Préparer l’après-Gbagbo ou l’après-Kadhafi, l’UE s’y prépare

Préparer l’après-Gbagbo ou l’après-Kadhafi, l’UE s’y prépare

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(Crédit : UNHCR)

(BRUXELLES2) Cela peut paraître décalé de préparer un « après » alors que l’Ivoirien Gbagbo et le Libyen Kadhafi s’accrochent encore au pouvoir, et continuent de semer la terreur dans leur pays. Mais cependant, « il faut dès maintenant préparer l’avenir« , surtout en Côte d’Ivoire où le poids de l’ancien président diminue et semble proche de la sortie. « Nous réfléchissons à l’après Gbagbo, à des mesures d’urgence et d’autres à plus long terme » confie-t-on au service diplomatique européen.

Sortie de crise en Côte d’Ivoire

Pour le nouveau gouvernement Ouattara, la tâche ne sera pas facile. Le pays est complètement anéanti. « Et il va falloir faire repartir l’économie, très vite ». L’UE a déjà prévu de lever certaines sanctions économiques. Et d’autres pourraient suivre. « Nous commençons à démonter, petit à petit, le dispositif de sanctions mis en place » commente un diplomate européen.

Les 27 ont, en effet, décidé vendredi de lever « immédiatement » les mesures restrictives prises à l’encontre de certaines entités, « afin de soutenir les autorités légitimes de la Côte d’Ivoire, en réponse à leur demande ». Ainsi les ports autonomes d’Abidjan et de San Pedro, la Société ivoirienne de raffinage et le Comité de gestion de la filière café et cacao sont « retirés de la liste des entités soumises par l’Union européenne à un gel des avoirs » (Nb:  Les textes adoptés vendredi, par procédure écrite, seront publiés au JO le 12 avril).

Il faudra s’occuper également « des problèmes humanitaires » nombreux dans le pays, préparer le retour et la réinstallation des personnes déplacés. Dans un second temps, il faudra assister le processus de réconciliation, en soutenant un processus DDR (Désarmement, Démobilisation et Réintégration) qui pourrait être mené par ou avec les Nations-Unies, voire accompagner un processus de restructuration des forces armées (type EUSEC), assister les autorités à mener une enquête sur les différents « crimes de guerre » commis ces dernières années, voire mettre en place un tribunal spécial.

Réflexion en cours sur la Libye

En Libye, il est encore sans doute trop tôt pour penser concrètement à de tels dispositifs. Mais certaines réflexions sont déjà en cours pour dessiner les contours de la future Libye nouvelle. Différentes pistes sont évoquées pour permettre un processus politique de structuration de l’Etat de droit et de renforcement de la démocratie – surveillance des élections, mise en place d’une justice et d’une police répondant aux normes d’un Etat de droit (type mission Eujust Lex en Irak), surveillance aux frontières au besoin (type mission Eubam), déminage, etc… Les moyens ne seront pas nécessairement ceux de la PeSDC, mais tous ceux à disposition depuis le Traité de Lisbonne pourraient être employées: développement, démocratie, forces de sécurité…

Libye et Côte d’Ivoire pourraient ainsi être les premiers tests grandeur nature de la capacité du nouveau service européen d’action extérieure pour déployer toute sa palette de moyens dans des situations d’après crise.