportés en cours d’exécution (gel, annulation et report de crédits, diminution des commandes publiques, report calendaire, variation annuelle du référentiel…) sont légions et ont, au fur et à mesure des exercices budgétaires, construit un modèle manquant sensiblement de cohérence opérationnelle et de rationalité budgétaire. » Cf. le rapport du député (UMP) François Cornut-Gentille (http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/budget/plf2011/a2862-tvii.pdf)

    * Selon différents rapports parlementaires relatifs au volet Défense de la LFI 2011, les crédits d’équipement (16 milliards d’euros) sont en baisse de 6% par rapport à 2010, mais devraient de nouveau progresser en 2012 et 2013. La part consacrée à l’entretien programmé des matériels (2,6 milliards d’euros) de même que celle destinée aux études de défense (1,7 milliard d’euros), est stable par rapport à 2010.

    Un effort supplémentaire visant à réduire de 10 % les coûts de fonctionnement d’ici 2013 est annoncé.

    Les économies portent principalement sur les dépenses d’équipement, en procédant à un décalage dans le temps de certaines opérations, sans remise en cause de programmes majeurs, la LPM devant en tout état de cause être actualisée en 2012. Ces reports de programmes sont complétés par des mesures financières, notamment de cadencement du versement des acomptes aux fournisseurs.

    Sont notamment évoqués :

    – le décalage du lancement de la rénovation des Mirage 2000D ;

    – le report du programme d’avions ravitailleurs multirôle MRTT ;

    – le report de la quatrième phase du programme SCCOA de surveillance de l’espace aérien et de commandement des opérations aériennes ;

    – le décalage de certains programmes d’armement terrestre (futur blindé de reconnaissance, rénovation Leclerc, lance-roquette unitaire) ;

    – le report du programme de satellite d’écoute Ceres (qui devait entrer en service en 2016).

    Source : http://www.senat.fr/rap/a10-112-5/a10-112-52.html#toc18

    Voir également l’article de Louis Gautier intitulé : « Budget de la défense : tour d’écrou et escamotage » (http://www.louisgautier.net/page6/page63/page63.html
    )

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