Accord US pour les missions de maintien de la paix de l’UE

Cathy Ashton et Hillary Clinton signant l'accord (crédit : US)

(BRUXELLES2) S’il est de bon ton aujourd’hui de gausser l’Europe de la défense, les Américains semblent croire que cette politique européenne de défense a un intérêt et un avenir. Ils viennent ainsi de signer, un accord cadre de participation aux opérations de gestion de crises et maintien de la paix menées par l’UE, qui est un signe notable d’engagement, et évite aussi de devoir à chaque opération négocier et signer un accord complet (ce qui prend de précieuses semaines).

Resserer les liens

Pour les Américains, l’objectif semble clair. « Nous voulons renforcer notre partenariat, et augmenter la participation américaine civile aux missions de gestion de crises de l’UE » a expliqué Hillary Clinton, lors de la signature du Traité le 17 mai à Washington. Nous participons déjà aux missions au Kosovo et en RD Congo et nous allons examiner pour travailler côte à côte dans d’autres endroits. » « Les Etats-Unis et l’Union européenne sont des partenaires travaillant ensemble, je pense, sur tous les problèmes mondiaux et les défis régionaux que vous pouvez imaginer » a ajouté la secrétaire d’Etat américaine. « Nous faisons l’urgent, l’important, et le long terme tout à la fois. Nous sommes unis dans une communauté transatlantique, basée sur des valeurs démocratiques partagées et la croyance sans limite dans le potentiel humain ».

Des Américains déjà engagés au Kosovo et au Congo, peut-être ailleurs dans le futur

Effectivement, les Américains participent déjà à la mission Eulex Kosovo avec un effectif d’une centaine de personnes (essentiellement des policiers) ainsi qu’à la mission au Congo (un ou deux experts). Ils contribuent aussi de façon décisive à la mission européenne de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia), en apportant une aide logistique (transport des recrues aller et retour) ainsi que technologique (screening des recrues) ou militaire (armement via les forces armées ougandaises ou l’Union africaine, au besoin).

Il n’est pas exclu, qu’à moyen terme, on retrouve donc des Américains sur la mission de formation de la police (EUPOL) en Afghanistan. Ils avaient aussi montré leur intérêt pour la mission d’observation (EUMM) en Géorgie ; une offre déclinée en son temps par l’Union européenne qui craignait – à juste titre – que son statut, plus ou moins impartial soit compromis vis-à-vis notamment de la Russie, partie prenante du conflit de 2008.

Volet civil mais pas militaire

Il faut préciser que cet accord ne concerne cependant que le volet civil des opérations de l’UE et non le volet militaire – contrairement aux autres accords signés avec les pays. Certaines clauses de responsabilité et d’indemnisation ont aussi été prévues et aménagées.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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