Le HCR appelle l’Europe à améliorer l’aide aux réfugiés libyens en mer

(BRUXELLES2) C’est un « appel urgent » du Haut commissariat pour les réfugiés de l’ONU. La porte-parole du HCR, Melissa Fleming, a lancé un « appel aux nations européennes pour leur demander d’améliorer d’urgence les mécanismes de sauvetage en mer. Nous lançons aussi un appel aux capitaines de navire pour qu’ils aient une vigilance accrue et continuent d’agir selon la règle traditionnelle d’aide aux personnes en détresse en mer ».

Cet appel survient alors que plusieurs témoignages font écho de naufrages de bateaux en Méditerranée. Des réfugiés arrivés à Lampedusa ont signalé le naufrage d’un bateau, celui-ci « avait à son bord 600 personnes et n’a pas été retrouvé alors qu’il a quitté Tripoli vendredi dernier » a expliqué Flemming. Tandis qu’un autre témoignage, celui d’« un haut diplomate somalien à Tripoli fait état de 16 corps découverts (…) le nombre exact de morts est inconnu » a-t-elle ajouté. Un chiffre qui s’ajoute aux 800 personnes dont on reste sans nouvelles, selon le HCR, et ont vraisemblablement péri.

Une Europe égoïste et aveugle se plaint le HCR

L’Europe a accueilli « moins de 2 % de la population fuyant la Libye suite au conflit », explique le HCR. 35 bateaux transportant 12.360 personnes ont atteint les côtes européennes selon le HCR, 11.230 arrivant en Italie et 1.130 Malte. Un chiffre à rapprocher des 740.000 personnes – dont près 250.000 Libyens – qui ont déjà fui et ont été accueillis en Tunisie (pour l’essentiel), en Egypte ou au Niger.

Mais le nombre de migrants, fuyant par la mer, Tripoli notamment, augmente rapidement. Rien que samedi et dimanche, 2400 personnes sont arrivées. Et l’Union européenne n’a pas, pour l’instant, montré de réponse à la hauteur des enjeux en matière d’accueil des réfugiés ou migrants. Le HCR avait lancé un premier appel, le mois dernier, aux Etats européens pour qu’ils mettent en place de toute urgence des « mécanismes plus efficaces et fiables, pour assurer le sauvetage en mer en Méditerranée. Nous réitérons cet appel aujourd’hui » a expliqué Flemming.

Que fait la mission Frontex ?

Précisons que l’Union européenne a déployé au large des côtes européennes, et notamment de Lampedusa, proche de la Libye, une mission de surveillance, composée de navires et d’avions de gardes-côtes de plusieurs pays. Cette mission coordonnée par l’agence de surveillance aux frontières (Frontex) a normalement dans son objectif de surveiller les migrations et, par obligation internationale d’assister les réfugiés. Et il serait étonnant de savoir si ces gardes-côtes ont eu connaissance de navires qui ont fait naufrage. Et sinon, pourquoi ils n’en ont pas eu connaissance. Nous avons posé – à quelques journalistes – la question à la Commission européenne. Nous attendons la réponse…

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