Bientôt de nouveaux représentants spéciaux de l’UE (maj)

(BRUXELLES2) Il  y a quelques temps, nous écrivions « race en voie d’extinction ou de renouvellement », aujourd’hui, nous pouvons sans nul doute pencher pour cette deuxième voie. Deux représentants spéciaux sont en passe d’être renouvelés et deux autres postes créés.

Deux renouvellements et une confirmation

D’après des informations concordantes, les 27 ambassadeurs du comité politique et de sécurité (COPS) semblent être tombés d’accord sur le renouvellement et le nouveau mandat des représentants spéciaux dans le Sud Caucase et au Moyen-Orient sur le processus de paix. Les Etats membres ont été priés de fournir des candidatures. Le poste sur le processus de paix représente un intérêt stratégique qu’il est inutile de détailler. Tandis que le représentant spécial au Sud Caucase devrait être chargé également du suivi des négociations de paix en Géorgie. Jusqu’à présent, c’était le représentant spécial en Asie Centrale, le Français Pierre Morel qui assurait cette fonction.

L’actuel ambassadeur en Bosnie-Herzégovine, Peter Sorensen, devrait aussi recevoir la double casquette de représentant spécial d’ici peu.

Deux nouveaux postes : Sud Méditerranée et Corne de l’Afrique

Deux autres représentants spéciaux sont en passe d’être recrutés sur de nouveaux postes. Le mandat pour un représentant spécial dans le Sud Méditerranée, couvrant du Maghreb à la péninsule arabique, autrement dit un monsieur/madame « révolutions arabes » est en cours de discussion parmi les ambassadeurs et devrait rapidement – du moins espère-t-on – être approuvé. * « Il n’y a pas encore d’accord actuellement au COPS – a expliqué vendredi un haut diplomate européen. Mais afin d’accélérer, la Haute représentante a également demandé aux Etats membres de présenter des candidatures. »

Quant au mandat de représentant spécial pour la Corne de l’Afrique – qui est le plus… ancien des futurs RS – il doit encore être approuvé par la Haute représentante avant d’être présenté aux Etats membres.

Une nouvelle utilité ou une remise en ordre

La Haute représentante a – semble-t-il – redécouvert l’utilité d’une fonction qui peut être à modularité variable, entre le super-ambassadeur itinérant et le missi dominici discret, entre la diplomatie et le politique, en ayant un lien direct à la fois avec la Haute représentante et les Etats membres. Même si dans son entourage, on dénie tout désintérêt. Lady Ashton a toujours « trouvé cette fonction indispensable et utile » m’a assuré un de ses proches. Mais ce qui « l’inquiétait dans le fonctionnement des représentants spéciaux (Nb : ancienne manière) était qu’ils vivaient en orbite, autonomie, faisaient un peu ce qu’ils voulaient. Il fallait un peu une reprise en main. » On pourrait dire : c’est fait…

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(*) Mis à jour vendredi matin

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).