La réforme du secteur de la sécurité en Libye, une « priorité absolue »

(BRUXELLES2, exclusif) Pour Agostino Miozzo, le directeur du département « Réponses de crises » au service diplomatique européen, c’est une certitude. « La réforme du secteur de la sécurité (en Libye) est la priorité absolue (pour le CNT). La réorganisation d’un service de sécurité, d’une police, d’une armée est vitale. » affirme-t-il dans un entretien accordé en exclusivité à ‘B2’.

La dissémination des armes, le contrôle des frontières…

Certes il n’y a « pas d’incident grave, pour le moment, cela pourrait devenir un problème rapidement quand le pays commencera à se stabiliser. Il faut aussi régler le problème des armes qui sont partout (centaines), tout le monde a une kalachnikov dans la main » souligne-t-il. Et ce travail, « il faut le commencer aujourd’hui, préparer l’après Kadhafi dès maintenant et pas demain. L’armée loyaliste doit devenir tout de suite partie de l’armée (nouvelle) de Libye. Les Libyens nous le disent : il faudra gérer l’après. Ils sont prêts à réintégrer quasiment tous les soldats, sauf les responsables des massacres » ajoute Miozzo.

Autre sujet : le contrôle des frontières. C’est « un problème absolu pour la Libye. Mais c’est aussi notre problème. Aider la Libye à contrôler sa frontière aide les Européens, aide l’agence Frontex, à lutter contre l’immigration illégale. Le problème maintenant pour l’Europe est de pouvoir répondre vite, il faut saisir ce momentum, sinon il va passer » précise-t-il.

Un travail déjà entamé

Selon nos informations,  ce travail a déjà commencé dans les unités chargées de la planification au sein de l’Union européenne (la CMPD notamment). Mais il est difficile d’aller plus loin. Pour planifier une mission EUBAM (frontières) ou EUSSR (réforme de sécurité), il manque des éléments importants. « Il faut connaître l’objectif, le cadre dans laquelle elle va se dérouler, … Une réforme du secteur de la sécurité s’insère dans un ensemble de réforme global. Il ne faut pas faire une opération pour faire une opération » souligne un expert de ce dossier. (Pour aller plus loin, cf. le dossier réalisé par le ROP, le réseau francophone de recherche pour la paix).

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).