Faut-il prolonger la mission EUBAM Moldova ? Et de combien de temps ?

Douaniers européens sur le port d'Odessa (crédit : EUBAM)

(BRUXELLES2) Le chef de la mission européenne d’assistance aux frontières de l’Ukraine et de la Moldavie, Udo Burkholder, planchait, mardi, devant les 27 ambassadeurs du COPS (le Comité politique et de sécurité) pour rendre compte de sa mission. Cette mission a, surtout, pour objectif de former et d’aider les douaniers et gardes-frontières moldaves et ukrainiens à coopérer entre eux et acquérir des procédures efficaces face aux mafias et la contrebande, dans des pays où la corruption occupe une place non négligeable.

Un plan de gestion intégrée des frontières

Le chef de mission a pour objectif de mettre en place d’ici 2015 le plan de gestion intégré des frontières, visant à les amener à un niveau proche de celui de leurs homologues de l’UE. Un projet a déjà été écrit et des plans d’action sont en train d’être mis en place. Certains éléments ont déjà été mis en place. Ainsi depuis 2008, un système d’échange d’information électronique sur les importations et exportations de marchandises fonctionne entre la Moldavie et l’Ukraine, système implanté par les Européens.

Une saisie record de cigarettes

Dernier trophée à accrocher à l’actif de la mission : une saisie record de près de 62 millions de cigarettes opérée en mai. C’est une information des services de renseignement et de sécurité (SIS) moldaves, qui a permis de débusquer le lièvre : le départ d’un bateau suspect du port de Giurgiulesti. L’information a été communiqué aux douaniers d’EUBAM qui l’ont répercutée sur les les différents services de la région (bulgares, turcs, grecs). La piste a été remontée et finalement abouti à un dépôt de cigarettes situé à Megara dans la région d’Attika en Grèce. C’est l’unité anti-criminalité des finances grecques qui est entré en action. Autre action : celle-ci à Odessa, le port ukrainien, avec la saisie d’1,2 tonne de cocaïne par les autorités ukrainiennes, fin juillet 2010. Ce qui illustre l’impact stratégique de ce triangle Moldavie-Ukraine-Transnistrie, aux frontières de l’UE, dans une zone de tous les trafics entre Asie et Europe.

Le débat sur la prolongation

La mission se termine normalement fin novembre 2011. Et si tous les Etats membres semblent à peu près d’accord sur la nécessité d’une présence sur le terrain, des divergences de vues ont pu se faire sentir lors de cette réunion du COPS, selon nos informations. Deux logiques s’opposent qui ont, chacune, leurs fondements. Certains pays (d’Europe de l’Est) – comme la Roumanie, la Pologne ou la république tchèque – militent ainsi pour une extension assez longue, de quatre années par exemple. Mais d’autres – comme l’Allemagne ou les Pays-Bas (les contributeurs nets à l’UE) – semblent plus réticents et préféreraient définir plus clairement quel est l’état des lieux souhaité pour la fin de mission avant de se prononcer sur l’extension. Le sujet reviendra sur la table du COPS.